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septembre - Octobre 1995   /     juillet  2002
Outrages
 
Jusque ce mois de septembre 85 j' avais été une fille bien, respectueuse des valeurs morales qui m' avaient été enseignées. Je m' étais mariée en blanc n' ayant pris aucun acompte sur la vie conjuguale, tenu correctement mon ménage, je n' avais pas volé le mari  d' une autre et trompé personne....Je ne pouvais comprendre être salie et jugée de la sorte, traité de névrosée, accusée de tous les maux : mauvaise épouse, mauvaise mère, accablée de certains défauts, dont j' étais pourtant à des années lumières,  m' étaient reproches. Y compris  d' avoir avorté  ! Par la maîtresse  de mon ex-mari qui venait de lui faire un enfant dans le dos.
Tout leur était bon pour me salir.
 
Beaucoup de personnes dont les gens de ma propre famille , se retournèrent contre moi prenant le parti  de mon ex-mari. Allant jusqu' à dire que je  lui avais fait vendre sa maison ! SA maison !!! Ils ignoraient sans doute que lors d' une séparation à l' amiable l' un des époux doit avoir son logement personnel. C' est ainsi  que  je déménageais à Neuilly, F. Babault s' occupant de  régler les affaires courantes sur place comme vider  notre pavillon commun qui venait d' être mis en vente à Angerville. Tandis que, sans aucune qualification professionnelle, je peinais  à trouver du travail sur Paris.
 
Non, je n' avais pas fui le domicile conjugual alors que son but à lui était d' essayer de me mettre toutes les causes du divorce sur le dos alors que c' est lui qui en avait pris l' initiative.
 
Cinq années durant je me suis traînée ça sur le dos. Avec trois convocations au Tribunal ....Que d' acharnement mis en oeuvre pour détruire une personne en cherchant par tous les moyens légaux et illégaux de se donner bonne conscience.
 
Alors comme on dit " tant qu' à faire ...." Au point où j' en étais en cette fin de juillet 1985 ! Que d' autres salopards m' enfoncent un peu plus dans la boue. Je n' espérais plus qu' une chose : MOURIR  ! HONTE et DESESPOIR mélés.
Je fis une seule chose dans ma vie à l' opposé de ma nature  contrainte de choisir entre la destruction morale et physique de mon corps et l' intégrité  d' un animal menacé de finir dans un labo où il risquait la vivisection sinon de crever de faim dans une cave où il avait été enfermé par une  meute de loups ou plus justement de... homm...ards.
 
Comment ai-je pu croire à ce que cet homme me demandait et accepter cette proposition. Mais là où j' en étais arrivée, si bas dans l' esprit des personnes qui m' avaient été le plus proches, je ne me souviens pas avoir réfléchi plus de quelques secondes : mieux valait mourir de honte sous l' humilation qui allait m' être " imposée " en me laissant submerger par la boue la plus immonde. Risquer de n' y pas survivre pour sauver un chien, mon chien, la seule source et présence affective qui me restait. Le besoin de tout briser en moi. Ce que Richard avait compris dès mon arrivée chez lui :
 
Suite à une petite annonce passée dans le journal Libé je venais de tomber dans un piège, et ne pouvant pas m' en libérer il ne me restait plus qu' à assumer.
 
Il commenca par me demander de coucher avec lui mes bagages à peine posés, ce dont je n' avais aucune envie vu l' état des lieux et de sa personne mais puisqu' il n' y avait qu' un lit je n' avais pas le choix. S' évertuant non pas à me faire l' amour mais à essayer de se mettre en forme... C'est là que je compris qu' il était impuissant.
 
Mais dès le lendemain soir le pire restait à venir !
NB : Nathan ne croisa jamais le chien César qui vécut très tranquillement jusqu'en 1992, il n' eût pas à mourir de faim ni à être disséqué vivant . Quant aux 11 Homm...ards de Grenoble ils m' avouèrent n' avoir jamais eu l' intention de faire mal à ce chien. Ils voulaient juste s' amuser.
 
Richard vint me rendre visite à Paris  mais j' ai refusé de le recevoir en Novembre de cette année là sachant que j' étais au plus mal. Il alla me commander un lit à la Samaritaine un lit tant le mien était en mauvais état. Venant d' être opérée du dos cela s' imposait ( en dehors de ses problèmes sexuels glauques  qui l' agitaient c' était un homme extrèmement généreux ). Nous ne fîmes rien d' autre que de nous chamailler dans un téléphone jusqu' à ce que je lui avoue que j' étais peut-être enceinte. Illico il me proposa de l' argent pour me faire avorter et c' est là qu' il y eut un clash. Un méchant clash ! Car je me disais au fond de moi-même ( en dehors du fait que j' étais farouchement contre l' IVG ) " si c' est le cas je vais garder cet enfant, espérant qu' il soit de l' un des trois hommes que Jean-Marc m' avait  demandé de choisir pour la dernière fois ...Ainsi je ne finirai pas ma triste vie seule...Je la reconstruirai avec cet enfant ..." Je divaguais c' est sûr et très gravement. Richard fou de colère contre moi, repartit à Grenoble sur le champ en me laissant un sac de noix sur le rebord de la fenêtre en me traitant d' irresponsable. Il en avait fait avorter combien de femmes avant moi lors de ses joyeux Gang-bang ?
 
