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Septembre - Octobre 1985 / juillet 2018
Le Cheval mort
J. Halliday
  2 ième semaine
 
Pourquoi il m' arrive tout cela, pourquoi Alex  ?
-
- Tu te pauses trop de question Elizabeth, prends ces jours comme ils viennent, ils nous sont comptés. Partageons ces moments magiques nous sommes si heureux ensemble, si heureux. Il n' y a a pas que le sexe qui nous unis. Il y a tous les goûts que nous partageons en commun : les voyages, la littérature, la musique, l' approche que nous avons du monde. Tu es une belle femme qui ...
 
- tu ne parles jamais de valeurs, pas sûr que nous les partageons toutes,
 
-  il est trop tôt pour s' embarquer sur ce sujet mais je pense qu' elles nous sont communes. S' il te plaît tu me prends assez la tête et le coeur et tout et tout, 24 heures sur 24, je ne fais que penser à toi, j' en rêve même la nuit dès que je cesse de te faire l' amour. Tiens parlons de voyages, où es-tu allée ?
 
- Au Viet-Nam, au Liban, en Syrie, Tunisie, Lybie, Italie, Turquie, Belgique, Hollande,  les pays à côté de chez moi. A 20 ans j' ai fait un tour d' Europe avec des copains en 2CV. Mais mon premier grand  voyage sérieux ce fut pour la Grèce. J' ai adoré ce Pays, les gens de là-bas,les paysages mais avant toute chose la Culture, son Histoire, les monuments.... Tu sais je n' y suis pas allée pour me bronzer au soleil. A chaque fois que je reviens de vacances, pardon de voyage, je suis sur les rotules, faut tout que je vois ! Et toi ?
 
- nous aurions pu nous croiser en Grèce, creuset de notre culture européenne. Je suis allé dans les Cyclades sur une île où ca baisait beaucoup. Des gens de tous poils, qui débarquaient du monde entier. Pour la plupart hippies qui revenaient de Katmandou comme moi et dont certains se sont installés là plusieurs années avant d' être virés manu-militari par la Grèce des colonels. J' avais emmené ma copine avec moi Emma, elle passe demain, je voudrais te la faire connaître, sûr que vous allez vous entendre. Elle aussi c' est une fille bien qui a malheureusement dérapé un moment, la drogue ... A la fin du séjour, elle s' était mise à coucher avec tout le monde dans ces grottes, ça m' a énervé, je l' ai plaqué. Nous nous sommes retrouvés récemment, il m' arrive d' avoir besoin d' une assistante quand je réalise des documentaires, elle est au chômage, son mari aussi. Je les aide comme je peux tous les deux. Y compris en rendant service côté baise,  Emma n' ayant jamais perdu le goût du sexe, et son mari n' étant pas à la hauteur de ce côté là, je compense. Un peu tordu, dans le genre de Jean-Marc, ça ne lui déplaît pas de regarder que je baise sa femme.
 
- S'il te plaît là tu me laisses respirer un grand coup, ca ne sent pas très bon tout ça. Ca s' appelle du triolisme.
 
- j' ai dit baiser Elizabeth, je n' ai pas dit que je lui faisais l' amour .
 
- es-tu sûr que nous allons nous entendre toutes les deux ? Parceque là côté valeur ça laisse à désirer.
 
- C'est une fille libre et indépendante comme toi. Très généreuse, très humaine, comme toi. Et la vie l' a cabossée elle aussi. Mais ce que ne suis pas encore arrivé à comprendre c' est qu' elle aime son mari passionnément qui n' est même pas capable non plus de lui faire un enfant. Alors elle fait du bénévolat pour des jeunes en difficultés.
 
- Je la connaîs peut-être, j' ai travaillé aux Minguettes dans un stage d' insertion, le monde est petit ...
 
- Au fait es-tu allée te balader du côté du Canal de Corinthe ! Il faut emprunter ce canal au moins une fois dans sa vie. C' est grandiose et c' est ce que j' ai fait.
 
