Pourtant les visites au cimetière où ma Grand' Mère m' emmenait de temps à autre le dimanche en fin d' après-midi, n' étaient jamais tristes bien au contraire. Elle m' y parlait du côté si joyeux du petit Pierre, son dernier enfant, et de sa vivacité d' esprit. Mais aussi de la vie des Guisards qu' elle avait connu et qui étaient enterrés là. Elle m' en parlait d' une manière aussi sereine qu' imagée. C' était sa manière à elle de faire revivre les gens, ses Amis, tandis que nous faisions toutes les deux , bras dessus bras dessous, le tour du cimetière.
A près notre visite coutumière aux Royaume des Disparus j' avais droit sur le chemin du retour à un bon gros gâteau de mon choix acheté, non pas dans notre boulangerie habituelle mais Chez Buridant, le pâtissier à l' enseigne prestigieuse renommée à des kilomètres à la ronde. Et enfin pour clore cette journée, j' avais droit aussi à une séance de cinéma à l' Eldorado.
J' étais ravie, vraiment ravie de cette journée.
Pour en revenir et en terminer avec la Guerre et la mort vécu du côté DUTON , ce fut l' accident mortel de Pierrot, le dernier né, l' engagement dans la Résistance du Père de cet enfant (Grand' Père DUTON ) ainsi que celui de ses trois fils : Robert, Roger et Mau-Mau ( celui qui tenait le 19 octobre 1939 la main de son frère cadet ).
Mais aussi l' embarquement dans les locaux de la Gestapo de St-Quentin pour y être torturé,de Robert-Alexandre, le premier né des six enfants, qui revint plus tard du camp de Buckenwald l' esprit à demi absent .
Grâce à la magie des réseaux sociaux j' ai fini par retrouver la fille unique de Robert, repartie après la Guerre en Autriche avec sa mère ( Juive allemande ). Jeune femme que mon Oncle Robert avait connu dans l' un des camps de concentration où il avait été enfermé. Je n' ai qu' un vague souvenir de cette Tante et de ma Cousine Christiane que je n' ai jamais revu depuis 'l' année 1950, je reviendrai sur l' épisode de leur départ qui m' a beaucoup marquée.
Voici la contribution que ma famille maternelle a apporté à ce dernier conflit. Certains Français se demandent à cette heure comment ils auraient réagi face à l' occupant.
Cette question, compte tenu de l' héritage moral que la famille DUTON m' a légué, ne m' a jamais effleuré l' esprit !