Christine Depardieu - juillet 1967
Ce que j'aimais par dessus tout au Château c'était la rencontre avec tous ces Jeunes venus d'horizons souvent lointains et de milieux très différents : Anglais, Allemands, Américains, Hollandais, Canadiens...Riches ou Pauvres, Chrétiens ou Mécréants, Français ou Autres on s'en foutait tous royalement sous nos cirés verts ou jaunes les jours de grand vent ! Près de trente ans plus tard, en 1989, j'ai retrouvé Karl-Heinz lors de la chute du Mur de Berlin. On s'est partagé un morceau de ce fichu mur en béton armé mais si poétiquement coloré. Pour le goût réciproque et intense, éprouvé lors de l'été de nos quinze ans, face à toutes ces vieilles pierres qui ont une vraie histoire ! Inscrivant dès lors avec Elles nos simples et modestes existences dans le Temps et l'Histoire majuscules.
L' Ourson faisant le ...Singe ( Gérard Dine )
Fouilles de la Collégiale 1966 - recouverte depuis
Je craignais tant Momo, mon oncle, que ce jour là je fis tout mon possible pour qu'il ne s'aperçoive pas que je le prenais en photo.
Je suis la première à comprendre, ou plutôt la seconde après sa fille France, qu'il ait pu être autant adoré que détesté par ceux qui, dans leur vie un jour l'ont croisé ... Un personnage haut en couleur mais très controvorsé, à tort comme à raison d'ailleurs...Qui ressemblait très jeune à Che Guevara, ouais, ouais ! Quasi sa copie conforme !!!
J'ai appris la mort de mon oncle par le plus grand des hasards : une association d'Anciens Résistants le recherchaient dans l'annuaire téléphonique et ils sont tombés sur mon nom. Ils m'apprirent ainsi qu'il avait été l'un des leurs à titre de : Plus Jeune (s) Résistant ( s ) de France.
La dernière fois que je vis mon oncle Momo, en dehors de ses apparitions médiatiques dans les journaux et à la télé, c'était il y a...35 ans !
Dois-je vraiment le regretter ?! Lui qui avait tant le goût des Autres et si peu celui de sa propre famille en dehors des grandes occasions : mariages et enterrements.
Surtout les enterrements !
Les Gens de la Ville ne voyaient pas les Jeunes du château d'un bon oeil. Ils nous regardaient descendre puis remonter la côte du fort , avec autant de curiosité que de suspiscion chargés que nous étions de nos courses, tels des baudets .
La HORDE SAUVAGE, dans leurs têtes, c'était nous !
Couverts bien souvent de boue, décoiffés par le vent d'en haut, bizarrement attifés pour certains d' entre nous. Venant à la fois tout droit de partout et de nulle part avec nos sacs à dos, bref du genre de ces étrangers dont il faut se méfier et que l'on se doit de tenir à distance.
Bien des Guisards, à commencer par ceux de notre âge, ont évité très longtemps notre Tour bien aimée et ses Alentours autant par mépris que par.... méconnaissance. Notez que je suis polie ! La rime aurait voulu que...Passons....Il a fallu qu'un jour André Malraux, Ministre de renom, débarque avec ses décorations pour que seulement quelques-uns, je dis bien quelques-uns, consentent enfin à nous regarder autrement. Et à se décider à monter la côte du Fort pour voir ce qu'il se passait vraiment à l'intérieur de ses vénérables remparts.