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Fuir ce Bonheur devenu majuscule de peur qu' il ne se sauve !
Ainsi vont les résilients cahin caha après que le ciel leur soit tombé sur la tête. Ce n' est pas du jour au lendemain que l' on se remet debout sur ses jambes c' est un combat de chaque instant pour réapprendre à marcher. Ma voisine d' à côté et mon chien m' aidèrent à sortir de mon lit où je me laissais mourir depuis trois semaines à petits feux. Germaine Pillon 85 ans  venait chaque jour frapper à ma porte pour me dire " vous devez vous lever, vous laver, vous habiller et sortir votre chien Elizabeth car ça je ne peux pas le faire ". Elle nous apportait  de la nourriture et devant tant d' opiniâtreté à me sortir  de ce chagrin abyssal je ne pouvais faire l' affront de refuser l' aide affectueuse que me proposait  cette vieille dame,  m' inclinant avec humilité   devant ses généreuses et exigeantes demandes.
 
Une femme très âgée  et un simple chien pour me tirer d' affaire ! " En cas de souffrance extrème  on s' accroche à un brin d' herbe "me dit un jour la tante de Pierre-Alexandre qui 23 mois  plus tard m' embaucha pour faire quelques heures de ménage et m' occuper de ses enfants me ramassant ainsi à la petite cuillère avec une vingtaine de kilos en moins. Je n' étais plus rien, ni socialement ni familialement, ni professionnellement. RIEN ! Un pied devant l' autre en me traînant pour aller chez elle jusqu' au boulevard des Batignolles à 500 mètres d' ici. Sans chômage, sans couverture sociale RIEN ! Enfin si ! Rien d' autre que  700 francs de pension alimentaire qui continuaient à m' être versés et l' argent que je gagnais dans ce 6 ième étage cossu du Boulevard des Batignolles .Jusqu' au jour où  un administrateur de biens qui s' était mis dans la tête de vendre nos modestes logis, vint sonner à ma porte. Le marché qu' il me soumit c' était 10 briques de dédomagement et quitter les lieux ou acheter cet appartement  qui depuis les années 40 était inscrit sous la loi de 1948, levée depuis peu. Soit 45 locataires qui nichaient au 28 depuis, dans cet immeuble  du genre délabré qualifié sur le marché immobilier d' habitation sympathique pour inviter les plus désargentés à venir s' y loger le loyer moyen étant de 400 frs mensuel.
 
Les ennuis volent toujours en escadrille, c' est bien connu
 
Je passe sur la galère pour trouver un crédit, les fiches de renseignements à fournir aux banques bricolées au Tippex pour leur faire croire que j' avais un travail confortablement rénuméré et en règle qui justifiait cet emprunt de 380.000 francs ....Merci à Doudou d' Antan et Merci à son mari Bernard qui depuis ont déménagé au ciel ou en enfer  poursuivis par une horde de huissiers collés à leurs fesses mais qui se battirent becs et ongles auprès du Crédit Foncier pour obtenir mon prêt pour lequel Bernard fit avaler des couleuvres au CF. A contrario pas de merci à dire au CF qui, pas dupe de nos manigances  finit par me l' accorder mais se vengea au passage en me prenant  en otage pour 30 ans avec un taux prohibitif de 11%  et 4600 FRS à rembourser chaque mois ! On a rien sans rien, la vie ne m' ayant jamais fait de cadeau et cela depuis toujours je dus  tout payer au prix fort en devant prendre parfois des sentiers honnêtes mais  proscrits par cette chère très chère société de consommation qui ne fait que des cadeaux à ceux qui ont de l' argent pour mettre le pied résolument  sur la tête de ceux qui en sont démunis, en appuyant très fort au passage pour vous enfoncer jusqu' au cou ! Galères diverses et variées dont je pus enfin m' extirper il y a trois ans, physiquement démolie ! Je fus la dernière dans mon  immeuble à régler la totalité de la facture, les autres voisins  qualifiés de nouveau riches (  ce qui veut dire en langage décodé pire que les vrais riches question mentalité ) vinrent à bout de leurs emprunts au bout de 10 ans pour les plus chanceux, 20 ans pour la majorité, et moi la plus pauvre isolée en ces lieux  30 ans. Ce qui fit la somme colossale de  à verser à ces enflures !
 
