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MERCI à mon ami, dit François de Guise et à son épouse , qui m' ont  filé un sérieux coup de main pour le comptage des Ponts !
Bien que la ville ne repose pas sur une lagune mais plus prosaïquement sur le plancher des vaches, elle pourrait à son niveau,  et dans sa très grande modestie bien sûr,  rivaliser avec la célébrissime Venise et pas seulement au niveau de la rime. La majeure partie de Guise étant construite sur de nombreux îlots enserrés par l' Oise d' où ce nom de " Gué sur l' Ize " venu du latin Izarra  = rivière !
 
Enfin dans mon patelin c' est ce qu' il se dit  à propos de cette élémentaire interprétation.
 
En effet, la petite ville ne compte pas moins de 9 ponts sans inclure bon nombre de passerelles mais aussi 2 ponts-vannage pour une superficie de 1613 hectares !!! La ville, dans un passé proche, était d' ailleurs régulièrement et copieusement  inondée pour la plus grande joie de nous autres gamins qui devions rester à la maison, les trois écoles étant sous l' eau des jours et des jours durant.
 
Un Guide du château m' apprit récemment que compte tenu des atouts géographiques naturels  de l' endroit : vastes pâturages en bordure d' eau - pratique pour le garde-manger ( bétail ) et le moyen de transport de la soldatesque ( chevaux ) - cette partie de la vallée de l' Oise, dominée par un éperon rocheux, était le lieu stratégiquement idéal pour venir y  bâtir une forteresse destinée à surveiller le coin, passage obligé des grandes invasions barbares, et Teutones en particulier. Ce qui fut fait ! Et ce qui explique la destination du village gaulois  voué dès son origine aux nombreux combats qui se déroulèrent  un bon millier d' années au pied de son fameux donjon.
 
Jamais je n' avais fait le lien avec cette évidence qui saute pourtant à tout esprit logique, pratique, bref cartésien. Par contre je me souviens d' un manque diffus que je ne parvenais pas à interpréter   lorsqu' au cours de mon installation entre Etampes, Chartres et Orléans  je souffris durant tout le temps que dura mon mariage avec un Beauceron, né lui au milieu des Champs de blé, parceque je me retrouvais dans l' impossibilité de combler ce vide, à l' époque non identifiable..
 
Ainsi je mis plus de 5 ans à comprendre : l' eau me manquait !
 
L' EAU, son bruit, ses ruissellements, sa rivière, ses ponts.. L' EAU à fleur de rive, à fleur de peau...Tous ces éléments naturels et pérennes qui m' avaient entourée, accompagnant mes états d' âme naissants au cours de mon enfance. EAU qui avait plus d' une fois apaisé mes angoisses d' élève notoirement indisciplinée quand je longeais cette rivière pour me rendre à l' Insitution Jeanne d' Arc. Ou bien quand je sortais du cinéma l' Eldorado en cheminant rêveuse à ses côtés afin de prolonger le plus longtemps possible dans ma tête le film que je venais de voir...L' Eau bienfaitrice, salvatrice,  qui a tant porté mon imagination en nourissant tous mes possibles.
 
L' EAU dans les champs de la Beauce, elle, n' existait pas ! Ou si peu, ou si éloignée. Et j' en ai souffert, souffert....Au point que depuis je ne saurai vivre ailleurs qu' en bordure d' une rivière, d' un fleuve, d' une mer, d' un océan...
Jardin du Haut, Familistère
Ancien moulin,  rue Camille Desmoulins
L' Oise enlaçant le Familistère Cambrai
Ecoliers près de la place Lesur
Concours de natation sur l' Oise en 1906
L' Oise au pied de l' église St-Médard
 
Sur la droite de la photo ci-dessus la maison à 3 étages de Madame Alix Leclercq. Elle aimait nous raconter que lors des innondations en mars 1954,   réveillée par le tocsin en pleine nuit, elle avait vu passer  sous son nez ses canards au niveau du.... 1er étage !
 
Suite à la rupture d'une digue en amont, la quasi totalité de la ville se retrouva sous 2 mètres d' eau en à peine deux heures. Et les habitants durent être ravitaillés en barque plusieurs jours par les pompiers et autres Ames de bonne volonté mais aussi par l' armée américaine basée à Couvron-Laon.
 
Les seules victimes  de ces innondations mémorables furent les vaches, une cinquantaine, qui parquées dans les prés alentour ne savaient pas nager.
 

Je me souviens aussi des arbres fruitiers de la vallée, dont, du haut de la forteresse, nous n' apercevions plus que les  têtes  à l' infini...
Guise au fil de l ' eau ...
                                                                             .... et des siècles