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Septembre - Octobre 1985  - Juillet 2018
Nathan
Gérard
Christopher
Ralph
Gerhard
Alexis
Noureddine
A propos de la bague, ce superbe joyau qui avait appartenu à sa mère, et qui fut estimé une fortune par un Joailler  je l' ai tout de suite mis en vente, ça tombait on ne peux mieux pour les fêtes de fin d' années ! J' en fis faire une copie qu je porte dans les grandes occasions, très rares !
 
J' en ai eu beaucoup de chagrin mais à l' époque j' avais plus faim de nourriture que d' amour, j' étais vraiment dans une très grande misère me nourrisant tellement mal que je finis par prendre en 1986 une vingtaine de kilos...
 
L' argent de ce joyau m' a permis de survivre les deux années suivantes mais je me suis dit aussi que pour toute cette misère et humilations ces deux dernières années, valait bien que je m' échappe pour retrouver un peu d' air pur. Et comme Alexis m' avait beaucoup parlé de voyages ( qu' il comptait me faire partager ) je me suis offert le luxe de prendre le large hors de France durant une sorte d' année sabbatique qui a duré en fait 7 mois et j' ai fait le tour du monde sur le reste de l' argent en m' offrant au passage un NIKON et tout son attirail d' objectifs ( ce qui à lui seul m' a coûté une petite fortune ). 
 
Alexis m' avait sali comme les autres à Grenoble, donc je n' ai pas eu grand remord à laisser vendre ce bijou. C' était une sorte de compensation. Cettebague a effacé toutes ces saletés qu' ils avaient commises sur moi.
 
La pureté de cette perle fine entourée de diamants  m' ont rendue la mienne en quelque sorte ! 
 
A mon retour en France, ce drame était totalement effacé. Et il ne me restait plus que mes bras pour aller gagner des sous ! Et parvenir à payer les lourdes échéances du Crédit Foncier qui commençaient à me tomber sur le dos.
Je ne pouvais pas accepter l' offre d' Alexis ne pouvant vivre en face lui à " armes ' égales, trop affaiblie par la détresse physique, mentale et financière. On m' avait fait comprendre, lors de mon divorce que tout ce que j' étais devenue je le devais à mon époux Francis B. Je n' étais vue et appréciée que par le prisme de mon statut de femme mariée. Le pavillon s' était grâce à lui, le nom que je portais aussi, l' enfant que j' avais fait pour sa propre fille était le portrait craché de son père c' est ce qu' ils pensaient dans leurs pauvres petites têtes de beaufs et de péquenauds. Je n'étais plus rien pour eux tous dès que nous fûmes divorcés, tout a volé en éclat à partir de ce jour. D' ailleurs ma famille a continué à le recevoir tandis qu' elle me critiquait derrière mon dos aux tout-venants.
 
Je me suis jurée alors  que quoi qu' il m' arrive dans la vie, je ne le devrai qu' à moi seule. Qu' il me restait assez de force pour me relever et qu' après je n' aurai plus qu' à rester debout vaille que vaille en m' accrochant à ce qu' il y avait encore en moi d' à peu près solide. Et c' est ce que j' ai fait mettant l' amour pour un homme de côté. Je venais de subir un  choc affectif terrible sur le plan familial, prendre le risque sur le plan sentimental ce n' était pas envisageable, cela m' aurait tuée. Je n' avais été l' enfant de personne, la pièce rapportée dans une famille qui avait dû porter la honte de ma naissance. La seconde épouse d' un veuf éploré,  bref jamais la première dans le coeur d' aucun être humain depuis ma triste naissance. Et la seule racine que j' étais parvenue à planter s 'était arrachée pour retourner vivre dans une famille normale. En me traînant dans la boue pour justifier sa décision, confortée par les deux smalas.
 
