" Un tableau ne vit que par celui ou celle qui le regarde "
La phrase est de Picasso mais n' y a-t-il pas plusieurs façons de regarder un tableau autrement que tous ces gens fréquentant les galeries d' art de la Rive Gauche du style germanopratin qui se gaussent en se la jouant amateurs éclairés devant les oeuvres !
A ces germanocrétins aux propos entendus, savants et maniérés, je préfère de loin la faune déambulant sous les cimaises des musées ou des expos grand public où il m' est permis de partager non mon savoir mais avant tout mes émotions avec le premier quidam scotché devant un tableau, tous deux nous retrouvant en totale osmose avec le chef-d' oeuvre rencontré. Inconnus l' un pour l' autre mais ô combien Fascinés et réunis pour AIMER ce que l' on a sous les yeux.
C 'est ainsi que je conçois mon parcours, sans me sentir la plus inculte des béotiennes, parcours démarré au plus près du matin, au beau milieu des oeuvres d' art et de rares visiteurs lambda déambulant dans ces galeries encore désertes. Il me suffit juste d' aimer ce que je vois, la peinture étant, en dehors de la musique, la seule chose que je parviens à vivre au premier degré. Non d' emblée avec ma tête mais avant tout avec le coeur. Ce qui a un sens pour moi ? l' emprise du sens dans tout art digne de ce nom ! Bonheur spontané de ne pas devoir chercher à analyser la technique du Peintre par exemple... Privilégiant la beauté et la symbolique de l' oeuvre grâce à la perception que j' en ai , ce que je vois me rendant dans l' instant heureuse ou parfois affligée quand le tableau dépeint trop bien certaines inhumanités, grandioses sur la toile mais en réalité peu glorieuses. Je ne pense jamais à ce que doit être techniquement un tableau ou à ce que beaucoup trop de gens voudraient qu' il soit, la Peinture comme la Musique transportant mon imaginaire là où cela lui convient, rejoignant le plus souvent le monde de l' artiste qui a peint.
Face à un tableau à fleur de toile n' être modestement qu' une admiratrice à fleur de peau.
Il fut un temps ou la Peinture ou plutôt l' aquarelle ne fut pour moi qu' un moyen d' oublier le cauchemard de ma vie, penchée, telle une enfant appliquée sur le papier Canson avec mes pinceaux, toute larme quelques heures durant étant suspendue afin de ne pas noyer mes lavis. N' était-il pas impératif de ne pas souiller mon ouvrage en évitant tâche ou raté. Encore à cette heure j' ai une reconnaissance émue vis à vis de l' aquarelle qui m' a permis de franchir ces jours douloureux en me vidant la tête au cours de ses terribles années 90. Je ne pensais plus dans ces moments là qu' à bien faire, du mieux de mon possible, pour éprouver de la satisfaction une fois ma modeste aquarelle terminée.
Juste encore un mot pour dire le peu d' intérêt que j' éprouve pour les oeuvres abstraites : les ronds idiots, les lignes asymptomatiques, les carrés biscornus ne me parlent pas. Et puis que vaut donc ce genre de Peinture lorsqu' elle devient objet de spéculation ou toile de fond dans le living ou le bureau des cadres de professions libérales. Que d' horreurs suspendues n' ai-je vu dans le bureau de certains de mes avocats !
La Peinture moderne étant devenue une bourse de valeurs où l' on joue sur tous les...Tableaux ! Même les plus nuls !!!
Et puis, et puis...
...que penser des plus grandes Oeuvres vendues à des prix fous alors que les artistes qui les ont commises sont morts pour certains dans la misère. J' ai beaucoup de mal avec cette idée là. Investir brillament sur une valeur exécutée trop souvent dans la douleur et la désespérance d' une vie. Je pense toujours en priorité à l' artiste modeste ou maudit qui a pu illuminer et donner du sens à sa vie avec de simples pinceaux bien sûr mais je n' ai aucune considération pour le buisness des marchands d' art triomphant et autres commissaires-priseurs imbus de leur savoir pour ne pas dire pouvoir lors de ces ventes insensées. Ce pouvoir de l' argent sous prétexte de l' art, je trouve cela malsain, arrogant et déplacé.
Enfin je ne comprend pas !
J' aimerai que quelu' un parvienne à me convaincre de cet intérêt.
Donc j' arrête là mon discours, cela me rendant mal à l' aise vis à vis des tous ces artistes disparus dans la solitude et même parfois dans l' oubli ( je me répète, excusez-moi )
Cet art devenu de nos jours une question de fric et de mode aussi.