- Non je ne connais pas, par contre je suis allée faire un tour à                     mais l' ambiance qui y régnait ne convenait pas à mon âme romantique, j' y suis restée 2 jours.
 


que dirais-tu d' une virée au Canal de Corinthe ?
 



                                                               
 


 
Alexis
                        La lumière douce, la lampe de chevet à intensité, modulable fut achetée ...
 

                                                              .... Ainsi la lumière fut !
 

Après m' avoir laissé sur les charbons ardents une journée entière sans sexe. Et ne le voyons pas revenir ( il avait un rendez-vous ce jour là ) j' ai fini par penser de lui et de moi tout et son contraire. Devenue totalement accro à son sexe. Passant l' après-midi le nez dans le Kama-Soutra pour les positions envisageables qu' éventuellement il me proposerait par la suite. Tous mes sens mis sans dessus-dessous par cet homme. Par Alexis !
 
Je n' ai pas été capable de lui dire " arrêtes " souhaitant au 4ième orgasme mourir  sous sa bouche, sous ses mains, sous ses coups dans la plus belle mort qui soit : en faisant l' amour par trop-plein d' orgasmes,  quatre en tout, qu' il me donna. Me laisser dissoudre en lui,  mourir moi aussi près du cheval mort qu' il fut vers 6 heures du matin cette nuit là.
 
Il se laissa partir dan un sommeil bien mérité tandis que je peinais à trouver le mien me lovant entre ses jambes contre son sexe enfin assouvi, pareil au mien. Tous deux enfin apaisés. Au repos il mesurait une dizaine de centimètres. Je n' avais jamais osé regarder le sexe d' un homme de près, j' ai osé ! Je l' ai embrassé, c' est ce que l' on doit appeler la Maladie d' Amour comme le chantait dans ces années Michel Sardou. 
 
Je vais t' aimer chantait aussi Michel. Cela venait d' être accompli. Mais je ne sais pas si il m' aimait, si nous nous aimions, je refusais de me poser cette question.... Mais sexuellement ça y allait du feu de tous les dieux !
 
Il se réveilla vers midi presque comme si rien ne s' était passé et j' en fus très déçue.
 
- Tu regrettes ?
 
- De quoi tu me parles Elizabeth ? Regretter quoi ? Ne dis pas n' importe quoi !
 
-Tu ne parles pas, je ne suis plus où j' en suis j' ai besoin de savoir ...
 
- Comment peux-tu poser une question pareille à un Cheval mort qui essaie de se remettre debout avec peine en s' accrochant à cette cheminée pour y parvenir.
Tu veux savoir quoi ? Que je t' aime, voilà c' est dit ! Que je t' aime comme un fou de la tête au pied et que je vais avoir un mal dingue à te laisser partir. Note-le dans le petit carnet de velours que je t' ai offert avant-hier. Car je ne le répèterai pas deux fois. C' est un mot trop galvaudé. Pour moi trop précieux, que je n' ai jamais encore dit à une fille. Ca te va comme réponse en plus de cette nuit ?
 
As-tu sorti le chien ce matin, leur as-tu donné à manger, eux ils ne vivent pas d' amour et d' eau fraîche.
 
- Je t' ai regardé dormir. Bien sûr que j' ai fait tout cela, je n' aurai qu' eux quand je rentrerai à Paris.
 
                                                   Il ne me répondit pas.
Te voici reposée à présent, te sens-tu  en forme pour jouir toute une nuit. C' est aussi fatiguant qu' excitant moi je suis prêt, l' es-tu aussi ? Je ne te forcerai jamais. C' est l' histoire du Cheval mort dans la chanson de Johnny, tu connaîs ? Je veux te faire jouir toute une nuit. C'est ça le Tantra je t' explique : une femme a de la chance  car elle peut compter   sur autant d' orgasmes qu' elle désire mais pas un homme  ! Nous les Hommes nous sommes soumis au temps de latence pour ménager la batterie. C 'est pourquoi nous évitons l' éjaculation en gardant notre sperme  le plus longtemps possible pour faire jouir une femme. La bouche et nos doigts compensant les va-et-vient qui doivent se faire plus modestes, moins ardents...On peut la faire jouir autant qu' elle veut. Perso c' est mon jeu préféré : voir l' orgasme se répandre dans le corps d' une femme et s' éteindre doucement dans ses yeux quand elle est arrivée au bout de l' extase.
 