C' est pour toutes ces raisons que je n' ai pas répondu au courrier d' Alexis et que quelques mois plus tard je n' ai pas répondu non plus à l' invitation de Nathan qui proposait de m' emmener en Australie avec lui.
 
Mon misérable appartement ayant été mis en vente, et bien que ne faisant aucun cas de la propriété, je me suis amarée au 28 rue de Lévis en prenant un crédit sur 25 ans qui me fut accordé dans des conditions rocambolesques car je n' avais pas un sou vaillant et j' étais au chômage, il me fallut truquer au tippex le dossier du Crédit Foncier avec l' aide d' un couple d' amis que je venais d' aider en dépit de ma propre misère. Sans eux j' aurais été incapable de me battre administrativement avec le Crédit Foncier. Me restait plus après avoir obtenu le prêt, qu' à faire  la Dame de Compagnie, en plus de quelques ménages et garde de jeunes adolescents dans le quartier, chez une famille des plus bourgeoises et une vieille Comtesse acariâtre, 3 années durant !
 
Bien sûr qu' à cette heure précise où j' écris ces lignes je me rends compte que j' ai zappé  un trop grand nombres d' années sur ces choses essentielles qui font la vie sentimentale d' une femme. Mais j' ai vécu sur des courts laps de temps ce que bien des femmes ne connaîtront jamais tout au long de leur vie amoureuse. J' ai été capable d' amplifier ces moments et dans nourrir ma vie " d' anachorète " grâce à ces hommes que j' ai rencontré et que j' ai aimé, y compris ceux qui le furent d' amour platonique. Tous m' ont tirés par le haut et non essentiellement par le bas comme ce fut le cas pour bon nombre de mes copines qui se vantaient de s' être fait des tas de mecs, se croyant bêtement irrésistibles les nanas. Alors qu' un homme dès qu' il s' agit de s' envoyer en l' air avec une fille, peu lui importe, il prend tout ce qui l' aguiche de ce qui est à sa portée.  ( Perso, jamais de toute mon existence, je n' ai été capable d' être dans le calcul de qui ou quoi que ce soit ! )
 
Amour platonique ou pas il y eut Christopher, Noureddine, Gérard,  Alexis, Nathan, Gerhard, et Ralph, ces hommes ont vraiment comptés pour moi ! Tous avaient un point commun : c' était des hommes calmes, réservés, et certains d' entre eux des animaux à sang froid ! Très intellos pour la plupart. Ce qu' ils ont le plus aimé en moi c' est mon comportement envers eux  dénué de tout jeu de séduction coutumier aux femmes en général, et j' étais de nature totalement désintéressée...
 
En fait élevée dans un monde particulier, je ne puisais mon esprit libre dans aucune source, aucune référence, aucun modèle. Et les hommes je les ai toujours regardé en tant qu' être humain avant tout, pas dans leur condition de mâle ! Et je viens de m' en rendre à quel point cela était vrai pas plus tard qu' hier en me rendant chez un pharmacien de mon quartier ( le mien étant en vacances ). En plein dans mes écrits, la tête un chouillat cérébralement chamboulée je me suis retrouvée face à un homme, un vrai ! Et non à un être humain. Un Monsieur très cool, très classe, d' un âge certain ! Et là j' ai perdu mes moyens ! Plus rien d' autre qu' une femme face à un homme resté séduisant. Comme quoi tout se tient bien là haut dans la tête...Je l' ai trouvé d' un coup si à mon goût cet homme. Alors que je le connaîs de vue depuis 40 ans !
 
Mais bon ! Faut que j' arrête de coucher sur le papier mes histoires d' amour, ça me donne, vu mon grand âge, de " mauvaises " idées.
 
Et puis mon Révérent m' attend dans le Pays d' à côté !!!
J' ai répondu en partie tout le long de ces 5 pages, l' année 1985 ayant été une année qui a déterminé tout le reste de ma vie.
 
Il y eût en effet un avant et un après 85,
 
ce jour où le 23 juillet 1985 m' a vie s' est brisée en deux !
 
