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13 h 30 le 31 décembre 2016
 
Si triste et lamentable est cette comédie humaine
 
" Ressaisis-toi Tita parcequ' il le faut bien " me dit depuis des jours Karlitou, le fils " adoptif " qui a remplacé mes enfants perdus.
 
Alors oui ! Juste parcequ' il le faut bien mais le coeur n' y est plus, plus du tout !
 

Aussi " bonne année " à tous :
 
- au peu de famille DUTON qui me reste, à qui il ne vient pas à l' idée de me proposer de venir passer Noël, ou le jour de l' an parmi eux, plutôt que de me balancer leur éternel " tu viens quand tu veux Zabeth", formule commode qui ne les engage à rien !
 
- Bonne Année aux soi-disants amis, ou plus justement copains, qui me proposent un RV téléphonique " pour qu' on cause un peu ", vite fait bien fait  sous-entendu, parceque c' était déja ainsi du temps où ils travaillaient, du temps où ils n' avaient pas le temps. Pas plus qu' ils n' en ont aujourd' hui alors qu' ils sont à la retraite. Au pays des 35 heures chrono et des papys boomers retraités les gens n' ont toujours pas de temps à consacrer aux autres mis à part, cela va de soi, pour eux. 
 
- Bonne année à " mes chers voisins " à qui au fil des ans j' ai rendu tant de grands et petits services. Surtout des grands. " De mon temps ", du côté de Guise, du Château et du Presbytère jamais on n' aurait laissé un voisin ou une voisine isolés seuls un jour de Noël ou celui de l' An-Neuf face à eux-mêmes. Jamais ! On les invitait à venir partager un morceau de bûche à la fin du repas, passer prendre l' apéro ou encore une coupe de Champagne en ce 1er janvier  même si on n' avait pas fait la fête avec eux, il y avait toujours un sympathique moment au cours de la journée à  partager avec eux.
 
- Bonne année, cette fois-çi non contrainte, à ces commerçants de la rue de Lévis qui, il y a un an ont  pensé à marquer le coup, alors que je vivais très mal la mort brutale et récente de Ralph,  en m' offrant l' une, la gentille Yougoslave, un prix sympathiquement allégé sur l' écharpe que je venais de lui acheter pour me faire mon cadeau de Noël ; bonne année à l' Arménien qui tient une boutique en face de chez elle, me disant ce même jour " Allez, rentrez 5 minutes on se fait la bise " et enfin à cette jeune femme du bas de la rue qui m' a offert si gracieusement cette barrette de mon chocolat préféré. Tous trois venus un jour de l' étranger .....
 
Noël : une somme de petits gestes désintéressés qui mettent  beaucoup de baume au coeur des uns, les plus démunis ou les plus isolés . Tandis que  pour d' autres : juste une grande fête commerciale qui vide les poches de la plupart pour mieux remplir le tiroir-caisse. Sans oublier les estomacs !!! ( ces gens qui adorent les bêtes et qui bouffent du foie gras .... )
 
Je ne compte plus les fêtes diverses et variées qu' au cours de ma vie j' ai donné mais aussi que  j' ai dû passer seule, je ne m' en suis jamais plainte ayant choisi cet état, en vivant positivement ma petite vie de solitaire les 350 autres jours de l' année, même si ce fut très difficile : un calvaire économiquement. Mais les fêtes de fin d' année sont les plus pénibles et même les plus douloureuses à vivre quand tout s' agite joyeusement autour de soi et que l' on se retrouve dans cette mise à l' écart obligée.
 
Je ne compte plus non plus le temps que j' ai perdu au cours de ma vie  à aller vers les autres, en leur tendant les bras. Et je le fais encore. La raison pour laquelle j' écris ceci ce jour ; il n' en aurait rien été si j' avais pu avoir mon visa pour Alep laissant le plus loin possible derrière moi mon propre désastre d' être née et d' avoir dû vivre en France, Pays avec qui je me sens si peu apparentée n' ayant comme racine que celle que je m' y suis plantée : mon appartement,  mon refuge, en cette bienveillante, rassurante thébaïde qui me protège de tout. De surcroît j' ai si peu d' affinités avec ce Pays en dépit des grands discours nationaux humanistes qu' il tient,  gravés dans la pierre des frontons publiques, mais purement idéologiques. Car dans les faits, en France il suffit juste d' aller mettre un bulletin dans une urne, pour se sentir généreusement solidaire surtout pour qui se dit de Gauche !!! Seule la liberté a encore droit de cité, bien que mise à mal ces dernières années....
 
Je ne compte plus les cadeaux offerts, grands ou petits, même quand je n' avais pas d' argent. Je leur peignais des petites aquarelles à mes amis et autres objets brodés de mes mains....Et tant de ces Amis majuscules décédés depuis. Oui, ça aussi c' est difficile.
 
Oui, oui je suis amère Karlitou, et désenchantée. Je ne supporte plus ce monde, et moins encore cette mentalité hexagonale repliée jalousement sur ses petits acquis. la France, je le répète,  ce pays où le chacun pour soi a été élevé en art de vivre national....J' ai déja pas mal écrit sur ce sujet sans que cela fasse réfléchir les principaux concernés. Aussi peu importe qu' ils viennent me souhaiter la bonne année. Qu' ils se la gardent égoïstement pour eux ! Celle-çi et les auTres à venir.
 
De retour à Paris, je te promets de jouer du mieux que je le pourrai, l' acte n° 1 de cette lamentable comédie humaine !
Et puis bien sûr que non, tu sais trop que je suis  incapable de poser aux jeux des  convenances en me mélant à l' hypocrisie et au j' enfoutisme ambiant. Je préfère vivre mes double-rideaux fermés jusqu' à la fin janvier. Echapper à cette mascarade.  Ca c' est promis juré !
 
MERCI à toi pour tout ce que tu as fait depuis ce jour où j' ai lâché prise à l' insu de mon plein gré comme on dit. Tu m' as fait transporter au plus près dans l' Hôpital le plus crados de Paris. Mais bon, au moins ça m' évitera d' avoir à donner des explications à mon toubib de Cochin qui risque de me sucrer l' Insuline le 19 janvier prochain. Tu vois Karlitou, je suis encore capable d' humour : grave ou noir, sois rassuré !
 
Merci aussi à Geneviève Antoine  qui m' avait invitée pour le réveillon du 1 er janvier.
 
Pour le reste advienne que pourra ! Préférant renoncer, mettre de la distance désormais à l' aide de certains choix, incapable que je suis devenue de faire face aux désillusions. Comprenne qui sera capable de s' en donner la peine. Mais vraiment peu m' importe. Vraiment !                                                     
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