Sur le Journal LE MONDE le 3 novembre 1947 
 
" Ciel gris, pommelé plutôt..., un petit brouillard sans acidité, qui a rendu à l'aube son âme blanche de fantôme..., pavé gras, que l'air tiède sèche progressivement..., c'était presque un temps de Toussaint.
 
C'était la Toussaint, tout de même.
 
La foule parisienne, levée tôt, a pris de bonne heure le chemin des églises, des cimetières, laissant après elle de bonnes odeurs de plantes vertes, de fleurs coupées et de terreau.
 
Ces cadeaux fleuris, que les vivants ont pris l'habitude de faire aux morts, à l'occasion du 1er novembre, ils sont devenus de nos jours un luxe fort coûteux. Il faut presque " casser en deux le billet de mille " pour avoir le droit d'emporter, du magasin de la fleuriste, un modeste pot de deux ou trois chrysanthèmes seulement. Beaucoup, il est vrai, assujettis aux dures nécessités de leur bourse, se contentèrent de présents plus modestes encore. Tout cela n'empêche pas les morts de recevoir beaucoup de fleurs.
 
Au Père-Lachaise, nécropole de la gloire, où poètes et comédiens illustres voisinent définitivement avec les capitaines célèbres, parents, amis, admirateurs, simples curieux, piétinèrent toute la journée par les allées toutes crissantes de gravier et de feuilles mortes, épelant parfois à haute voix un nom recueilli par la postérité.
 
Voici le saule, archi-classique, romantique de Musset... Ici, c'est Talma, et là Segond-Weber... La Fontaine... Molière... Chopin... la gloire... des fleurs... L'oubli, parfois, qui laisse les pierres nues...
 
Au cimetière Montmartre, une main, - une petite-main, sans doute, - a déposé quelques violettes sur la stèle de Murger, en souvenir de Musette, de Mimi, des dernières grisettes...
 
L'affluence n'a pas été moins grande dans les autres nécropoles : Montparnasse, Passy, Belleville, ainsi que dans les cimetières de banlieue.
 
Dès hier plusieurs cérémonies avaient marqué la célébration de cette fête traditionnelle. M Henri Vergnolle, président du Conseil municipal, a présidé celle qui eut lieu à l'Hôtel de Ville à la mémoire des fonctionnaires morts pour la France au cours des deux guerres. Les bureaux de l'Assemblée nationale et du Conseil de la République ont déposé des couronnes au cimetière Montparnasse et au Père-Lachaise sur les tombes des victimes du devoir et des conseillers fusillés sous l'occupation.
 
CONTENUS SPONSORISÉS PAROUTBRAIN
La suite est réservée aux abonnés.
Déjà
Clic sur le Scorpion
Je suis née le 2 novembre à 6 h 45 du matin  mais ma Grand' Mère trouvant que venir au monde le Jour des Morts  n' augurait rien de bien joyeux dans le futur de ma vie ;  et de surcroît un dimanche jour de repos,  cela risquait de faire de moi une personne rétive à l' ouvrage, bref une paresseuse en quelque sorte ! 
 
Elle alla donc me déclarer le lendemain un lundi 3 novembre  afin de me donner la chance, d' après elle, de  commencer plus positivement ma vie !
 

Et  c' est mon
 
N' Anniversaire étant née le jour
 
des .....Morts