- Ta verge a besoin de repos pour pouvoir se recharger, repartir de plus bel vers un deuxième orgasme c' est ça ?
 
- Tout à fait ça ! 
 
-...de plus bel repartir  en toi ma belle !  J' ai compris que tu n' aimes pas trop les caresses, ni les baisers, que les préliminaires tu peux t' en passer, ils t' agacent,  c' est mon sexe  que tu apprécies le plus . Et la pénétration. n' est-ce pas. Ca ne tombe on ne peut mieux. D' autant qu' il reste raide comme la justice dans ce cas le plus longtemps qu' il peut. Mais il est plus facile pour une femme d' ouvrir la bouche que pour un homme de dresser continuellement le bras, il peut y avoir des râtés mais mon sexe jusqu' à présent n' a jamais flanché.
 
- Je n' ai jamais fait de fellation ....Ca ne m' inspire pas
 
- Il ne s' agit pas de fellation, réfléchis un peu ! C' est une image : le sexe de la femme qui avale celui de l' homme : la verge prête toute raide prête à se laisser engloutir par elle. Tu es vraiment une gamine.
 
- Merci Monsieur le Professeur, merci
 
- Attends ce n' est pas fini, car le pire pour toi reste à venir . Une femme a le droit d' avoir un moment de répit après un orgasme, et c' est souvent l' arrêt définitif de l' acte sexuel pour la majorité des couples. Mais avec moi pas de répit, je n' entends pas les cris de grâce... Je t' ai épargné jusque là Elizabeth. Mais laisses-moi au moins une fois, une seule fois, faire selon mon envie. Te voir jouir et encore jouir sous moi. Voir combien de temps tu vas pouvoir tenir au cours d une nuit. Mon record ...
 
- Tu te rends compte de ce que tu me dis ? Tu parles de record mais ça va pas...
 
- C' est toi qui va en profiter Elizabeth, moi au bout du compte quand je serai sur le point de me répandre en toi, si possible en partageant cet orgasme au millième de seconde prêt, une fois tout lâché   je serai un cheval mort !
 
d' épuisement !
 
C 'est ça !
 
- C' est fou mais c' est extraordinaire ce que tu me racontes, ta verge en moi durant des heures, le pied intégral. C' est- quand-qu' on-commence ?
 
- Quand tu accepteras qu' on allume la lumière. Que je te fasse l' amour sous une lumière douce.
 
Je veux voir ton visage. Y lire le plaisir que je te donnerai.
 

Le lendemain dès le réveil à l' heure du Petit-déjeuner :
 
- Vous avez l' âge idéal
 
...Lui hésitant et moi perplexe
 
- vous êtes arrivée à l' âge de la maturité....Pourquoi si tard  pour parvenir à cette plénitude sexuelle que  bien des femmes ne connaîtront jamais !
 
Je ne suis trop quoi lui répondre, une fois de plus il me prenait à froid. Mais une chose était sûre : je n' étais pas la seule à avoir pensé au sexe une partie de la nuit.
 
- vous avez bien dormi Elizabeth, vous avez fait de beaux rêves ?
 
- quelle question idiote, enfin excusez-moi,  disons déplacée, un peu trop matinale
 
- je n' en ai pas d' autres, perso j' ai très mal dormi. Vous ne m' avez pas dit hier que vous n' aviez jamais fait l' amour le matin, c' est pourtant le meilleur moment de la journée. Enfin d' après moi.
 
- Voilà pourquoi vous m' avez rattrapé à la gare et que vous m' avez fait venir ici, pour me baiser ! Me baiser !
 
