Comment dire à une personne qu' il n' est plus nécessaire de poursuivre une amitié bancale qui ne m' a apporté ces 18 derniers mois que désillusions dans l' attente et la tristesse. Pour solde de tout compte je l' ai donc invitée à passer chez moi avant de partir à Bergen pour n' avoir pas à retrouver ce problème à me coltiner lors de mon retour mi-juin.
Elle m' a répondu " c' est OK ! Mais je préfère venir quand tu es seule ...". Il se trouve que pour cela j' ai dû annuler une autre invitation concernant une soirée entre copains fidèles, le jour même at home, ce qui ont assez mal pris.
Mais voilà, à l' heure qu' il est c' est chose faite, réglée par une dernière lettre-mail ce matin. Tournant sept fois ma plume dans l' encrier pour éviter de lui faire de la peine alors qu' elle m' en a pas mal fait à l' insu de son plein gré !
C' est vrai que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et encore moins à attendre pour qui n' a de cesse de se défausser de ses propres problèmes sur le dos des autres : le sport favori de ladite Véronique, l' Amie en question que je croyais majuscule ! Ce n' est jamais sa faute à elle et tous les prétextes sont bons ou plutôt tordus pour qui est, comme elle, de mauvaise foi ou encore ne voit pas l' intérêt de se remettre en question. Car tout n' est qu' histoire d' intérêt, en priorité, dans sa tête. Malgré un bon fond évident.
Je ne peux donc lui en vouloir d' avoir oublier sa promesse quand elle a sortie, magistrale, deux billets sur la table du restaurant pour payer sa part grippe-sous comme je la connaîs ( alors qu' elle m' avait promis, suite à un très gros service que je lui avais rendu, qu' elle m'offrirait le restaurant ). Hier en arrivant chez moi, et pour la première fois elle m' a fait cadeau de deux boules de chocolat de la grosseur de nos petites billes d' antan qu' elle vend dans sa boutique un euro pièce ! Pour cause : ce sont des chocolats artisanaux, normal, Passons !
Plus jamais de sa bouche je n' entendrai le mot bougnoule et autres " amabilités " concernant les migrants qui traversent la rue devant son petit commerce, elle interromp une conversation pour les regarder passer et mieux les critiquer. Une seule " bougnoule ", Samira sa voisine la coiffeuse d' en face, trouve grâce à ses yeux qui lui donne de temps à autres des vêtements pour sa petite-fille dont elle ne se sert plus pour la sienne. Personne n' ignore que les Franchouillards racistes ont tous dans un coin de leur coeur un " bougnoul " sympa qu' ils nomment de leur prénom, cas exceptionnel de respect ! J' ai mis du temps à lui faire comprendre de ne plus prononcer ce mot devant moi, ce qui me heurtait.
De mon côté je ne comprendrai jamais pourquoi elle a refusé systématiquement mes invitations quand je lui proposais de venir les partager avec des amis ou des connaissances que j' ai. Encore hier. Alors qu' elle reçoit des tas de gens dans son commerce sans aucun doute parce qu' ils sont acheteurs, le bruit du tiroir-caisse lui sied mieux. Pas la rencontre, le plaisir du partage, la découverte, l' ouverture sur le monde elle ne veut pas connaître car malgré ce qu' elle en dit, ça ne l' intéresse pas ! Aurait-elle peur de ces gens ? Ou ne serait-ce qu' une affaire de complexes ? Je subhodorre les deux !
Comment ai-je pu supporter si longtemps le " mépris ", le dégoût, qu' elle a de ces autres ? Moi assise dans sa boutique sur un petit tabouret ! Si désemparée, si malade, je la croyais solidaire et ouverte alors qu' il n' en fut rien. Je ne faisais que la distraire en lui achetant....pièce après pièce... ces petites boules de chocolats !
Karlitou, ce matin a remis la vingtaine de livres que je comptais donner à lady Véronique dans les étagères, lui-même très contrarié. Combien, par ailleurs, lui en ai-je acheté d' autres de bouquins à la librairie du coin à cette récente amie, ainsi que des petits cadeaux et quelques fleurs. Je n' attendais rien en retour autre qu' une présence amicale, elle habite à 100 mètres de chez moi. Elle m' a laisser mariner tous ces longs mois entre un court mot laissé sur un répondeur et trois modestes mails en 6 mois !
Nathan et Ralph me disaient souvent " tu places toujours la barre trop haut dans tout ce que tu fais y compris dans tes rapports avec les gens. Tu les vois mieux qu' ils sont et tu te ramasses ! Ne t 'abaisses pas en t' efforçant de te mettre à leur hauteur, cela ne t' apportera rien que des désillusions ! "
C' est si vrai, si vrai ! Leçon désormais comprise et assimilée 5/5. Je ne suis pas prête d' oublier ce petit tabouret qu' elle finissait par me tendre ne pouvant tenir longtemps sur mes jambes malades.
Comment ai-je pu me laisser aller à ce point et tomber si bas.
Je ne peux en vouloir qu' à moi ! Je dois me relever, me reprendre, faire le tri, je n' ai pas d' autre choix.