A chacun sa morale !!!
 
C' est là que Nathan passant à Paris quelques jours plus tard me proposa d' aller partager un brunch à St-Germain-en-Laye pour qu' on fasse plus ample connaissance et parcequ' il avait pensé à un projet  pour nous deux, demandant au passage,comment allaient mes animaux qu' il m' avait aidé à transporter dans le train Paris-Lyon m' accompagnant jusqu' à la gare de Grenoble parcequ' il avait du temps à perdre ce jour là avant de descendre à Marseille où il devait prendre un bateau. Qu' il ne prit que quatre mois plus tard après réflexion.
 
C' est là que si heureuse de le revoir, je m' empressai de lui raconter l' histoire des fameux homards grenoblois , les vrais !
 

Je ne pense pas avoir été droguée  à mon insu ( drogue, sexe and rock and roll ), parfaitement consciente de la descente aux enfers qu' il me demandait d' accomplir sans états d 'âme, sans coups férir, juste pour son plaisir. Et à défaut de pouvoir participer,  il joua le Maître de cérémonie ! Et tandis qu' il me maintenait ferme par les épaules sur une couche à la propreté  plus que douteuse pour que je ne puisse m' échapper, je fus soumise   aux désirs  de son meilleur ami, du voisin, du cousin de ce dernier  et, je l' appris plus tard, d' un " réalisateur " venu filmer l' évènement .  Baillonnée, attachée mains et pieds entravés sur une table gynécologique  subissant tour à tour leurs assauts plusieurs heures d' affilées. Ils étaient en forme les gars, ne les avait-il pas invités exprès pour ce viol en réunion après s' y être tous les  quatre mentalement préparés côté fantasmes.
 
Au vu du résultat, leur  excitation  sexuelle décuplant au fil des jours, ces hommes pouvaient passer quand ils en avaient le temps et l' envie et ils ne s' en privèrent pas.   Un  mini gang-bang, car il s' agissait de cela, fut prévu en fin de semaine :  partouze " géante " qu' ils décidèrent d' organiser sous l' impulsion de Richard, en y conviant quelques copains de fac, toubibs et laborantins supplémentaires. Je savais ce qu' était un gang-bang par les quelques cassettes porno que le copain Pierre m' avait prété. Mais le voir sur un film n' est en rien comparable à ce qu' il me fallut endurer. J' eus droit à toutes leurs saloperies de fantasmes sexuels ce week-end là. Je m' évanouis au moins une fois  mais me disant que quoiqu' ils me fassent, ils ne me feraient pas mourir. D' être entre les mains de toubibs, me rassurait. Non ils ne pouvaient pas me laisser mourir. Juste m' abîmer et  devoir infiniment en souffrir.
 
Brigitte Layaie, ex-actrice de Porno, reconvertie en conseillère spécial sexe sur RMC, l' affirma récemment sur une chaîne de télé suite au mouvement Me-Too qu' il était possible de jouir lors d' un viol. Je confirme !  Car pour la première fois de ma vie, à la  veille de mes 38 ans, et dans ces conditions extrèmes,  cela m' est arrivé ! A l' insu de mon plein gré comme on dit. Aucun doute dans mon esprit cela fut dû au fait d' un lâché prise, d' une perte de contrôle totale n' étant plus qu' une loque abominablement souillée, j' ai fini par perdre toute résistance. Le bout du bout de l' humiliation s' est ainsi accompli, je ne vois pas d' autres explications mais que pouvais-je faire d' autre ? Dans ma tête, en pensant à mon pauvre chien, cette phrase tournait en rond tel un disque rayé " tu n' as plus le choix, tu as accepté, tu dois te soumettre " Comme quoi les choses les plus terribles qui puissent nous arriver peuvent avoir des conséquences positives. C' est horrible à dire mais je le dis. Je n' eus plus jamais à lire UNION, comme je le faisais jeune mariée dans mon petit village, en douce de la marchande de journaux, tant j' avais honte de lire une telle littérature que je n' avais pas le courage d' acheter pour le lire tranquillement à la maison derrière le dos de mon mari et  pour savoir et comprendre ce qu' était un orgasme qu' il en fut jamais capable de me donner en neuf  ans de mariage.
 
