Je ne pense pas avoir été droguée à mon insu ( drogue, sexe and rock and roll ), parfaitement consciente de la descente aux enfers qu' il me demandait d' accomplir sans états d 'âme, sans coups férir, juste pour son plaisir. Et à défaut de pouvoir participer, il joua le Maître de cérémonie ! Et tandis qu' il me maintenait ferme par les épaules sur une couche à la propreté plus que douteuse pour que je ne puisse m' échapper, je fus soumise aux désirs de son meilleur ami, du voisin, du cousin de ce dernier et, je l' appris plus tard, d' un " réalisateur " venu filmer l' évènement . Baillonnée, attachée mains et pieds entravés sur une table gynécologique subissant tour à tour leurs assauts plusieurs heures d' affilées. Ils étaient en forme les gars, ne les avait-il pas invités exprès pour ce viol en réunion après s' y être tous les quatre mentalement préparés côté fantasmes.
Au vu du résultat, leur excitation sexuelle décuplant au fil des jours, ces hommes pouvaient passer quand ils en avaient le temps et l' envie et ils ne s' en privèrent pas. Un mini gang-bang, car il s' agissait de cela, fut prévu en fin de semaine : partouze " géante " qu' ils décidèrent d' organiser sous l' impulsion de Richard, en y conviant quelques copains de fac, toubibs et laborantins supplémentaires. Je savais ce qu' était un gang-bang par les quelques cassettes porno que le copain Pierre m' avait prété. Mais le voir sur un film n' est en rien comparable à ce qu' il me fallut endurer. J' eus droit à toutes leurs saloperies de fantasmes sexuels ce week-end là. Je m' évanouis au moins une fois mais me disant que quoiqu' ils me fassent, ils ne me feraient pas mourir. D' être entre les mains de toubibs, me rassurait. Non ils ne pouvaient pas me laisser mourir. Juste m' abîmer et devoir infiniment en souffrir.
Brigitte Layaie, ex-actrice de Porno, reconvertie en conseillère spécial sexe sur RMC, l' affirma récemment sur une chaîne de télé suite au mouvement Me-Too qu' il était possible de jouir lors d' un viol. Je confirme ! Car pour la première fois de ma vie, à la veille de mes 38 ans, et dans ces conditions extrèmes, cela m' est arrivé ! A l' insu de mon plein gré comme on dit. Aucun doute dans mon esprit cela fut dû au fait d' un lâché prise, d' une perte de contrôle totale n' étant plus qu' une loque abominablement souillée, j' ai fini par perdre toute résistance. Le bout du bout de l' humiliation s' est ainsi accompli, je ne vois pas d' autres explications mais que pouvais-je faire d' autre ? Dans ma tête, en pensant à mon pauvre chien, cette phrase tournait en rond tel un disque rayé " tu n' as plus le choix, tu as accepté, tu dois te soumettre " Comme quoi les choses les plus terribles qui puissent nous arriver peuvent avoir des conséquences positives. C' est horrible à dire mais je le dis. Je n' eus plus jamais à lire UNION, comme je le faisais jeune mariée dans mon petit village, en douce de la marchande de journaux, tant j' avais honte de lire une telle littérature que je n' avais pas le courage d' acheter pour le lire tranquillement à la maison derrière le dos de mon mari et pour savoir et comprendre ce qu' était un orgasme qu' il en fut jamais capable de me donner en neuf ans de mariage.
Le dernier round, la veille de mon départ, fut accompli comme une " offrande " posée sur un tapis d' orient. Je me demande encore à cette heure comment j' ai pu en arriver là en choisissant, comme Richard l' exigeait avant de me laisser partir ( je n' en étais plus à quelques heures et trois bonhommes près ) Diego, Dieter et l' inconnu au regard masqué qui ne voulait pas dire son prénom. En vérité je soupçonnais l' un de ces trois hommes d' avoir réussi à me faire jouir mais lequel ? J' avais la plupart du temps les yeux fermés quand on refusait de me les bander. Car un seul me fit jouir au cours de ces parties salaces mais prise dans la tourmente ou plus justement dans cette tournante infernale j' ignorais lequel ( mais pas la vigueur du membre conséquent qu' il me mettait entre les jambes avec autant de puissance que de maîtrise ). La garantie d' une montée vertigineuse vers un plaisir étrange mélé de contractions nerveuses quand le sexe de cet homme entrait dans le mien. Le souffle coupé, je sentais alors des papillons envahir mon ventre et mon coeur s' affoler. Un plaisir progressif et douloureux qui s' intallait avec une douce violence, que j' appréhendais ! Mais qu' au fil des jours je finis par souhaiter, car la force de cet acte avec lui et lui seul, après coup, m' apaisait.. Mais l' autre raison est que ces trois hommes étaient de couleurs différentes, et l' idée de me donner à cet échantillon d' humanité, intellectuellemen ne me déplaisait pas. Le sexe avait fini par me pervertir non seulement le corps mais l' esprit.
