Le lendemain dès le réveil à l' heure du Petit-déjeuner :
- Vous avez l' âge idéal
...Lui hésitant et moi perplexe
- vous êtes arrivée à l' âge de la maturité....Pourquoi si tard pour parvenir à cette plénitude sexuelle que bien des femmes ne connaîtront jamais !
Je ne suis trop quoi lui répondre, une fois de plus il me prenait à froid. Mais une chose était sûre : je n' étais pas la seule à avoir pensé au sexe une partie de la nuit.
- vous avez bien dormi Elizabeth, vous avez fait de beaux rêves ?
- quelle question idiote, enfin excusez-moi, disons déplacée, un peu trop matinale
- je n' en ai pas d' autres, perso j' ai très mal dormi. Vous ne m' avez pas dit hier que vous n' aviez jamais fait l' amour le matin, c' est pourtant le meilleur moment de la journée. Enfin d' après moi.
- Voilà pourquoi vous m' avez rattrapé à la gare et que vous m' avez fait venir ici, pour me baiser ! Me baiser !
- Qui vous dit que je vais vous baiser ? Pourquoi être si triviale, comme vous y allez ! Réaction qui vous vient d' une époque antérieure : celle d' une innocence perdue ou de ce trauma....que vous n' avez pas pu ou su gérer et vous êtes en colère contre vous-même et contre les hommes aussi.
- voilà que je me retrouve face à un psy ! Qui a très mal dormi à cause de moi, parcequ' il a tourné et retourné ça dans sa tête toute cette nuit.
- je ne suis pas dans la vôtre de tête mais quelle facilité pour suivre un homme que vous connaissez à peine.
- Je ne gère plus rien Monsieur, ma vie est en lambeaux. Je viens d' être violée par une dizaine de mâles en rût et j' ai eu le malheur de jouir de l' un d' entre eux : VOUS ! Alors oui, je suis venue ici pour me faire baiser, à l' endroit, à l' envers, dans toutes les positions du Kama Sutra qu' il vous plaira. Me mettre à genoux à vos pieds, vous lêcher la bite, la boire comme dans le plus abjecte des films porno car je doute fort que des femmes normales fassent cela ; Allons-y vous et moi, ainsi je serai sale et à vomir de partout. Et ensuite à jeter. Un peu moins ou un peu plus de saletés, là où je suis parvenue, ça n' a plus d' importance.
Quel souffle, quelle tirade ne vous énervez pas ! Ne vous mettez pas dans cet état, ne soyez pas vulgaire, je déteste cela ! Eros et Thanatos semblent avoir pris possession de vous. Sinon vous auriez pris la porte depuis 10 minutes. Quelle partie de ma personne appréciez vous le plus ? Je vous ferai grâce des autres ! Promis ! Je voulais juste voir jusqu' où vous étiez capable d' aller. Ce n' est que le désir que vous avez de moi qui fait que vous êtes assise là en face de moi Elizabeth !
- Le désir ? Non mais vous vous moquez de moi, vous êtes d 'un cynisme éhonté !
- Ne mélangez pas tout Elizabeth je comprends votre colère, votre agressivité, contre les hommes et contre vous. Je ne suis pas psy mais je peux vous réconcilier ne serait-ce qu' avec vous-même. Vous êtes en plein trauma, je vais vous aider. Je ne vais pas vous baiser. Je vais vous faire l' amour, celui que nous n' avez jamais reçu, ou si mal. L' amour avec un petit a certes, pour débuter. De le commettre ensemble à coeurs joie conjugués. Il est là votre désir. Il n' a rien de malsain ni d' honteux. Et si ce n' était pas le cas vous ne seriez pas là assise en face de moi Elizabeth
- Mais je ne vous aime pas !
- Vous ne me détestez pas non plus, avouez !
Je quittais la table, en pleurs, en rage, prête à partir, il se leva et me retint en me prenant dans ses bras pour me serrer très fort contre lui. Très très très fort, si fort que je rendis les armes tandis qu' il séchait mes larmes de sa main. Prête à faire ce qu' il lui plairait. Parce que c' était lui !