Ma maison prit ainsi le relais et César me regarda faire tous les travaux nécessaires pour remettre mon logis en conformité comme l' exigeait mon préteur.
 
Rejetée, salie, trahie, humiliée, c' est à elle, ma " maison "  que je consentis à m' accrocher pour y  jeter l' ancre afin de ne pas sombrer. M' amarer à la berge du monde des vivants, encore un peu  ma bonne et fidèle voisine s' étant éteinte sans faire de bruit au cours du printemps  87. ... Ma " Maison " qui avec mon chien fut ma seule source de vie, ma racine et ma protection  durant toutes ces années ce qu' elle est toujours d 'ailleurs à l' heure qu' il est. Pas matérialiste pour un sou c' est  l' acquisition forcée de ce bien imobilier qui m' obligea à me remettre debout.
 
Et pour toutes ces raisons cela me contraignit de naviguer à vue mais en toute liberté durant 30 ans
 





du côté de l' introspection
L' année suivante, l' argent du bijou me permit de rembourser mes impayés et j' entrepris de m' offrir avec la somme importante qui restait de la vente une année sabbatique, personne ne me devant rien y compris les Assedic, la SS, les gens en général et mes ex familles en particulier ayant rompu tout contact avec elles deux. Et moi en retour ne devant rien à personne je pris mes clics et mes clacs pour partir  faire le tour du monde  en 180 jours jusqu' à l' épuisement de ces  sous, histoire de me refaire une virginité.
 
Au retour quelques lettres dans la boite dont un faire-part venant de Lyon. Alex était mort il venait d' avoir  41 ans. Et malgré tout ce qu' il avait commis sur moi, je ne pus m' empècher de pleurer non par  dégoût et ressentiment mais parce que ce fut le premier homme qui me rendit femme . Mais étrange paradoxe c' est aussi ce qui me permit de comprendre chez lui à Lyon et en toute intimité  que le sexe et l' amour ne sont pas incompatibles quand ils sont employés à coeur joie entre deux personnes consentantes car même si je peine encore à me l' avouer je me suis mise à l'  aimer très fort cet homme son sexe compris, et peut-être surtout encore plus son sexe car j' en ai rêvé plus d' une fois tout le long des 12 années de solitude qui ont suivies. Mais curieusement je tenais à me souvenir de lui que pour ces mauvais moments contraints par la force, c' était  ma façon d' expier mais expier quoi ? Ma culpabilité ? Mais coupable de quoi ? D' avoir aimer jouir car  pour être tout à fait honnête je dois ajouter ceci, ce trouble qui ne m' a jamais quitté depuis et qui me hante encore quand je m' oblige à y repenser car cela me remplit toujours de honte. Aimer faire l' amour après un viol avec le type qui l' a commis ! Consentante au cours de ces rêves où toute violence est exclue, ce qui en dit long côté de mon subconscient. Alors oui cette question : suis-je coupable ?
Jamais je ne revis jamais non plus  la coupable à la base de cette sombre et douloureuse aventure glauque s' il en fut à son commencement mais flamboyante à l' arrivée . Ou disant selon une formule consacrée " reponsable mais pas coupable " puisque la coupable de tout ce gâchis  d' après ma famille, l' ex compris, ça ne pouvait être que moi à l'origine ! Couper les ponts et changer de rive  fait  aussi partie de ma survie. Juste un passage de deux petites heures le temps d' un dîner  qu' elle fit chez moi, dix ans plus tard en juin 1995. Elle ne put croiser le chien César mort 3 ans plus tôt. Chien qu' elle brutalisait, paraît-il, durant mes absences,  le temps que j' en ai eu la garde me reprochant  que j' eus plus d' affection pour lui que pour elle, ce qui n' était pas tout à fait faux compte tenu qu' on ne peut pas donner ce que l' on a pas reçu. Ainsi elle se justifia pour pouvoir repartir vivre près de son père m' accusant de l' avoir maltraitée en inventant quelques saloperies au passage auprès de mes amis ! Chez qui l' incompréhension entraîna un  doute  ce que je fus incapable d' accepter de leur part  et m' aida à briser les liens qui s' étaient crées entre nous. Mais à l' heure où j' écris ces lignes ne persiste en moi de tout ce fiasco qu' un seul sentiment : celui d' une  énorme  et totale injustice car jamais je n' ai pu parler à ces gens qui ne voulaient rien entendre ni de loin, ni de près préférant rester dans leur hypocrite saleté de bonne conscience. D' où la naissance de ce site à l' avant-veille de l' an 2000 pour dire, et écrire et  déposer ici ce fardeau. Au cas, impropable, où ils voudrait connaître un jour le comment du pourquoi, et le mépris que j' ai eu pour eux à la hauteur de leur coupable indifférence. Mais c' est fini tout ça.
 