- Qui vous dit que je vais vous baiser ? Pourquoi être si triviale,   comme vous y allez ! Réaction qui vous vient d' une époque antérieure : celle d' une innocence perdue ou de ce trauma....que vous n' avez pas pu ou su gérer et vous êtes en colère contre vous-même et contre les hommes aussi.
 
- voilà que je me retrouve face à un psy ! Qui a très mal dormi à cause de moi, parcequ' il a tourné et retourné ça dans sa tête toute cette nuit.
 
- je ne suis pas dans la vôtre de tête mais quelle facilité pour  suivre un homme que vous connaissez à peine.
 
- Je ne gère plus rien Monsieur, ma vie est en lambeaux. Je viens d' être violée par une dizaine de mâles en rût et j' ai eu le malheur de jouir de l' un d' entre eux : VOUS ! Alors oui, je suis venue ici pour me faire baiser, à l' endroit, à l' envers, dans toutes les positions du Kama Sutra qu' il vous plaira. Me mettre à genoux à vos pieds, vous lêcher la bite, la boire comme dans le plus abjecte des films porno car je doute fort que des femmes normales fassent cela ; Allons-y vous et moi, ainsi je serai sale et à vomir de partout. Et ensuite à jeter. Un peu moins ou un peu plus de saletés, là où je suis parvenue, ça n' a plus d' importance.
 
Quel souffle, quelle tirade ne vous énervez pas ! Ne vous mettez pas dans cet état,  ne soyez pas vulgaire, je déteste cela ! Eros et Thanatos semblent avoir pris possession de vous. Sinon vous auriez pris la porte depuis 10 minutes. Quelle partie de ma personne appréciez vous le plus ? Je vous ferai grâce des autres ! Promis ! Je voulais juste voir jusqu' où vous étiez capable d' aller. Ce n' est que le désir que vous avez de moi qui fait que vous êtes assise là en face de moi Elizabeth !
 
- Le désir ? Non mais vous vous moquez de moi, vous êtes d 'un cynisme éhonté !
 
- Ne mélangez pas tout Elizabeth je comprends votre colère, votre agressivité, contre les hommes et contre vous. Je ne suis pas psy mais je peux vous réconcilier ne serait-ce qu' avec vous-même. Vous êtes en plein trauma, je vais vous aider. Je ne vais pas vous baiser. Je vais vous faire l' amour, celui que nous n' avez jamais reçu, ou si mal. L' amour avec un petit a certes, pour débuter. De le commettre ensemble à coeurs joie conjugués. Il est là votre désir. Il n' a rien de malsain ni d' honteux. Et si ce n' était pas le cas vous ne seriez pas là assise en face de moi Elizabeth
 
- Mais je ne vous aime pas !
 
- Vous ne me détestez pas non plus, avouez !
 
Je quittais la table, en pleurs, en rage,  prête à partir, il se leva et me retint en me prenant dans ses bras pour me serrer très fort contre lui. Très très très fort, si fort que je rendis les armes tandis qu' il séchait mes larmes de sa main. Prête à faire ce qu' il lui plairait. Parce que c' était lui !
 
- Combien de temps pouvez vous rester ? Je reprends mes cours en fac fin octobre.
 
- Vous savez pour ce qui m' attend à Paris. Disons une dizaine de jours. En lui souriant " disons le temps que vous m' appreniez le Tantra ! "
 
- Le Tantra est une affaire d' homme Elizabeth, dans cette attente il faut vous remettre en forme. Vous reposer et essayer d' oublier. Mais avant tout il faut que vous cessiez de vous battre contre-vous même.
 
                                                          
 





Une petite semaine se passa sans qu' il se passe.... rien ! Rien que des petits bonheurs : promenades dans la campagne environnante avec le chien César, restaurant le soir, cinéma, théatre, concert et autres gentilles attentions de sa part, des heures et des heures à discuter ici et là,  partout où nous allions à pieds, en vélo ou en voiture, des discussions sans fin sur la vie, nos vies, l' amour, le sexe et des tas d' autres sujets. Jusque ce samedi où m' attardant sur une jolie robe en vitrine dans une rue du quartier , il me dit " permettez-moi de vous l' offrir ".
 