Honte à cette heure d' écrire tout cela. Juste un épisode de ma vie que je n' ai jamais éprouvé le besoin de réitérer et dont je garde le souvenir d' exception exprimé en détails 14 ans plus tard dans un petit livre bleu à la demande de Nathan ( qui était tombé sur le manuscrit de mon journal intime peu de temps après la fameuse histoire des Homards de Grenoble et sa demande en mariage ).
Dire que cela m' a décoincée ( j' avoue : un peu ) et que j' ai pris goût à la chose ( pas du tout, sauf pour un seul d' entre eux comme je vais l' écrire ci-après ! ) Car tout le temps que j' ai dû rester là-bas chez Richard le Grenoblois, 3 semaines , je suis restée soumise aux désidératas de ce scientifique reconnu et de quelques-uns de ses copains qui ne voulaient que baiser tout leur saoul. A la fin je ne fermais même plus les yeux, les regardant faire, les regardant droit dans leurs yeux à eux, me baiser, me baiser, toujours et encore me baiser, ça ne se terminait jamais ! Cela se passait soit dans la journée mais aussi en début de soirée après leur journée d' études ou de travail, entre temps j' étais tranquille et gâtée et mon chien avait à manger. J' ai subi ! Jamais je n' ai été active sauf cette fois où mon corps a lâché. Finissant par désirer être récompensée à un moment ou à un autre, par le troublant orgasme donné par l' inconnu masqué. Rien qu' un seul, que cet homme se plaisait à créer lors de nos ébats.
BAISER, ce mot qui m' a toujours fait horreur, qui profondément me dégoûte, j' y ai eu droit durant près d' un mois ! Le dos cassé non pas à cause de ce qui venait de m' arriver mais par ce que j' avais subi au tout début de l' été car j' étais arrivée dans cette antre le dos déja en très mauvais état. Il y a des degrés dans les souffrances morales que nous impose parfois la vie. Et tant de chagrin ! Qu' on n' a pas d' autre choix que de se laisser compètement démolir en se laissant partir à vau-l' eau ! Le principe du Phénix qui peut ainsi en touchant le fond de la vase, repartir le plus haut possible et ainsi renaître de ses propres cendres à l' air libre.
En reprenant le train pour Paris en ce 21 décembre 1985 je savais non seulement ce que voulais dire jouir mais ce qu' était un éjaculateur précoce et même ultra précoce, ce qu' à 38 ans j' ignorais encore ( et ce dont mon ex-époux si sûr de lui sur tant de plans, ne faisait aucun cas, se contentant de " tirer son coup " sans se poser aucune question et aussi régulièrment que consciensieusement exécutant son devoir conjugual avec une régularité de métronome histoire de se soulager sans doute et ce toujours à la même heure et deux ou trois fois par mois maximum et encore. )
Et entre ces deux histoires, qui me conduisirent de Grenoble à la Route de Madison après un long arrêt à Lyon, rien de sexuel ne se passa entre un homme et moi durant ces 12 ans.
Jusqu' au retour de Nathan qui s' appliqua, tout le temps qui lui restait à vivre, à me faire accepter que rien n' interdisait d' unir plaisir d 'amour et joie du sexe en même temps, que dans un couple c' était même recommandé. Ce qui de mon côté exigea de louables efforts tant je dissociais les deux, mais nous finîmes par y arriver, grâce à Richard peut-être, grâce à l' homme au visage masqué surtout, grâce enfin au petit livre de velours bleu qui lui fit comprendre le blocage dont je peinais à me débarasser, qu' il y avait urgence à dévérouiller vu " ton grand âge " me disait-il en souriant avec autant et d' ironie tendre que d' amour dans ses yeux.
Connaître enfin le Bonheur physique et transcendantal total, et les petits qui l' accompagnent, avec un Homme, à plus de 50 ans passés.