Pour en revenir et en terminer sur ce film, mon seul point commun avec la romancière Brialy étant l' Ecriture !
 
Et contrairement à la fin tragique de ce film, et mon propre drame, je connu un bonheur aussi extrème que bref dans les bras d' un homme mais qui me révéla dans ma qualité de femme ce qui mis en parenthèse ces trois mois même si cela se fit dans une violence inouïe, voilà pourquoi je suis incapable de dissocier  les deux évènements, l' un ayant entraîné l' autre. Exceptionnelle fut cette union qui en définitve ne perturba pas mon intégrité car à la base ma sexualité resta toujours avant tout cérébrale et c' est sans doute, parce qu' en dehors de la relation charnelle, Alex, Nahan et Ralph étaient du style animaux à sang froid me comparant de leur côté à un volcan endormi qu' un jour ils ont dû réveiller..... L' acte sexuel n' étant pas leur priorité dans une relation amoureuse, ils avaient une totale maîtrise d' eux-mêmes. Mais ce qui m' étonne encore c' est qu' eux parvinrent toujours à bout de la mienne dans nos relations pour me faire parvenir à l' orgasme, liés le sexe et l' amour étant restés toujours malgré tout un problème. Ils devaient toujours me forcer pour cela, me prendre à froid, ne supportant pas le désir dans leur regard. Et pour m' éviter cela  ils me laissèrent souvent prendre l' initiative. Comme quoi je portais toujours inconsciemment en moi le traumatisme de mon enfance.
 
Alors non je fus jamais une salope, ni avec Brioly ma  fille qui  quelques mois plutôt m' avait accusée d' en être une pour une raison que je n' ai jamais connu. Ni salope, ni une dévergondée prête à coucher avec le premier venu comme le faisait ma meilleur copine de l' époque pour se prouver qu' elle était une femme libre et moderne et qui s' amusait à collectionner les amants comme d' autres les boîtes d' allumettes, se vantant d' en avoir eu 90 inscrits au compteur. Elle les allumait tous pour les laisser aussi vite tomber comme on jette dans le caniveau un kleenex usagé. Je n' ai jamais éprouvé le besoin d' avoir ce genre de rapports physiques débridés. Je n' ai jamais eu besoin d' assouvir de quelconque désirs sexuels, j' ai toujours eu besoin d' un homme aimé en face de moi pour partager ces moments là. Bridée peut-être de mon côté par l' éducation reçue qui fait que j' ai toujours eu un peu honte de rêver d' Alexis, Nathan et Ralph quand ils ne vécurent plus que dans ma tête qu' à titre de fantasmes. Même dans mes mille et une nuits où il m' arriva de les réunir tous les trois ensemble ! Je ne compte pas les années où je me suis endormie toute seule dans mon lit entre mon chien et mon chat avec le souvenir exceptionnel que je garde d' eux : tous ces papillons qui se remettent à voler en et autour de moi.
 
