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COPYRIGTH@2013
 
Haloween 2008 et.... 2013
Paris 5 Novembre 2013
J' ai écrit ce texte l' avant-veille de mon anniversaire lors de la fête d' Haloween en 2008, j' en voulais beaucoup à mes " amis " de l' époque ainsi qu' à ces cousins qui me restaient comme seule famille. Ce texte n' est pas retouché en dehors d' une simple ligne, car depuis je me suis retrouvée quelques Amis et amis dignes  de ce nom - clin d' oeil à eux car grâce à vous, qui vous reconnaîtrez en passant,  mon amertume s' est un peu dissipée.
 
J' étais déja  à l' époque, fin 2008,  sur le point de quitter définitivement la France pour partir retrouver John, mon frère ainé, près de Vancouver en Colombie Britannique,
décédé " accidentellement " peu après.
Ce qui fait que j' ai dû rester à quai quelques temps de plus ici.
 
Si mon moral a connu des hauts et des bas depuis, la situation française s' est davantage aggravée que la mienne et l' ambiance, surtout à Paris, y est carrément devenue irrespirable et je ne suis plus en état de la supporter bien que jusqu' à présent pour raison de santé je vivais tant bien que mal un pied dans chaque pays.
 
Je remercie les Gens de Bergen en Norvège et en particulier mon Compagnon Ralph de m' offrir cette possibilité qui va me permettre de finir mes jours en toute sérénité !
En ce Temps simplement magistral qui vaille qu' on s' en préoccupe vraiment
 
Tant et TEMPS !
Temps latent, temps fuyant
Pays pourtant si beau ! Jadis si grand !
Partir à temps
Partir pendant qu' il en est encore temps
En temps et en lieu utile et apaisant
O Temps reprend ton vol  !
 
Désolée pour vous tous, j 'avais tant à vous donner ou à partager : bien plus que cette humeur primesautière parfois cassée, excusez-moi, mais si souvent  joyeuse et dont je me départissais si rarement. Alors,pourquoi ,au-delà de ce penchant naturel dont il m'est arrivé  parfois de vous " accabler " , Bien trop de ceux que je croyais être de mes Amis ont fait si peu de cas de tout ce que je tenais à partager avec eux et, je tiens à le préciser,
 
ce qui me tenait le plus à coeur.
 
..A cause du manque de temps, c'est çà ?
A moi qui n'  ai jamais refusé ni invitation, ni une seule seconde de ce précieux temps ! 
 
Rassurez-vous, à présent le voici passé ce temps. Pour vous comme pour moi.
Et donc effacés désormais l 'attente, les regrets, l' Amertume.
 
Deux valises pas mal cabossées, juste sous les yeux, mais aucune autre à emporter en dehors de mes cartons de livres
 
et HOP !
 

Chauve-qui-peut la Vie ....
                        
Mais qu' importe pour eux, il leur suffit de penser qu'ils en sont cruellement en manque et que, dès lors,  ce n'est pas le plus important d' aller le perdre, ou mieux le partager, avec les autres, en dehors de sa simple personne entourée de ses plus proches. Le reste du monde peut bien continuer à attendre.Je m'apprête donc, simple humaine parmi des milliards d'autres sur cette terre, à fêter  ici en France pour la unième mais surtout pour la dernière fois mon anniversaire qui tombera à pic cette fois-çi :
 
                            la veille du premier jour du reste de ma vie.
 
J' ai décoré pour cette occasion mes fenêtres parisiennes à la mode anglo-saxone. Pourquoi? Parceque je suis née le jour de la Fête des Morts, et de surcroît sous un ciel bas et gris, celui  ( infréquentable de nos jours il paraît ) du Nord de la France chanté, pour ne pas dire glorifié  par Jacques Brel qui en connaissait ,lui, un rayon côté poésie et authentiques valeurs humaines ...Mais au rendez-vous des enterrés joyeux, mais malgré tout bien vivants, j'ai toujours préféré me la jouer façon haloween, un chouïa plus colorée. Sachant inconsciemment, depuis le si sombre jour de ma naissance, que j' étais née ici chez vous par erreur au coeur d' une famille qui ne me fut jamais réellement apparentée, mes vraies racines étant ailleurs, depuis peu avérées...Alors autant partir vers ce Pays, mon vrai Pays pendant que  j'en ai encore le temps : 
 