Plus jamais je ne fus capable d' être la même et encore moins capable d' être tentée de recoller les morceaux tant ces gens, à commencer par la famille,  celle de mon mari et la mienne , m' avaient fait de mal par ignorance et stupidité  mais aussi par jalousie ( ce dont je me suis rendue compte un demi siècle plus tard n' étant pas sujette à cette maladie féminine qu' est la Jalousie qui m' est totalement étrangère ).
 
Pour eux et ELLES il s' agissait de me détruire ! J' étais trop informelle, différente d' elles toutes ces bonnes femmes,  car ce sont surtout les Femmes qui se sont acharnées sur moi. Comme ma mère l' avait fait quand j' étais enfant et par la suite ma propre gamine. En tout, à leurs yeux partisans , j' étais responsable et coupable ! De TOUT vis à vis d' EUX TOUS.
 
Pas pour autant que je fus une victime ! J' ai choisi de couper les Ponts, trop de saletés charriées par le courant,ma seule erreur fut de répondre à une invitation, de faire une fois de plus, une fois de trop confiance CONFIANCE ! Mais en y réfléchissant bien ce fut une erreur qui m' ouvrit quelques portes, alors que j' étais murée en ma thébaïde....Qui, depuis, toujours existe car je ne veux qu' elle pour me protéger !
La première étant :
 
Pourquoi éprouver le besoin de venir reparler de cette histoire, entremélée à  trois autres, qui se sont passées cette année 1985 mais qui concerne Alexis en particulier ?
 
Pourquoi Richard a-t-il agi envers-moi comme il l' a fait ?
 
Pourquoi ne suis-je pas allée porter plainte ?
 
Pourquoi ai-je éprouvé le besoin de venir raconter par le menu détail un acte encore tabou à l' époque ?
 
Alexis m' a-t-il manipulée ?
 
Pourquoi n' ai-je pas accepter l' offre sentimentale qu' Alexis m' avait faite alors que j' étais dans une situation difficile, tant sur le plan moral que social et financier ?
 
Pourquoi je ne lui ai pas retourné la bague ?
Toute la planète sait aujourd 'hui ce qu' est le syndrome de Stockholm ! C' est ce qui m' est arrivé. Pareil à ce que j' avais véu enfant à Préfailles prisonnière de Ker Surprise. Quand le Baron était là,  la Baronne mesurait ses coups et j' avais à manger. Une fois l' homme reparti sur les mers ou en sanatorium, les coups repleuvaient de plus belle et je devais retourner dans mon cellier avec mon petit chat. Lors de ses retours je le voyais comme un sauveur Monsieur Hugues !
 
Dans mes rapports avec Alexis, il y a beaucoup de cela ! Il était moins brutal que les autres, il cherchait à me ménager. Pour finir par m' accueillir chez lui ! Et me permettre de récupérer.
 
Bien sûr il a continué à profiter de la situation pour son compte personnel. Mais au point où j' en étais j' étais prête à faire ce qu' il me demandait même si cela me répugnait. Car c' était encore le tabou des tabous sexuels à l' époque. Je pense que le fait de m' avoir fait jouir pour la première fois de ma vie cela l' a aidé à me faire accomplir la suite. Et je ne regrette rien de ce qui s' est passé chez lui, entre nous. C' est dans ses bras qu' à 37 ans je suis devenue une femme.
 
Je pense qu' il a été sincère quand il a dit et écrit qu' il m' aimait. Malgré sa retenue et parfois sa grande froideur, son regard, ses yeux ne m' ont pas menti. Jamais menti.
 
Quant à moi je l' ai aimé aussi mais a persisté longtemps en moi un décalage entre l' Amour et le sexe. Nous n' étions pas sur le même tempo. Lui il les mettait à égalité, pas moi ! Ce que j' ai fait avec lui en lui offrant cette virginité je l' ai fait pour lui. Et cela m' a coûté. Mais je ne regrette pas. J' avoue avoir éprouvé à nouveau du plaisir  en venant détailler par écrit ces moments dont l' un d' eux me fut pourtant si pénible.
 