Le dernier round, la veille de mon départ, fut accompli comme une " offrande " posée  sur un  tapis d' orient. Je me demande encore à cette heure comment j' ai pu en arriver là en choisissant,  comme Richard l' exigeait avant de me laisser partir ( je n' en étais plus à quelques heures et trois bonhommes près ) Diego, Dieter et l' inconnu au regard masqué qui ne voulait pas dire son prénom. En vérité  je soupçonnais l' un de ces trois hommes d' avoir réussi à me faire jouir mais lequel ? J' avais la plupart du temps les yeux fermés quand on refusait de me les bander. Car un seul me fit jouir au cours de ces parties salaces mais prise dans la tourmente ou plus justement dans cette tournante infernale j' ignorais lequel ( mais pas la vigueur du membre conséquent qu' il me mettait entre les jambes avec autant de puissance que de maîtrise ).  La garantie d' une montée vertigineuse vers un plaisir étrange mélé de contractions nerveuses quand le sexe de cet homme entrait dans le mien. Le souffle coupé, je sentais alors des papillons envahir mon ventre et mon coeur s' affoler. Un plaisir progressif et douloureux qui s' intallait avec une douce violence,  que j' appréhendais ! Mais qu' au fil des jours  je finis par souhaiter, car la force de cet acte avec lui et lui seul, après coup, m' apaisait..  Mais l' autre raison est que ces trois hommes étaient de couleurs différentes, et l' idée de me donner à cet échantillon d' humanité, intellectuellemen ne me déplaisait pas. Le sexe avait fini par me pervertir non seulement le corps mais l' esprit. 
 
Honte à cette heure d' écrire tout cela. Juste un épisode de ma vie que je n' ai jamais éprouvé le besoin de réitérer et dont je garde le souvenir d' exception exprimé en détails 14 ans plus tard dans un petit livre bleu à la demande de Nathan ( qui était tombé sur le manuscrit de mon journal intime peu de temps après la fameuse histoire des Homards de Grenoble et sa demande en mariage ).
 
Dire que cela m' a décoincée ( j' avoue : un peu ) et que j'  ai pris goût à la chose ( pas du tout, sauf pour un seul d' entre eux comme je vais l' écrire ci-après ! )  Car tout le temps que j' ai dû rester là-bas chez Richard le Grenoblois, 3 semaines , je suis restée soumise aux désidératas de ce scientifique reconnu et de quelques-uns de ses copains qui ne voulaient que baiser tout leur saoul. A la fin je ne fermais même plus les yeux, les regardant faire, les regardant droit dans leurs yeux à eux, me baiser, me baiser, toujours et encore me baiser, ça ne se terminait jamais ! Cela se passait soit dans la journée mais aussi en début de soirée après leur journée d' études ou de travail, entre temps j' étais tranquille et gâtée et mon chien avait à manger. J' ai subi ! Jamais je n' ai été active sauf cette fois où mon corps a lâché. Finissant par désirer être  récompensée à un moment ou à un autre, par le troublant orgasme donné par l' inconnu masqué. Rien qu' un seul, que cet homme se plaisait à créer  lors de nos ébats.
 
BAISER, ce mot qui m' a toujours fait horreur, qui profondément me dégoûte, j' y ai eu droit durant près d' un mois  ! Le dos cassé non pas à cause de ce qui venait de m' arriver mais par ce que j' avais subi au tout début de l' été car j' étais arrivée dans cette antre le dos déja en très mauvais état. Il y a des degrés dans les souffrances morales que nous impose parfois la vie. Et tant de chagrin ! Qu' on n' a pas d' autre choix que de se laisser compètement démolir en se laissant partir à vau-l' eau ! Le principe du Phénix qui peut ainsi en touchant le fond de la vase, repartir le plus haut possible et ainsi renaître de ses propres cendres à l' air libre.
 
En reprenant le train pour Paris en ce 21 décembre  1985 je savais non seulement ce que voulais dire jouir mais ce qu' était un éjaculateur précoce et même ultra précoce, ce qu' à 38 ans j' ignorais encore ( et ce dont mon ex-époux si sûr de lui sur tant de plans, ne faisait aucun cas, se contentant de " tirer son coup " sans se poser aucune question et aussi régulièrment que consciensieusement exécutant son devoir conjugual avec une régularité de métronome histoire de se soulager sans doute et ce toujours à la même heure et deux ou trois  fois par mois maximum et encore. )
 

Et entre ces deux histoires, qui me conduisirent de Grenoble à la Route de Madison après un long arrêt à Lyon, rien de sexuel ne se passa entre un homme et moi durant ces 12 ans.
 
Jusqu' au retour de Nathan qui s' appliqua, tout le temps qui lui restait à vivre,  à me faire accepter que rien n' interdisait d' unir plaisir d 'amour et joie du sexe en même temps, que dans un couple c' était même recommandé.  Ce qui de mon côté exigea de louables efforts tant je dissociais les deux, mais nous finîmes par y arriver, grâce à Richard peut-être, grâce à l' homme au visage masqué surtout, grâce enfin au petit livre de velours bleu qui lui fit comprendre le blocage dont je peinais à me débarasser, qu' il y avait urgence à dévérouiller vu " ton grand âge " me disait-il en souriant avec autant  et d' ironie tendre que  d' amour dans ses yeux.
 
Connaître enfin le Bonheur physique et transcendantal total, et les petits qui l' accompagnent, avec un Homme, à plus de 50 ans passés.