Alexis, Nathan et Ralph MERCI !
 

Nous nous retrouverons là-haut où vous m' attendez, dans quelques années, bien au delà du 7 ième ciel.
 
  
 

                                                                                       
 
INTROSPECTION
 
Car bien sûr je n' ai rien à expier, rien à pardonner et à me faire pardonner ayant menée une vie des plus honorables même si j' ai pu commettre des erreurs  la dureté de mes années après divorce ayant été des plus difficiles n' ayant pas de métier établi, je n' ai jamais regretté ce divorce qui m' a été imposé, ni ma vie maritale protégée d' avant . Bouffer par l' argent à gagner pour assurer le quotidien. Dure c' est ce que moi-même je  suis malgré ma tolérance mais à contrario  incapable de transiger sur des valeurs  que je crois justes ! Dénuée de toute méchanceté mais cruelle vis à vis des gens de mauvaise foi qui me cherchent dans l' intention de  me blesser. Enfin étrangère à  cette " vertu " si commune aux femmes car  en plus du mot pardon, je ne connaîs pas la jalousie ni  la rancune  !
 
Juste écrire cette page pour pouvoir changer  de chapître, le dernier.
 
Mais elle, ma Brioly de fille,  de son prisme perso qu' at-elle vu et vécu et comment a-t-elle interprété ? De quoi a-t-elle expier de m' avoir fait autant de mal même pas sûr qu' elle s' en soit rendue compte ! De quoi a -t- elle souffert ? A-t-elle éprouvé des remords ou des regrets, je n' en ai jamais rien su, et j' ai interdit que quiconque m' en parle, ni elle,  ni le clan de péqueanauds beaucerons chez qui le 23 juillet 85 elle partit trouver refuge le soir d' une nuit profonde . Apprenant seulement de sa bouche une décennie plus tard, lors de cette réconcialiation échouée, qu' elle s' était mariée, après une vie sexuelle démarrée à 15 ans,  pour partir au Canada.
 
Qui fut la salope et le salaud dans cette histoire en plus des Salauds que je viens d' évoquer ! Le Baron de Préfailles compris.
 
J'  ai fait depuis mon deuil de mère, comme je le fis pour tout le reste refusant de recoller les morceaux en les laissant là où leur place était : bien bas !
 
A chacune sa vie et un océan qui désormais  nous sépare.
 
Je n' entends plus depuis des lustres des voix m' appeler Maman dans la rue ce qui me creva tant et tant de fois le coeur.  Un enfant, dès ses premiers pas sur terre,  n' est qu' un être humain autonome en devenir et n' appartient qu' à lui.
 
Mais j' entends toujours Nathan me dire " tu mélanges tout Liza, tu mélanges toujours tout ".  Bien sûr que je ne mélange pas tout, que tout ces tout sont d' une grande cohérence L' écriture, mon sport préféré, m' ayant entraînée dans tous les chemins possibles ma confiance dans le monde des gens étant innée et sans limite, ce qui m' a coûté très cher et a failli me tuer, mais malgré cela rien n' a jamais pu la briser et je ne peux hélas m' en départir même à mon âge  car  du monde des autres je ne crains rien malgré le mal que certains m' ont fait depuis ma venue en ce monde. Pour autant qu' ils sachent que je ne me suis jamais considérée comme une victime même si j' ai dû verser plus d' une fois des larmes de sang.
 