- Je ne peux pas accepter Alex. Déja je suis nourrie, blanchie et logée gratuitement par vous, et vous savez pourquoi ! Mais je vous rembourserai tout cela un jour. Ca c' est le minimum vital, je ne veux pas du superflu, ce n' est en rien   indispensable, je ne suis pas une poule de luxe.
 
- Comment vous dire Elizabeth ? J' aimerai vous voir dans cette jolie robe, accordez moi ce désir, à titre exceptionnel. Il y a des travaux de peinture à faire chez moi, si vous y tenez ce sera votre contribution à l' achat.
 
Je me dis " quelle drôle d' idée " mais sans pousser plus loin la réflexion lui ayant raconté la veille que j' étais une bricoleuse émérite. Alors je lui répondis  OK ! Elle était si belle cette robe, semblable à celle de Christine Delvaux, l' épouse de Joe Dassin, qui m' avait tant marqué. Blanche, toute fleurie. Je ne fis pas le rapprochement que c' était la robe dans laquelle elle s' était mariée avec lui à la fin des années 70, je n' en avais retenu que sa simplicité, sa fraîcheur, ce qui en faisait toute sa classe et sa beauté. Et ce n' est pas le genre d' infos qu' Alex devait connaître. Branché sur la chanson de Variétés mais sans plus, Joe Dassin et son répertoire pour midinette, pas plus que les râgots de Magazines,  il ne connaissait sans doute pas.
 
Mais sa petite idée derrière la tête il l' avait déja. Mariant le hasard et l' occasion ! Le lendemain il m' emmena visiter une Eglise vêtue de cette si jolie robe. M' offrit à la sortie un joli bouquet de fleurs aux couleurs de la tenue.
 
Et le soir même il me consomma.
 
Durant une dizaine de jours nous n' avons vécu que d' amour et d' eau fraîche comme on dit. Et sexuellement  de la façon la plus traditionnelle me disant en mon for intérieur qu' en plus du professeur, de l' alpiniste, du musicien et du psy il y avait aussi du Missionnaire en lui mais la jouissance était là. Il s' y appliquait et je ne m' en lassais pas. Lui non plus ! Voir le 7ième ciel, il m' y conduisit avec une belle constance  matin, midi et soir.
 
C' était un amant magnifique ! 
 
Nous ne mettions plus le nez dehors que pour sortir le chien main dans la main et faire quelques courses mais un soir nous allâmes voir le film de David Lean " la Fille de Ryan ". Au moment de la consommation du mariage de Rose avec son instituteur, je lui dis " tu vois ça s' est passé ainsi mon mariage, la fête de la noce en moins.....C' était juste un brave homme..."
 
- ...qui n' a pas compris quel trésor il avait entre les mains. Beaucoup d' hommes croient bien faire mais sont ignorants "
C' est très court ces quelques semaines que tu m' accordes. Pour rattraper le temps perdu il va falloir qu' on accélère Elizabeth " !
 
Il me fit passer à la vitesse supérieure la semaine suivante.
 

                                                                           
Ce qu' il me fallu un jour dire  à Nathan par contre, après qu' il soit tombé sur mon carnet bleu, c' est qu' un homme sur le quai de la gare à Lyon m' attendait alors que la correspondance pour le train de Paris venait d' être annoncée  avec beaucoup de retard. Il semblait me connaître. S' approcha vers moi pour me saisir le poignet et me murmurer à l'oreille " Bonjour Elizabeth c' est moi qui vous ai fait jouir, c' est moi qui vous ai emmené sur la route du 7ième ciel, voulez vous venir prendre un verre au buffet pour qu' on en parle ? "
 
Sidérée et de crainte que les voyageurs entendent ce qu' il me disait, je le suivis ! Pourquoi ? je n' en sais rien ou plutôt si mais cela promet d' être un peu délicat à écrire c' est si intime. Mais bon, il faut savoir se jeter à l' eau même quand on ne sait pas nager et j' ai deux bouées de sauvetage pour parvenir à y arriver : ce petit livret recouvert  de velours bleu-nuit et deux cassettes vidéo et audio. Donc je me lance en reprenant la conversation qui ouvre ce  chapître.
 
