2008 - rewriting mars 2014
Le Doyen Henri Debleds, le plus sympa des curés. Sans doute parcequ' il n' a pas eu à élever lui, l' insoumise notoire que j' étais ( lol )
* L' histoire du Lilas - et du pardon - dont mon petit camarade,  mon voisin Claude Leclercq,  doit se souvenir encore ! ( à venir .... )
La chanson préférée de l' Abbé Woitellier
15/32
Des Hommes et des Dieux
posée sur la table des Moines de Thibbirine lors de leur dernier repas pris en commun la nuit de leur massacre
A propos de  *
la fameuse corbeille de pain :
J' ai retrouvé la même dans le superbe film de Xavier Beauvois
Il ne méritait pas cet honneur !
 
D' avoir dû renoncer si jeune à mes chères études de piano alors qu' il était reconnu que j' adorais la musique pour laquelle j' étais naturellement douée, jamais je n' ai accepté de lui pardonner cet abus de pouvoir.
Abus de pouvoir malheureux qu' il  s' était octroyé à mon encontre à tître de professeur obligé, les cours donnés étant gratuits pour l' Enfant de la maison.
Jusqu' à sa mort il se souvint de cette fameuse paire de gifle que je lui avais asséné  du haut de mes sept ans offensés.
 
Gifle diablement méritée !
J' aimais l' entendre jouer du piano , en remontant la rue de la Citadelle quand je rentrais le soir de l' école.
J' aimais encore plus l' écouter  quand il se mettait au grand orgue de l' église St-Pierre.Alors j' allais m' asseoire  sous la chorale  près de la sacristie juste pour l' écouter.
De l' Angelus au repas du soir , incognito et solitaire , dans le silence impressionnant de la vieille basilique moi  l' agnostique-en-devenir je l' écoutais " religieusement ".Mais je ne lui ai jamais avoué  avoir été, en quelque sorte, la Groupie du Pianiste.
 
Et pour cause :
Il avait installé la photo de la première de ces dames, Petula la chanteuse,  en bonne place dans son bureau, sur une petite étagère...
...pour  maintenir le  souvenir,  les 51 semaines restantes, de la seconde : la Voyageuse,  une fois cette dernière redescendue chez elle dans les Hautes-Pyrénées..
 
Mais le souvenir que je préfère garder de lui c' est ce goût qu' il m'a transmis pour la musique.
 

Toutes les musiques !
L' Abbé Woitellier
L'un des 1ers Prêtres en  France à s' habiller en clergyman !
 
Le voici sur les bords de la Tamise avec son parapluie mais sans son chapeau.
Il se voulait non seulement original mais aussi anglophone, musicien, mélomane et conduisait une Berline qu' il appelait sa Rosalie,  modèle.... 1938 !
 
Fait troublant, mais pas tant que cela pour les paroisiennes qui l' ont très bien connu, il adorait Petula Clarck qui ressemblait à s' y méprendre à son Amie de Lourdes qui traversait la France entière pour lui rendre visite une longue semaine chaque année, au printemps, dans le petit deux pièces qu'il occupait en haut de l' escalier, sur la gauche, juste à côté de notre appartement.
Afin d' améliorer notre ordinaire ma Grand' Mère élevait une vingtaine de canards et lapins dans l' arrière cour du presbytère. La voici au pied du donjon durant la corvée détestable, du ramassage de l' herbe aux lapins surtout quand revenait mon tour d' y être contrainte.
A propos de  *
La Main droite du Diable
Allusion au film de Costa Gavras
 
avec Debra Winger et Tom Berenger
Sur les marches de l' Eglise St-Pierre St-Paul, l' Abbé Couterie
et ses Enfants de Choeur  fin des années 50
Jean-Noël Ergen, Claude Leclerc, B. Casseleux et son frère, François Quentin, Jean-Luc blanchard...Rappelez-moi le nom de ceux que vous connaissez. Merci !
L' une des activités préférées de l' Abbé Couterie : l' organisation de colonies de vacances pour les gamins et les voyages organisés pour les plus grands vers la Belgique et la Hollande. Ci-dessus départ pour Ostende. On peut reconnaître Mireille et Nelly Mignolet, Gisèle Bourdet, ? Israël, Francis Praira ....  Merci de me rappeler le nom de ceux et celles que j' ai oublié !  ( cliq sur  mon mail en bas de chaque page MERCI !
 
Et puis, certaines veilles de fêtes, une douce folie étreignait les esprits. A commencer par le mien ! Parceque question bêtises * à commettre, je n'en oubliais aucune les ayant toutes ou presque à portée de mains.
 
" Eliza l' Insoumise "
 
ainsi l' Evêque de Soissons me baptisa  un jour sur le perron du Presbytère devant une foule ébahie prise à témoin qui sortait d' une Grand' Messe.  Ce fameux  Dimanche, jour de  Première Communion, je refusais tout net de m' incliner  devant lui comme la préséance l' exigeait afin de lui baiser la pierre mauve que sa main me tendait avec ostentation ! Monseigneur Douillard était un de ces Princes de l' Eglise infatué de sa personne parceque très respecté au Vatican  mais que mes trois curés bien-aimés n' aimaient point !
 