Une seconde vie vierge de tout sauf comblée  de solitude choisie et assumée que j' aime à nommer thébaïde,  illuminée de  temps à autres par des rencontres exceptionnelles, croisées sur ces sentiers pittoresques ou singuliers  où s' aventurent  des randonneurs hors normes ! Préférant emprunter ces chemins de traverse en toute liberté  aux autoroutes ordinairement balisées du commun des mortels  même si c' est  à mes risques et périls. On ne choisit pas sa famille,  inutile de continuer à la subir quand elle est dépourvue à ce point d' amour,  d' intelligence et d' empathie,  mais ses Amis  on les choisit  ainsi que ses  Compagnons de route vivants au plus loin des univers verticaux emblèmes arrogants d' un monde devenu à mes yeux  trop matérialiste.
 
Seuls  au delà  de la cime des arbres les aigles sont capables de voler.  Tout le reste,  où est entrain de se commettre le monde des Terriens dépourvus de cette chaleur humaine qui tiend chaud aux coeurs meurtris ,  finira par chûter en dépit de  la prise de  pouvoir éhontée de ces derniers sur l' univers qui l' entoure, rien n' étant jamais acquis , la nature sur ses gardes entend le rappeler chaque jour que Dieu fait... si il existe.
 
Ainsi le jour où je sors de ma chère thébaïde J' aime j' aime j' aime rien tant que lever les yeux vers ce ciel où volent encore pour quelques temps, je l' espère, les oiseaux. En mettant mes pas l' un devant l' autre sans aucun esprit de revanche et d' absurde conquète.  Marcher là  où  m' attire  l' horizon aussi loin qu' il soit,  l' esprit LIBRE,  hors de toute frontière. 
Nous rentrâmes rue de Lévis pour Noël et reprîmes, César et moi, les fêtes de faims damnées en tête à tête. Nathan, un homme croisé  dans le train lors de mon voyage vers Grenoble ( cette première fois trois  mois plus tôt ) m' envoya un petit mot d' Australie pour savoir si j' allais bien en m' invitant à le rejoindre pour travailler après avoir crée une place d' assitante de rédaction exprès pour moi dans son entreprise . Alex m' envoya de son côté dans un colis avec AR une perle fine et rare entourée de petits diamants d' une grande valeur qu' il tenait de sa mère pour me prouver que  ce que nous venions de vivre ensemble n' était plus un jeu salace. Tout deux, inconnus entre eux,  espéraient me revoir et m' aider  mais malgré l' extrême beauté du joyau  je le revendis quelques jours plus tard après m' en être fait faire une copie, je voulais effacer tout ce que j' avais vécu avec cet homme en mal comme en bien. Eteindre le feu qu' il avait allumé en moi.
 
Richard passa me voir à Paris avec l' idée de reprendre une relation plus clean. Je ne lui ouvris pas la porte, outrée par sa proposition. Le lendemain je découvis  sur le rebord de ma fenêtre  un sac remplis de noix avec un simple mot" Avec tous mes regrets " ! Des noix paraît-il une des spécialités de ce pays !
 
La lettre  qui venait d' Australie ayant était en partie abîmée au cours  de son acheminement, je ne pus  déchiffrer l' adresse de Nathan pour lui répondre et j' en fus contrariée mais sans plus. Il faisait partie lui aussi de ce voyage et je voulais  oublier.
 