Temps que je m'efforcerai de mesurer jusqu'au bout davantage en son intensité qu'en son inutile ou improbable longueur
que de temps inutilement perdu qui ne se ratrappera jamais. Temps impitoyable dans sa régularité, abstrait et si présent. Incontournable. Alors à présent que je sais, autant m'en faire à la vie à la mort désormais un allié plutôt que cet ennemi sournois parcequ'invincible. Qu'il soit jeu de maux, de play dans la blessure, de joie dans la démesure, ce qui me sied, me va comme un gant...ce gant, ces gants recouvrant mes ongles désespérément rongés...non par le temps mais par l'attente : la vôtre ! Attente parfois accablante, souvent douloureuse, toujours inutile, de vous mes compatriotes. Que je ne peux plus accepter, lasse, découragée, sans plus aucune illusion.
 


Je vous laisse à présent derrière moi ainsi que tous ces Autres gens uniquement préoccupés non par                    
                                         Le TEMPS majuscule
 

qui passe et qui nous reste à vivre mais par celui qui, en bons Gaulois qu'ils sont,  risque de leur tomber quotidiennement sur la tête : soit les rayons exigés de ce roi-soleil vénéré par eux à l' année. L' une de leurs grandes préoccupations étant leur aversion aussi farouche qu' insensée pour la pluie. Discours définitif, redondant et péremptoire divisé en deux de manière primitive et grossière. Car qu'on se le dise : soit le temps en France il est beau soit il est mauvais  ! Pas d'autre alternative
Ce temps qu'on nous assène sans plus de nuance de jour en jour via les bulletins météo  aussitôt relayés par les voisins, collègues, passants et autres esprits simplistes qui s'empressent à leur tour de nous assommer  et cela  avec une régularité consternante dès que nous autres, qui n'en avons strictement rien à foutre, mettons un pied dehors. Les  problèmes, les sérieux, les dignes de ce nom, étant ailleurs, pas vrai ?!
Alors que par les temps qui courent, certains TEMPS ne sont réellement durs, et même très durs, que pour certaines  catégories de la population. Aussi que les plus protégés, qui ne sont pas toujours ceux que la vindicte populiste met à tout propos au pilori, arrêtent illico de se mentir et prennent plutôt le temps de s'attarder sur les moins nantis qu' eux : les vrais, les authentiquement nécessiteux, les déshérités et autres laissés pour compte : leurs propres voisins d' immeuble, de rue ou de quartier. Dont un temps, sous leurs yeux obstinément aveugles,  moi aussi j'ai fait, pour mon malheur, partie....
 

                                         .... Trop Long temps !
 

Sans le voir pour autant passer ce temps. Sans le tuer. Sans le perdre non plus, même pas de vue. En cherchant plutôt à l'apprivoiser. En temps, en heure et en lieu. En temps utile, nécessaire à ma simple survie. Histoire d'en dilater la durée afin qu'il m'échappe moins vite. Cherchant, désespérée, à en amplifier au passage, quelques rares fulgurances quand l'occasion m' était donnée. Mais pour ces indicibles joyaux que de vaines, douloureuses et inutiles attentes.
                                 
 
pour tenter de retrouver ailleurs ce qui, en France, m' a tant manqué. Et vivre au milieu d' autre chose que dans cet état d'esprit hexagonal propre à ce pays, aux  individualismes obstinés quotidiennement alimentés par des décisions politiques aberrantes et autres discours  cyniques et arrogants à propos de tout et de rien colportés par les lobbies et autres idéologies de la bien-pensance, qui justifient le mal-être, la perpétuelle mauvaise humeur des gens de ce PAYS  dressés les uns contre les autres depuis peu.
                      
 
Puisqu'il est grand temps pour moi de rebondir après avoir essayé jusqu' à ce jour de garder le contact avec la France, disons plus justement avec les Français et, en particulier, avec ces rares personnes retrouvées il y a peu dont quelques cousins qui me restaient pour seule famille.
O temps, reprends au plus vite ton envol, en deux temps, trois mouvements, puisque cette fois-çi pour de bon et pour très loin je m'en vais. Mon capital enthousiasme s'étant pas mal épuisé ici même en ma terre de naissance, d'année en année, je ne peux plus me permettre de laisser pourrir, en ce terroir qui me fut si hostile, le peu qui en reste. Ce peu susceptible de me servir encore si le besoin s'en fait impérieusement sentir là où ma vie part s' achever. Car l' Espoir ( hélas ou heureusement l' avenir le dira ) reste toujours en mon coeur chevillé, porté en cela par mon indestructible foi en l'humanité.