- Combien de temps pouvez vous rester ? Je reprends mes cours en fac fin octobre.
- Vous savez pour ce qui m' attend à Paris. Disons une dizaine de jours. En lui souriant " disons le temps que vous m' appreniez le Tantra ! "
- Le Tantra est une affaire d' homme Elizabeth, dans cette attente il faut vous remettre en forme. Vous reposer et essayer d' oublier. Mais avant tout il faut que vous cessiez de vous battre contre-vous même.
Une petite semaine se passa sans qu' il se passe.... rien ! Rien que des petits bonheurs : promenades dans la campagne environnante avec le chien César, restaurant le soir, cinéma, théatre, concert et autres gentilles attentions de sa part, des heures et des heures à discuter ici et là, partout où nous allions à pieds, en vélo ou en voiture, des discussions sans fin sur la vie, nos vies, l' amour, le sexe et des tas d' autres sujets. Jusque ce samedi où m' attardant sur une jolie robe en vitrine dans une rue du quartier , il me dit " permettez-moi de vous l' offrir ".
- Je ne peux pas accepter Alex. Déja je suis nourrie, blanchie et logée gratuitement par vous, et vous savez pourquoi ! Mais je vous rembourserai tout cela un jour. Ca c' est le minimum vital, je ne veux pas du superflu, ce n' est en rien indispensable, je ne suis pas une poule de luxe.
- Comment vous dire Elizabeth ? J' aimerai vous voir dans cette jolie robe, accordez moi ce désir, à titre exceptionnel. Il y a des travaux de peinture à faire chez moi, si vous y tenez ce sera votre contribution à l' achat.
Je me dis " quelle drôle d' idée " mais sans pousser plus loin la réflexion lui ayant raconté la veille que j' étais une bricoleuse émérite. Alors je lui répondis OK ! Elle était si belle cette robe, semblable à celle de Christine Delvaux, l' épouse de Joe Dassin, qui m' avait tant marqué. Blanche, toute fleurie. Je ne fis pas le rapprochement que c' était la robe dans laquelle elle s' était mariée avec lui à la fin des années 70, je n' en avais retenu que sa simplicité, sa fraîcheur, ce qui en faisait toute sa classe et sa beauté. Et ce n' est pas le genre d' infos qu' Alex devait connaître. Branché sur la chanson de Variétés mais sans plus, Joe Dassin et son répertoire pour midinette, pas plus que les râgots de Magazines, il ne connaissait sans doute pas.
Mais sa petite idée derrière la tête il l' avait déja. Mariant le hasard et l' occasion ! Le lendemain il m' emmena visiter une Eglise vêtue de cette si jolie robe. M' offrit à la sortie un joli bouquet de fleurs aux couleurs de la tenue.
Et le soir même il me consomma.
Durant une dizaine de jours nous n' avons vécu que d' amour et d' eau fraîche comme on dit. Et sexuellement de la façon la plus traditionnelle me disant en mon for intérieur qu' en plus du professeur, de l' alpiniste, du musicien et du psy il y avait aussi du Missionnaire en lui mais la jouissance était là. Il s' y appliquait et je ne m' en lassais pas. Lui non plus ! Voir le 7ième ciel, il m' y conduisit avec une belle constance matin, midi et soir.
C' était un amant magnifique !
Nous ne mettions plus le nez dehors que pour sortir le chien main dans la main et faire quelques courses mais un soir nous allâmes voir le film de David Lean " la Fille de Ryan ". Au moment de la consommation du mariage de Rose avec son instituteur, je lui dis " tu vois ça s' est passé ainsi mon mariage, la fête de la noce en moins.....C' était juste un brave homme..."
- ...qui n' a pas compris quel trésor il avait entre les mains. Beaucoup d' hommes croient bien faire mais sont ignorants "
C' est très court ces quelques semaines que tu m' accordes. Pour rattraper le temps perdu il va falloir qu' on accélère Elizabeth " !
Il me fit passer à la vitesse supérieure la semaine suivante.