Comme souvenirs, par ailleurs dans ma vie,  il y eut pire  voyez-vous ! Désolée pour quelques Guisards qui s' entêtent à penser le contraire avec leurs a prioris à la noix. C'est leur comportement indifférent ou bien encore leur réflexion cynique de laïcards bornés à mon égard qui m' a le plus marquée.
 

En fait ces trois " méchants -vilains " curés  venaient tous les trois de milieux sociaux opposés. Ils avaient, de surcroît, combattus durant la dernière guerre chacun sous un uniforme différent  :L' un avait été sous-off dans la 2ièmeDB, l' autre était un inconditionnel du Chef de  l' Appel du 18 Juin, le 3ième était un ex-prisonnier évadé d' un camp de travail ...Ce qui fait que l' on parlait  souvent guerres à la maison ( La Grande, la Dernière, l' Indo , l' Algérie ) en plus de la politique et des grands évènements mondiaux.
Et jamais de Bondieuseries durant les repas mis à part le BENEDICITE d' ouverture bredouillé à la vitesse de l' éclair , pour rendre hommage au Seigneur Dieu et à ma Divine Grand' Mère, experte cuisinière dans l' art consommé de nous transformer  les restes  desséchés de la veille, ou de l' avant-avant-veille, en plats savoureux De l' éducation reçue chez mes TROIS HENRI j' ai  acquis un goût certain pour les débats d' idées et autres joutes oratoires ainsi qu' une inévitable aptitude à la tolérance car, grâce ou non, à la fameuse corbeille de pain, tout finissait toujours par s' arranger entre EUX ....jusqu' au prochain conflit !Ainsi, contrairement à ce que certains mauvais esprits pensent de la religion et de la vie ecclésiastique je peux venir  assurer, l' ayant vécu de l' intérieur, que la vie quotidienne au presbytère de Guise, n' était pas triste bien au contraire, il y régnait une vraie joie de vivre au beau milieu d' un très sympathique foutoir qui, à y regarder de plus près, n'était pas si mal  organisé. 
L' Abbé Henri  Couterie c' était  aussi et surtout l' exacte contraire de l' Abbé Henri Woitellier !
 
D' où ces  conflits homériques entre eux deux ,  arbitrés à partir de l' année 1964 par le nouveau curé-doyen Henri Debleds et...sa corbeille de pain en plastique !
Je revois encore cette dernière décollée d' un coup vif de la table et y retomber aussi sec , plaquée violemment sur la toile cirée de la salle à manger par :" la main droite du diable " Les morceaux de pain absolument épouvantés s' enfuyaient pour partir se réfugier sur le sol à mes pieds . C' est moi, riant sous cape, qui allais les ramasser. Et je ne m' en fatiguais pas tant cela me ravissait n' ayant pas d' autres distractions à l' époque à l' heure des repas  ( les enfants, y compris les ados, étaient priés de ne piper mot à table sauf si ils étaient invités à le faire ).
 

Chaque premier Jeudi du mois, jour de foire à Guise, il traînait la totalité de ses cathécumènes à ses basques pour leur acheter des friandises. Faut dire qu' issu de la Grande Bourgeoisie de Reims il avait de quoi assurer toute la générosité dont il était capable.
 

Certains Guisards bouffeurs de curés en firent l' objet de plaisanteries graveleuses, lui prêtant de mauvaises intentions. Mais il s' en moquait. Il était au-dessus de ces brêves de comptoir tenus par des laïcards trop souvent avinés.
 
Pensée particulière à
 
Pierre-Marie Péchenart
 
qui m' a légué son bureau de séminariste sur lequel j' écris.
C' était un homme très simple, un bon vivant, un survivant de la Grande Guerre qui avait eu droit à bon nombre de décorations pour faits d' Armes courageux...
Il était excessif en tout...Et pour celles qui répondaient bien au cathéchisme il leur collait des notes extravagantes du genre 110 sur 100
 
L' Abbé c' était une sorte de Tintin en soutane. Soutane qu' il a porté toute sa vie. Ce qui ne l' empêchait pas de faire de la moto,  jouer au foot en revenant à la maison avec ses vêtements boueux  bordés d' accrocs et crotté jusqu' aux oreilles ( au grand désespoir de ma Grand' Mère qui l' houspillait en réparant de mauvaise grâce les dégâts ).
L' Abbé c' était le Patronage, les Scouts, les Equipes sociales, Cinéma Paradisio Rue Sadi Carnot puis dans le grenier du Presbytère, Rintintin un peu plus tard à la télé dans la salle haute du Foyer. Pas loin de 200 personnes auraient pu être inscrite ( sur une année ) dans des fichiers associatifs....qu'il ne tenait pas.
 
L' Abbé  c' était son éternelle toux accompagnée de son paquet de gauloises bleues...qui ont fini par lui carboniser les poumons et l' emmener au cimetière encore jeune au grand regret de toutes ses ouailles.
Rosalie
 
Guise Années 1950 ....
1956 :  Sur la Place d' Armes, au pied de la statue Camille Desmoulins, cérémonie de remise de la Légion d' Honneur au chanoine Pierre-Marie Péchenard, Curé-Doyen de Guise et Grand Combattant durant la 1ère Guerre mondiale
 


" La Bande à l' Abbé "
 
Bien des gamins de Guise peuvent lui dire MERCI !
 
Il en trimballait  bon nombre dans les prés, chaque jeudi   ou encore dans les bois entourant Guise pour d' interminables jeux de piste.
 
Mais pas que !