Ainsi l' année 1985 s' acheva dans une sorte de no man's land apaisé,  la souffrance du raccomodage à l' hosto pour consolider ma colonne vertébrale défaillante s' étant atténuée.
A l' ordinaire du quotidien j' ai toujours préféré la rareté des choses exceptionnelles
PS  : c' est vrai Nathan, tu as raison, je suis entrain de tout mélanger !
Le comble fut que  tombèrent " accidentellement " dans ma vie Richard et Alex, l' un de Grenoble et l' autre de Lyon  par la faveur d' échanges épistolaires auquels je m' adonnais chaque jour avec ferveur grâce aux petites annonces du journal Libération : .  Mais c' est Richard avec lequel j' entretenais cette correspondance depuis plus d' une année  qui, fin aôut 85, n' ignorant rien des conditions morales et matérielles dans lesquelles je vivais, m' invita à descendre chez lui en Province pour y recharger les batteries afin de prendre de la distance avec ma misère et mes soucis financiers. J' ai toujours  en mémoire ces quelques mots de son écriture fine jetés  à la hâte sur un coin de carte postale accompagnés d' un billet de train glissé dans une    enveloppe craft. C' est ainsi que je partis pour Grenoble avec chien et chat, mes deux modestes compagnons d' infortune, ignorant que ces deux hommes, amis d' enfance et de fac,   étaient porteurs de mauvaises intentions. En fait ils étaient copains comme cochons, c' est le cas de le dire, et sexuellement sur la même ligne, à savoir qu' à peine descendue de celle du train  Paris-Lyon-Grenoble je suis tombée de  Charybde en Scylla au pied d' une horrible montagne noire qui terminait la rue où le scientifique Richard P. demeurait.
 
Intentions qu' ils mirent en pratique dès le lendemain de mon arrivée !
 
Bref, entre eux deux et sur une période de trois semaines dans ce repaire de brigands, ils me retinrent prisonnière  et me firent subir à deux puis à quatre puis à onze les tourments de l' enfer. Impossible de leur échapper ! ( Sans argent, et sans papiers qu' ils m'avaient confisqués ) je fus enfermée pieds nus et court vêtue tant ils craignaient que je m' échappe sans doute. Et pour le le seul plaisir de m'avoir toujours à portée  de leur salacité .
 
" En avoir plein le dos " selon l' expression consacrée, j' ai donc  connu en touchant le fond de la détresse humaine, désarmée de tout,  dans la plus haute des solitudes ! Au propre, au sale, comme au figuré pour cause de faiblesse physique mais jamais morale m' étant transformée en objet sous leurs yeux et ceux  de ce brave animal  qui quelques semaines plus tôt m' avait sauvé la vie. L' idée que l' on torture ou tue César  m' était insupportable je n' y aurais pas survécu. César c' était un élément de leur deal, l' idée qu' ils avaient trouvée pour me soumettre à leurs saletés. Il faut faire des choix dans la vie le mien, en tant que prisonnière de ces mâles en rut,  fut de me plier à leur  odieux chantage. Et quoi qu' il m' en ait coûté  je ne parviens pas à me repentir, en dépit de ma honte,  de m' être sacrifiée pour César durant ces journées où voisins et cousins de passage n' avaient qu'à baisser le pantalon après avoir relevé ma jupe quelle que soit l' heure de la journée ! Mais plus humiliantes et violentes encore furent ces nuits d' orgies sexuelles.
 





L 'état de mon dos, déjà mal en point au départ de Paris, finit par s' aggraver à cause de ces outrages répétés et Richard  dû me conduire le lendemain matin en urgence à l' hôpital   de Grenoble là où il travaillait pour ses recherches ! Il me demanda pardon m' affirmant qu' il était malade " je suis un grand malade, excuses-moi ..." Il garda mon chien et mon chat durant mon hospitalisation d' un mois passé dans ce CHU et paya tous les frais que cela coûta n' étant plus membre actif  affiliée à la SS.
 
Alex me retrouva  dès ma sortie de l' hôpital sur le quai de la Gare de Lyon lors du changement de train le temps ( son grand copain avait dû le prévenir qu' il venait de me libérer ) afin m' affirma-t-il, de me remettre de mon opération et de mes émotions. C' est chez lui et de lui que j' appris que ces deux  honorables messieurs tendaient régulièrement un piège  grâce aux petites annonces du journal Libération, en vue de se taper des filles de préférence parisiennes qui d' après eux, ne demandaient qu' à tomber dedans en venant passer le WE avec eux pour se faire copieusement tringler, en bref selon eux toutes des salopes. Alex finit par reconnaître qu' il était dans le coup alors qu' il nia au début le contraire et  qu' il en profita à l' excès, moi compris dans le lot de ces tournantes,  puis s' excusa comprenant son erreur à mon endroit. Il avoua que c' était lui,  lui seul qui m' avait fait jouir durant ce gang-bang, ce dont je me doutais un peu.   Il m' affirma  que quelque soit la violence de l' instant il voulait me donner du plaisir. Et j' en ai pris mais pourquoi ? Et pourquoi présisément avec lui ? Et aucun des autres ! Je ne lui répondis pas gardant pour moi  la raison - honteuse - pour laquelle je me retrouvais devant lui.
 