A l' imparfait ou au Passé simple....Au Passé Composé .
 
                                                                         
 
Cela ne semblait pas le géner le moins du monde de continuer à parler sexe dans un lieu publique. Perso je ne savais plus où me mettre, je me sentais de plus en plus mal à l' aise en dépit de l' intérêt  qui portait sur le Tantra. Je lui dis
- peut-être pourrions continuer la conversation dans un parc.
 
- Et pourquoi pas chez moi me répondit-il. J' habite à deux pas !
 
Son appartement, un duplex, donnait sur le fleuve et c' était l' exact contraire de l' habitation de l' Homme des Bois que je venais de quitter le matin.  Il était spacieux, très clair, très propre,  meublé avec soin, de part et d' autre, une élégante cheminée enchassée par  une grande bibliothèque occupait tout un mur.  Et sur le mur d' en face une chaîne Hi-fi de haute technologie. Un piano à queue et une guitare posés devant  une baie vitrée immense qui donnait sur un balcon qu'il alla  ouvrir.
 
Ici c' est mieux qu' à l' hôtel. De toute façon ils n' auraient pas accepter vos  animaux
 
- vous comptez que je reste ici ?
 
- non je vous y invite,  votre train étant parti sans vous !
 
C' est ce que l' on appelle en latin : Incidet in Scyllam cupiens vitare Charybdim. Mais n' ayez aucun crainte, je ne vous veux aucun mal.
 
- vous parlez le latin ?
 
- Oui et le grec ancien, je suis professeur
 
- de grec et de latin ?
 
- et de Tantra, discipline indienne ( sourire )
 
- j' en ai entendu vaguement parler
 
- rien ne vaut la pratique.
 
Il s' exprimait par phrases courtes ....
 
Puis très brutalement " pourquoi vous êtes là assise en face de moi sur ce canapé  Elizabeth ? "
 
- Parceque vous m' avez invitée en venant me chercher à la gare. Permettez-moi de vous retourner la question : pourquoi VOUS, vous êtes venu me chercher à la gare ?
 
et d' ajouter :" je ne suis ni une pute ni une Marie-Couche-toi-là  vous savez "
 
- Je sais, je sais Elizabeth je l' ai compris dès le début, dés que je vous ai vu désemparée, désarmée, outragée face à cette meute mais auriez-vous pris goût à la chose ? Et devant mon air interloqué " Excusez-moi ! C' est peut-être votre façon de rattraper le temps perdu. Vous n' êtes pas naïve à ce point. Jouons franc-jeu ! Et posons tous nos cartes sur table. Cela nous permettra de gagner du temps et vous pourrez reprendre le train dès ce soir ou demain matin, je vous paierai le ticket !
 
- j' ignorais jusqu' à tout à l'heure que c' était-vous qui m' aviez fait jouir. Pour la première fois de ma vie. Je n' ai jamais connu le plaisir sexuel avec mon mari. C' était 10 minutes, toilette intime comprise. Il se mettait en moi et je ne devais plus bouger jusqu' à ce qu' il décharge. Jamais nous n' avons fait l' amour autrement que le soir, quasiment à heure fixe et toujours dans un lit. Le matin jamais ! Aucune spontanéité, aucun élan naturel, il remplissait juste son devoir conjugal. 8 années durant ce fut ainsi. Pas plus avec les trois autres personnes qui ont suivis après mon divorce. J' ai essayé de faire comme les copines, suivre la nouvelle mode, mais le Coeur n' y étant pas ça n' a jamais marché. J' ai décidé d' en rester là. Aucun homme ne me toucha plus, l' amour platonique me convenant on ne peut mieux.
 
