Soirée cosy at Home devant l' écran de télé pour voir ce film dont j' ignore le sujet mais ravie de voir apparaître Julianne Moore, l' une de mes actrices préférées et , ce qui ne gâche rien, mariée à Alec Baldwin ! Ce qui à mes yeux ébahis, me comble de bonheur pour commencer mon début de soirée en solitaire ( Christopher étant parti à une soirée oecuménique en compagnie de ses copains... golfeurs ! ). Donc, bien qu' ayant manqué le début, je m' installe toute émoustillée, au creux de mon fauteuil moelleux sans mon Compagnon bien aimée mais avec un mug de thé, pour savourer l' oeuvre en toute sérénité
et cela pour mon ....
..." plus grand " malheur dès la 20 ième image qui s' enroule vertigineusement sur la bobine.
Je dis bien malheur car c' est un film des plus anxiogènes à propos de la maladie d' Alzheimer, de la perte de mémoire et de l'autonomie, tout ce que je redoute en mon for intérieur, ces deux dernières années m' ayant fait comprendre que non seulement je n' étais pas éternelle - ce que j' avais eu l' innocence de croire - mais qu' en plus les années me sont à présent comptées ! Mais pas seulement comptées !!! Enrobées de sucre de la tête aux doigts de pieds au fil de ces 40 dernières années, farçies de l' intérieur par l' adiposité, les poumons bronco-asthmatiques, problèmes aux reins et de plomberie pour ne pas dire plus trash, et nerfs périphériques extérieurs ( ha ha ) transformés en vermicelles électriques chinois. Passons sur la SEP, seul héritage, avec le diabète cité plus haut, que m' ont transmis mes géniteurs ! Bref des tas de saloperies de tourments mécaniques, tout ce dont je ne pourrai jamais plus de ma vie sortir indemme ! Mais jusqu' à ce jour le cerveau à l' étage supérier est à peu près intacte.
Mais le pire du pire reste à venir et je me pose la question à chaque minute, à chaque heure, chaque jour de ma vie quand je ne trouve plus ni mes clefs, ni mes mots, que je peine à reconnaître certains visages alors que j' étais dôté d' une mémoire photographique exceptionnelle ...Je peine de plus en plus à gérer le quotidien de la vie y compris réaliser les gestes les plus simples : pour m' asseoir, me relever, marcher. Et souffrir de surcroit la quasi totalité de la nuit à faire des cauchemars à demi éveillée. Pour le matin retrouver ma mastercard égarée depuis plusieurs jours au fin fond du congélateur pour cause de... stress, oui de stress ( ne prenant jamais le temps nécessaire de la ranger là où elle se devrait être : dans le porte-monnaie après que je sois passée à la caisse.).
Voilà mon quotidien, mon présent et mon avenir pour ce qui en reste. Alors comme Alice je m' accroche en me demandant, au fil de ce temps, quelle neurone va me lâcher . Et combien la suivront lors de ma descente vers la tombe accompagnée de la Marche Funèbre ? Et ça c' est le pire ! Cassée de partout je veux bien, mais pas la tête Seigneur, moi la crétine je veux bien me mettre à redevenir chrétienne, à me rendre jusqu' à la grotte de Mazabiel, sur mes genoux cagneux et brinquebalants, y compris en partant de la Tour St-Jacques pour me rendre à COMPOSTELLE ! Mais de grâce Seigneur Merci de m' épargner ! Merci de m' aider. Merci St Jacques et Ste Bernadette.
Comment faire face aux tourments de la vie quand on connaît l' inéluctabilité de sa propre situation !
A défaut de force physique il me reste encore du courage et l' épaule de Christopher Davenport. Les autres, les amis minuscules, ceux qui ne méritent pas le A écrit en majuscule, je viens tous de les abondonner. Marre qu' ils me ralentissent sur ma dernière portion de route à tracer.
Nous devons nous suffire mon Révérent et moi, Cahin Caha ....
En marchant sur ce bord de rivage
Eviter le désordre des êtres et des choses ....
Et écrire encore et encore autant que je le pourrai !
En posant humblement ma tête sur son épaule
pour qu' il ne me voit jamais pleurer.