Car je viens d' apprendre que le 18 rue de la Citadelle est à vendre ! " Min sang ne fait qu' un tour " aurait dit ma Grand' Mère avec l' accent du terroir. Ce bâtiment construit en 1593 , qui abrita les Fermiers Généraux durant la Révolution Française, un pensionnat religieux puis un ouvroir, et enfin le " Foyer " va être mis en vente à 350.000 euros par l' Evéché de Soissons à qui il appartient depuis sa construction. Ce " monument " l' un des plus vieux encore debout à Guise et pour qui Mau-Mau a croisé le fer avec l' Abbé Couterie dans l' espoir de le racheter pour le CVM. Je rapproche en un éclair les deux liens . Je peux être le noeud qui les réconciliera tous les deux tout là-haut. Et cette idée ne va plus me lâcher.
Ma " maison " parisienne venant d' être estimée entre 380.00 et 420.000 euros je me remets de plus belle à cojiter.
1 ) Pour de tristes et strictes raisons familiales je ne veux rien laisser à ma mort à la personne pour qui je ne suis plus.... personne ! depuis le 23juillet 1985 ! Mon intention dans un premier temps : faire don de tous mes biens à une association humanitaire, animale ou autre ....
2 ) ou bien, 2ième solution et en l' occurence pouquoi ne pas faire 50/50 en laissant 200.000 euros au CVM ou à une organisation paroissiale afin que cet immeuble reste au domaine associatif
3) ou enfin j' achète le tout, vu que le prix de vente vient de considérablement baissé ces derniers mois, je garde l' appartement de l' Abbé pour moi et le reste je le cède aux associations, c' est-à-dire plus des 3/4 de la surface habitable. A envisager....Bien que retourner finir ma vie dans une ville à peu près morte n' a rien d' engageant. Et risque, l' ennui menaçant, de précipiter ma fin Lol !
Tout se mélange un peu dans ma tête, la raison pour laquelle mes nouveaux amis ont sans doute quelque mal à me suivre ou, peut-être doutent-ils de ma sincérité. Quoiqu' il en soit au fil des mois ma généreuse intention se délite suite à un clash douloureusement vécu du côté du pays des Cathares à 8 ou 900 km de là. A cause de ce nom, Duton, avec lequel je suis entrain de me réconcilier. Jeté là sur une table de fête pour célébrer des retrouvailles. Retrouvailles entre amis d' enfance qui ne se sont pas vus depuis cinquante ans. Retrouvailles qui tournent pour moi, ce soir du 12 juillet au vinaigre pour ne pas dire au " cauchemar " toute proportion gardée of course. Et pas un Guisard de ces amis, avec qui je viens de trinquer, pour me défendre ou au moins me protéger des coups qui me sont portés par un teigneux, un dénommé Bernard D ! Ils restent tous les deux figés dans des convenances absurdes face à l' hôte qui nous a invité, si odieux soit-il envers moi . Car il s' agit bien d' un massacre en règle, histoire de déboulonner la statue du Commandeur Mau-Mau DUTON. Bref, c' est là que je réalise à quel point les Guisards n' ont jamais porté mon oncle dans leur coeur. Qui, je le reconnaîs, n' a d' ailleurs rien fait pour se faire aimer d' eux ! Son rêve était plus grand, il les dépassait d' une tête les Guisards, il ne se serait jamais abaissé à leur faire des politesses n' ignorant pas à quel point il était détesté par la grande majorité d' entre eux et ce Guisard là, le Bernard D, avait visiblement eu un " truc " à régler avec mon oncle qu' il n' a pas digéré et entend bien s' en débarasser enfin en me jetant toute sa bile en pleine tête alors que je n' ai pas traversé la moitié de la France pour cela. " Un rustre Mau-Mau " croit bon d' ajouter mon plus vieux copain d' enfance, Pierrot, assis en face de moi, histoire d' enfoncer le clou. Un rustre peut-être, piétiné par un petit pète-sec con, aigri et prétentieux d' assureur, qui ne manque pas au passage de cracher toute sa hargne, pour ne pas dire sa haine sur les Grands Bourgeois de Guise. Ces même bourgeois qui ont pris la peine de me rechercher et de me recevoir deux fois chez eux avec beaucoup de sympathie, sans se sentir tenus de me chercher des noises bien au contraire. Je suis outrée, écoeurée devant tant de méchanceté et de propos mensongers . De passivité aussi de la part de mes deux autres Amis ! Préférant illico passer la nuit à l' avant de la voiture de l' un des convives plutôt que de devoir partager gite et couvert 3 jours durant avec cette tribu. Et de reprendre le 1er train pour Paris dès le lendemain " aux aurores " en sens inverse. Aller-Retour, de 25 heures, interminable - suite au déraillement d' un train en Gare de Brétigny qui a fait 7 morts en ce jour du 12 juillet . Et qui se terminera pour moi aux urgences par une acidécitose corsée, coma diabétique, dû à un épuisement nerveux dans la nuit du 13 au 14 ......Juillet !!!