Nos regards parlèrent pour nous, impossible de nous mentir !
 
Impossible de chassser ce trouble qui m'  envahissait, je venais d' accepter son invitation à venir chez lui  en rien  dupe de ses " louables " intentions sentant que c' était sa façon de me retenir captive pour lui tout seul deux ou trois semaines  de plus et, honte à moi une fois de plus,  je n' attendais que cela : revivre ces quelques minutes exceptionnelles qu' il mavait " offert " en public. . Mais au point où j' en étais de ma déchéance, pourquoi pas réitérer !Etais-je entrain de devenir une salope  car  pourquoi depuis " qu' il m' avait fait cela " le désir que j' avais de lui ne me quittait plus..Et puis n' ayant rien vu je voulais savoir comment il s' y était pris.
 
" Ne vous posez pas de questions " me dit-il, l' amour existe aussi il vous suffit d' y consentir !
 
Il ne manquait pas de culot ou de cynisme...J' ai baissé mes yeux pour retenir mes larmes quand  il m' attira vers lui pour m' embrasser. A-t-il senti une fois qu' il me tint serrée contre lui les papillons dans mon ventre  qui, au travers de ma robe, commençaient à s' agiter.
 
C 'est ainsi qu' il proposa de soulager mon dos convalescent en m' apprenant quelques positions du.... Kama Sutra  ! Divine gymnastique dans laquelle il mit  beaucoup de doigté et de douceur lors de ces cours gratuits et impromptus, rythmés au son d' une chaîne Hi-Fi....( la musique ayant eu une grande importance à jouer dans nos ébâts )  lui qui se glorifiait d' être un expert en plus  côté pratique du Tantra,  mot qui m' était aussi inconnu, mais qu' il m' expliqua :  " c' est être capable de faire jouir une partenaire plusieurs fois par nuit..." Est-ce son humour, son immense Culture sur moults sujets ( sourire ) son élégance naturelle , sa franchise, sa générosité et la façon qu' il avait de me regarder avec distante froideur, qui finirent par me séduire ou la pratique de ce fameux Tantra ( je savais ce qu' était un éjaculateur précoce mais en ce qui le concernait il était dans l' excès inverse ? )  Docteur Jekyll à Grenoble et Mister Hyde à Lyon une fois rentré chez lui qui me demanda  de détruire la cassette qu' il avait pu récupérer de crainte qu' elle  puisse être exploitée ( le Gang-Bang ayant été filmé ) Je pense que je me suis mise à l' aimer à l' insu de mon plein gré comme on dit tant il mit une volonté sincère à vouloir se faire pardonner. Mais ignorant le pardon, comme je l' ai dit plus haut, je l' ai laissé me faire tout ce qu' il désirait, c 'était ma façon de lui dire " tout le pire est effacé, commençons autre chose dans le meilleur " ce dont nous ne nous privèrent pas au point où j' en étais arrivé, sans plus aucune retenue et autres pudeurs. il s' employa à me  désinhibée de A à Z en passant par le point G, ayant la technique pour cela et le vocabulaire concernant le sexe des femmes dont j' étais parfaitement ignorante à deux ans de fêter mon quarantième anniversaire  ! Mais dans l' angoisse  que cela se termine  tôt ou tard tant il me combla  d' amour  et d' attentions charmantes  durant cette période en plus  de nos orgasmes tridimensionnels au rythme de  nos coeurs battant à l' unisson et à se rompre,   je me résolue à  mettre fin à cette relation avant de reprendre le train pour la Capitale le laissant sans voix toutes larmes contenues  sur le quai de départ . Ou plutôt sur le quai de mon retour à Paris.
 