Pour répondre au fait qu' il m' ait manipulé, pas de doute. En ce sens qu' il a tout fait pour que je finisse par tomber à ses pieds en femme totalement soumise le dernier jour ( alors que ma nature et mes relations avec les hommes  me poussent  à les dominer dans l' amour physique ). Très intelligent et extrèmement cultivé il s' est beaucoup servi de l' Histoire ( avec grand et petit a ), d' expressions culturelles, de musique,   pour me faire avancer et  parvenir là où il le souhaitait , " à petits pas.... " comme il disait.
Sans me brusquer. Il ne pouvait que me séduire en s' y prenant ainsi.
 
Nathan avait bien compris que cette histoire avec Alexis m' avait beaucoup plus marquée que ce que je  lui laissais entendre. Jaloux un peu  sans aucun doute mais c' est grâce à Alexis que 17 ans plus tard il put exiger de moi tout ce dont il avait envie.Il ressemblait d' ailleurs beaucoup à Alexis et pas seulement physiquement. Un obsédé du sexe lui aussi mais pas dans la continuité. Il pouvait s' en passer, en rien accro, du genre volcan d' Auvergne, à mon image ! Aussi froid mais beaucoup plus abrupt ...Quand il s' agissait de s' y mettre il y allait franco. Et moi de même !
Richard m' avait appelé ce jour du 17 aoùt où  j' avais décidé d' en finir avec la vie en compagnie de mon chien César. Et comme je ne répondais pas au téléphone, il m' avait laissé un gentil message sur le répondeur " je t' envoie un ticket de train, tu peux venir avec tes animaux ..."
 
Madame Pillon, ma vieille voisine de 90 ans qui me maintenait à bout de bras, n 'arrivait pas à me raisonner, avait ajouté " l' air de la montagne vous fera le plus grand bien ..."
 
Alors je pris le train comme un zombi
 
J' ignore ce qui lui était passé par la tête entre temps à ce Richard, je me pose encore la question à ce jour. Que pouvais-je faire contre lui et tous ces hommes ? Même pas m' enfuir, il avait tout bloqué, tout avait été calculé avant que j' arrive ! Personne à contacter pour me tirer d' affaires. Avec 100 frs en poche. Ma plus grande préoccupation c' était César. Il venait de me sauver la vie ce jour de 15 août en amenant au pied de mon lit ses petits jouets alors que je m' apprêtais à le tuer, et moi après lui, à coups de révolver. Une balle dans chaque tête et s' en était fini de nous deux.
 
Je ne gérais plus rien ! Ictus cérébraux en plus de l' anorexie, des nuits sans sommeil, je venais de perdre 20 kilos en trois semaines....J' étais épuisée !
 
Comment comprendre ce que ces hommes, bien sous tous rapports y compris dans leur milieu professionnel, m' ont fait. Ils ignoraient sans doute  le drame que j' étais entrain de vivre ....Mais lui, Richard savait ce qui m' avait amené chez lui.
 
Comment aurais-je pu aller porter plainte ? Dans l' état physique et mental où j' étais. Tous étaient de la région...Les flics ne m' auraient pas prise au sérieux. Dans ma tête je m' étais laissée faire pour éviter qu' ils me blessent, qu' ils m' abîment trop. Je voulais bien mourir mais pas souffrir, pas être mise en lambeaux. Et je culpabilisais à mort  de les avoir laissé faire après  les trois premiers jours horribles passés à hurler et à me débattre. J' ai fini par renoncer et les laisser faire.  Coupable et responsable de tout comme disaient les gens qui m' avaient été le plus proches.
Trente-trois ans plus tard ....
 
quelques questions encore