J' eus très vite la hâte de savoir lire devenant au fil des années une lectrice compulsive.
Je lis pratiquement tout ce qui peut me tomber sous la main, histoire de comprendre le monde, et moi-même surtout, grâce au pouvoir d' évasion mais avant tout de réflexion que nous procure et nous permet, à notre rythme, la lecture.
En état de manque je pense être capable de lire le pire comme, par exemple, la presse de caniveau chez mon dentiste ou encore un annuaire téléphonique hors d' usage c' est dire mon degré d' intoxication.
Mais plus qu' un livre c' est le souvenir ou l' empreinte d' un livre qui compte et qui m' habite. Même si pour cela j' ai failli périr étouffée physiquement par eux une nuit de cauchemars au beau milieu de mon royaume en péril peuplé de mes
1001 livres.
Sur 45 m2 il m' était devenu difficile de leur échapper ! Envahir mon appartement étant devenu le but de leur propre survie, liée à la mienne, sachant le culte que je leur portais. Puisque m' en séparer - au mieux les donner, au pire les détruire - m' était devenu impossible.
J' ai dû, autant pour eux que pour moi, prendre le chemin de l'exil car c' eut été un sacrilège à mes yeux que de me départir d' une oeuvre écrite, y compris d' un quelconque ouvrage technique dans le domaine du Droit ou de l' informatique qui professionnellement au cours de ces dernières années m' ont formée.
Tous, sans exception, font donc partie de ma galaxie.
Alors sur mon petit bateau un jour, un a un, je les ai embarqué. Peu de gens alors ont compris mon attachement insensé à mes " bouquins " bien aimés. Mais il était devenu nutile de leur faire admettre que mes encombrants compagnons n' étaient que les simples, fidèles, solidaires mais si généreuses sentinelles de mes fragments de vie.
En tout point il m' étaient vital, sans eux je me dissolvais dans le vide.
Et puis le temps était venu pour moi d' écrire mon premier chapitre...