Ce film j' ai dû le regarder 3 fois. La première fois très distraitement, la seconde j' ai loupé quelques séquences mais la troisième fois fut la bonne !
 
On y parle d' expiation, de vâcheries et de la jalousie d' une  adolescente qui croit tout savoir et ne comprend rien au monde des adultes en l' occurence sa grande soeur Cécilia ! Cette gamine, Brioly,  est la parfaite représentation de la tête à claques pré-pubère antipathique, stupide et perverse face à sa grande soeur " pauvre petite fille riche" arrogante, contrariée et capricieuse. En fait il s' agit de confusion des sentiments, d' intentions ( malheureuses ) et d' identités ( riche face un pauvre ). Les perceptions et points de vue s’entrechoquent autour de scènes clés – la lettre, la fontaine, la bibliothèque, la recherche des jumeaux - pour mener au témoignage erroné de la sale gamine, qui scellera à jamais le sort trajique de Robbie et Cécilia. De cet instant de rupture découleront sous forme de prismes tous les évènements à venir, tel un collage de vignettes vécues, imaginées ou racontées par les trois protagonistes principaux. De la campagne française au métro londonien, de la plage de Dunkerque pendant l’évacuation de 1940 au plateau d’une émission littéraire en 1999, le film enchaîne des petits bouts d’histoires pour ne révéler qu’en fin de métrage leur réelle teneur.
 
Un beau film !
 
Film, en faits, ( avec un S svp )qui est le révélateur des interprétations diverses et complexes des 3 protagonistes s' attardant à nous livrer leur vision personnelle afin de nous prouver que chacun ne voit jamais de l' existence que ce qu' il veut bien en voir. La subjectivité n' est qu' un prisme parmi d' autres qui modifie en permanence la nature des choses.
 
Ce film ne colle pas véritablement à mon histoire mais ....Ce qui se passa entre une adolescente en crise et moi détermina le reste de ma vie. Il y eut un avant le 23 juillet 1985 et un après ! Une vie brisée en deux un soir où, tétanisée par ce qui m' arrivait,  je fus incapable de parler plusieurs jours atteinte brutalement d' aphasie aggravée par une anorexie mentale qui s' en suivit.
 
Il faut se méfier des petites filles modèles et policées qui peuvent se transformer en monstre un soir d' été pour cause de poussée excessive d' hormones.
 
                                                                             Ainsi mon sort en fut jeté !
 
                                                                                         Break down !!!
 

Longtemps après ce coup de poignard planté dans le dos -ne l' ayant pas vu venir of course -  j' entendis dans la rue  derrière moi le mot maman prononcé par unevoix  juvénile. Trois ans peut-être... guère plus .... bref le temps qui sied au deuil, pour admettre que la trahison et la " mort " d' un être aimé c' est la foudre " qui, si elles ne vous tuent pas, vous laisse blessée, exsangue au bord de la route et qu' il faut soit essayer de se relever, soit mourir !
 
Je me revois ce jour de 15 août alitée mon chien près de moi. J' ai pensé en finir avec la vie en nous tuant tous les deux. J' étais armée, une balle dans chaque  tête et puis hop fini terminé ! Je revois ce brave chien aller me chercher dans sa niche un à un ses petits jouets et les déposer près de moi sur mon oreiller. Je n' eus plus après cela  le coeur de le tuer ! Il s' appelait César et si je suis là entrain de vous écrire 30 ans après c' est grâce à lui ! Et ce n' est que grâce à lui le brave chien César !!!
 












ATONEMENT