- Et puis un jour vous prenez le train pour Grenoble parceque Richard vous invite
 
- Nous avons correspondu 14 mois. J' étais... enfin je suis entrain de vivre un drame familial. Un type sympa, très intellect, il m' a écrit de très belles lettres, nous adorions ces échanges épistolaires amicaux tous les deux. Il m' a beaucoup soutenu moralement, je voulais me suicider.  Jamais je n' aurais pu penser...
 
- Vous êtes une fille hors-norme Elizabeth, d' une candeur désarmante.
 
- Je ne suis pas naïve,
 
- Je n' ai pas dit cela. Vous ne voyez pas le mal, vous faites naturellement confiance. A vos risques et périls.
 
- Je suis libre de mes choix Monsieur. Je ne suis plus une petite fille, je sais ce que je fais, j' ai 37 ans Monsieur.
 
- Pas Monsieur, je m' appelle Alexis. et tutoyons-nous  Nous avons le même âge à 4 ans près. Et moi aussi j' aime écrire, lire, voyager, m' évader, prendre des risques, et... faire l' amour...C' est moi qui le premier est tombé sur votre petite annonce dans le journal Libé, nous étions dans un café ce jour là Richard et moi et quelques autres copains, nous faisons partie d' un club de haute montagne. Cette annonce était d' une telle qualité d' écriture parmi les dizaines d' autres, que nous nous sommes lancés le défi, ou plus justement un pari : celui à qui vous répondriez gagnerait la partie et devrait laisser sa place aux autres. C' est à lui que vous avez répondu.
 
Une pause ...
 
- Vous savez Elizabeth, j' ignorais ce qu' il avait derrière la tête. Il me parlait souvent de vos lettres, il me les a fait lire pour la plupart, je vous connaîs aussi bien que lui. Il n' a pas joué franc-jeu avec vous. Ce qui se passe dans la tête d' un homme me sidère parfois. Quand je pense à ce qu' il a fait de vous alors que vos étiez à peine arrivée. Je ne savais pas que c' était vous quand il m' a demandé de venir filmer ce gang-bang. Il m' avait fait voir quelques photos de vous mais je ne vous ai pas reconnu les trois premiers soirs, vous portiez un bandeau sur les yeux et le reste du visage ravagé par la peur. Vos cris, je les entends encore.
 
Taisez-vous s' il vous plait, taisez-vous !
 
Après une longue pose, génés de part et d' autre !
 
- C' est l' heure de dîner Elizabeth pour nous et les animaux, venez m' aider à préparer le repas. Après nous irons les  promener. Nos reprendrons cette conversation un peu plus tard.
 
Nous avons très peu reparlé cette soirée là. De tout et de rien de notre position sociale, familiale, de nos goûts  partagés dans leur ensemble. Tout n' était qu' harmonie chez lui au coeur même de son intérieur. Alors que chez moi tout était dévasté.
 
- Je vais vous monter votre chambre, elle est là-haut, vous avez une salle de bains pour vous toute seule, vous pouvez  emmener près de vous César et votre chat, ils seront moins dépaysés. Au fait comment s' appelle votre chat ?
 
J' eus beaucoup de peine à m' endormir ce soir là. Et pas seulement à cause du piano, l' air qu' il y jouait était merveilleusement triste et beau. Beau comme cet homme d' une intelligence, d' une Culture et d' une sensibilité rare dont la voix grave et mélodieuse me rassurait. Il avait aussi le don d' empathie, aimait les animaux, et pratiquait l' humour avec brio, enfin pour le peu que j' en avais entendu, et l' amour physique aussi. J' essayais une partie de la nuit de compter les orgasmes qu' il m' avait donné lors de cette tournante, pour voir si le chiffre qu' il m' avait annoncé était exact,  en essayant de me rappeler comment il y était parvenu.