A propos de violence conjugale !
J' ai connu ! Autour de moi, quatre à cinq cas.
Jamais je n' ai eu personnellement à en soufrir mais, à titre de témoin, j' ai ma petite idée là-dessus à cause du regard porté en tant qu' enfant et adolescente, puis une fois devenue adulte. J' avoue ne pas être des plus objectives, la raison pour laquelle je me sens de nos jours aucunement solidaire et à l' opposé de l' esprit outrancier des féministes actuelles.
Tout n' est d' ailleurs qu' outrance dans ces regrettables conflits, j' explique :
Je me souviens de cet appel au secours lancé du troisième étage d' une HLM dans ma petite ville de province, par la lumière du plafonnier d' un appartement qui s' allumait qui s' éteignait, encore et encore et encore, au rythme d' une main de femme qui actionnait désespérément un interrupteur électrique en hurlant de crainte et de douleur. L' été, les fenêtres ouvertes, on pouvait même entendre les coups portés par son époux quand nous montions ma Grand' mère et moi la côte du Fort pour rendre visite à mon concle le soir après le dîner qui demeurait en son chateau branlant sur les hauteurs de la ville de Guise.
Ses cris étaient parfois effrayants, glaçants, mais les voisins se gardaient bien d' intervenir de peur de prendre eux aussi des coups compte tenu de la dangerosité connue de cette brute épaisse qui cognait à peu près sur tout. Ainsi ma Grand' mère, qui elle même avait dû connaître de sérieux PB conjugaux en son temps, m' incitait à presser le pas tant les SOS de cette femme en péril me terrorisaient.
Jamais je n' ai su le nom de cette pauvre dame mais le lendemain, quand elle descendait la côte du fort pour aller faire ses courses, son visage parlait pour elle, elle était défigurée par les bleus. Elle avait 4 ou 5 enfants, son mari buvait et plus encore les jours où il rapportait sa quinzaine. C' était toujours et encore Zola au tout début des années 60. Elle n' était pas le seule du patelin à se ramasser, hélas, de terribles coups par ces rustres avinés inommables.
Quelques temps plus tard j' ai connu trois autres cas, dont un dans ma propre entourage, les marins bretons au long cours n' avaient rien à envier à certains ouvriers de l' Usine Godin . Trois cas dans le style Trintignant-Cantat : des gens qui s' adoraient pour mieux se foutre sur la gueule ! Et se réconcilier le lendemain venu, où la nuit même, sur l' oreiller. Très bruyamment pour que les voisins en profitent ! Faire voir qu' ils s' aimaient passionnément. Enfin je ne sais plus, c' était troublant. Et toujours très violent. Ces cris, ces coups, leurs gamins crevant de peur, le chien qui aboie désepéremment ...La vaisselle et les meubles cassés....et même une fois l' animal jeté par la fenêtre. Pauvre bête, pauvres gens !
Je me suis jurée que jamais un homme ne lèverait la main sur moi. Je n' ai même pas eu à le craindre une seule fois.
Devenue adulte j' ai entendu plus d' une fois mes copines de boulot me narrer par le détail leurs mésaventures conjugales avec coups et blessures copieusement reçues. Droit aussi à leurs réconciliations conclues par des ébats fougueux. Jusqu' à l' écoeurement ! Le mien !!! Donc jamais je n' ai été capable de m' apitoyer sur le sort de ces nanas modernes, qui se disaient émancipées, qui avaient le culot de me dire " ah mais ce n' est si facile de tout plaquer ". En fait ce que je ne pouvais comprendre c' est ce besoin de s' envoyer en l' air avec un homme qui les frappait ! La société ayant considérablement évoluée au tout début des années 70, les femmes qui travaillaient avaient la possibilité de prendre leurs cliques et leurs claques avec leurs gamins sous le bras et même de se faire aider par des services sociaux pour les plus démunies financièrement.
Je suis dure je sais, je sais ! En souvenir de cette malheureuse de la côte du fort qui, épuisée, a fini par renoncer à se prendre des coups en se donnant elle-même la mort laissant ses six gamins derrière elle, traumatisés à vie . Celle là oui je la plains de tout mon coeur et suis encore triste, la gorge serrée, en passant à ce qu' elle a dû endurer parcequ' elle n' avait pas le choix, et que personne de son entourage proche n' avait pu la secourir.
Pas les autres qui se sont volontairement mises en danger par amour, pas de pitié !Aucune pitié pour ces autres !!! Jamais je n' y parviendrai !
Y compris pour Marie Trintignant