Quant à l' histoire du rachat de l' ouvroir , comment des gens, amis d' enfance ou pas, auraient-ils pu comprendre ?
Tous ont des racines, pas moi !
En France je n' avais que celle-çi à l' image du lierre serpentant à sa GUISE sur les remparts de la vieille cité , laissant s' épanouir dans leurs félures l' éclatante et sauvage beauté des giroflées à la fragrance si délicate.
Senteur enveloppante que je n' ai jamais oublié..
Et puis comment comprendre qu' une personne laisse ainsi la moitié de sa petite fortune qu' elle a eu tant de peine à gagner, la société est devenue si âpre, si matérialiste, si vautrée sur son petit quant-à-soi : ses intérêts perso et familiaux.
Mais moi Zabeth DUTON de GUISE je considère que je n' ai plus aucune famille, et n' entend rien laisser à l' état français.
Bref, pour en terminer une fois pour toutes avec Monsieur Bernard D de Montirat, cet ultime RAPPEL : Maurice Duton a bien sauvé le Château de Guise. C' est lui qui en a pris l' initiative et qui a vécu à l' intérieur ces pires années d' existence. Et la Mairie de Guise ne se serait pas fendue de lui accorder cette simple Allée, compte tenu des nombreux différents " sanglants " qu' il y eût entre eux. Mau-Mau de l' avis général, y compris de ses pires ennemis qui eux l' on toujours respecté contrairement au petit assureur teigneux, ont même fait savoir qu' il méritait mieux qu' une simple....Allée !
Elizabeth Duton, dite Zabeth, oui moi sa nièce, j' aurais pu sauver à mon tour l' Ouvroir-Foyer dans lequel tous mes copains d' enfance étaient venus passés leurs années de jeunesse grâce aux nombreuses activités que proposait l' Abbé Couterie, l' un des prêtres qui m' a élévée et qui s' est tant occupé d' eux. Me sentant en toute harmonie et solidaire de ces deux lignées. Mais j' ai vite compris qu' ils ne pouvaient avoir le même rapport affectif aux lieux c' était évident, donc je ne leur ai même pas proposé de venir faire partie des " Amis du Château de Guise " de crainte d' essuyer un refus amusé et poli, ce qui m' aurait beaucoup blessée.
Rien, par ailleurs, ne m' ayant été épargné comme il est dit. Et quand j' ai entendu une personne ajouter " qu' il y avait fort à faire pour rénover ce bâtiment " , là j' ai pensé que quelque chose m' éhappait, que ces gens n' avaient rien compris ou n' étaient guère motivés.
A cet instant précis je me suis repassée le film : Mau-Mau et sa bande de copains, tous fauchés comme les blés, simples bénévoles, n' avaient-ils pas entrepris de sauver la forteresse en défrichant à la serpe les broussailles qui avaient envahi les dix-sept hectares du lieu au point qu' il était quasi impossible d' atteindre le donjon sans y laisser une partie de la peau de ses mollets tant la végétation était dense au début des années 50. Et combien de pelletées de terre n' avaient-ils pas transportés dans de vieux landeaux rouillés d' enfant, lui le Mau-Mau, son épouse Eliane, son beau-frère Pierre Cordelette et sa bande de potes. La foi peut soulever des montagnes et même les déplacer. A coeur vaillant rien d' impossible ! Mais ces deux formules ne semblent plus dans l' air du temps.
Ce jour là j' avoue être tombée de l' armoire avec mes belles intentions.
Ainsi on parle de reconstruire les 3000, idée séduisante certes mais à contrario, il paraît insurmontable de prendre en charge la réfection intérieure d' un bâtiment hors d' eau dont l' élément principal, la toiture, immense, est impeccable ....etc Alors que le Club du Vieux Manoir a vu le jour en 1952 pour cette raison : le sauvetage de monuments à l' aide de bénévoles. De l' huile de coude, des matériaux - souvent de récupération
et l' esprit de camaraderie en partage !