Je me donne ainsi volontiers chaque jour à l'équivoque tremblement des mots dans l'âpreté et le dépouillement de leurs limites, affrontant tant bien que mal ce qui reste : la survie de la parole écrite en état de sincérité et d'abandon absolus.
Oui, je l'avoue. Et cela sans inutiles crainte et pudeur. Et bien que je doute parfois de la nécessité d'un tel geste, impérieux, spontané, jamais je ne redoute son devenir quant à la lecture qui en sera faite par une autre sensibilité que la mienne.
Ecrire est un acte unique et solitaire, délibéré. Une autoconfrontation à son propre miroir peut-être, mais qu'il faut assumer jusqu'au bout avec générosité et confiance envers l'Autre, sinon ce serait se renier soi-même.
N'y a-t-il pas de plus grand plaisir alors que de décacheter une enveloppe ? Ou bien encore entendre l'étrangeté de cette voix m' annonçant qu'un message du bout du monde m'attend dans ma boîte mail . Il est si commode pour tant de gens lambda des alentours d'ignorer en évitant, en contournant, en refusant le dialogue, bref ! En n'y répondant jamais.
Oui John, je ne suis pas dupe, il est tellement plus simple pour eux de passer devant moi sans s'attarder.
Mais que m'importe puisque je sais !
L'Ecriture étant un territoire difficile, exigeant, tourmenté où il n'est pas toujours aisé de s'avancer garde baissée à visage découvert. Histoire de s'impliquer et de s'aventurer ENSEMBLE, au-delà, très au-delà de nos appréhensions, de nos insuffisances et de nos pesanteurs réciproques.
Voilà pourquoi la Valeur de tes Ecrits John ainsi que ceux de Ralph sans oublier tous ces Messages, que de par ce Monde on m'envoie,me les rend ô combien uniques et précieux !
Et m'aident à continuer....