Cette page est protégée par un mot de passe


 
Déprime
Baloo-Viggo
je décroche
Parc Monceau
Rember Vincent
L' ami Renard
L' Ami Renard
Ce matin, pannes tout azimut ! Plus de télé, plus de web, plus d' électricité et plus de téléphone pour appeler les dépanneurs, tout a disjoncté. Les éboueurs étant " en panne " aussi,  me reste un espoir : aller me plonger la tête dans la grande poubelle de l' immeuble pour tenter de récupérer mon smartphone afin de lancer un S.O.S aux services compétents. Qui, comme d' habitude, ne bougeront pas leurs fesses, à moi de me débrouiller.
 
" Vous avez un message " me dit la voix. Un message, que faire ? le détruire illico où l' écouter très loin de mon oreille tant je flippe de ne pas savoir qui c' est. Mais ouf ! C' est une voix d' homme alors plus de panique, je respire un grand coup !
 
Message laissé sur le répondeur samedi matin de Bernard C.... Un amour de message, non le message d' Amour attendu depuis ton départ, non ! le message d' un super copain ! Que je n' ai jamais vu mais qui  est toujours là quand le chagrin et ton absence  viennent plomber ma vie. Il tient à me faire savoir en quelques mots qu' il respecte ma décision mais au cas ou je changerai d' avis je peux compter sur lui.
 
Bien sûr qu' un jour je débarquerai là-bas, au pied de ce grand escalier, une fois le " traumatisme "de Carcassonne totalement évacué. Guise aussi c' est terminé mais à Laon aucun mauvais souvenir, que des bons ! Et je lui dois bien cela. Clin d' oeil en passant pour le pull jaune ! Mille merci et gros bisou à Toi cher Bernard.
 
Mis à part cette voix rassurante et si chaleureuse qui m' a un brin requinqué le moral, j' ai perdu le reste de ma journée à " courir " à droite à gauche, à bouger les meubles pour débrancher et rebrancher Box and Co, bref des tas de fils. " Dure journée pour la reine " et comme quoi un téléphone ça peut servir tout de même. Il n' empêche que j' ai recollé cette saloperie de smartphone dans une  poubelle  mais dans  la rue cette fois parmi les ordures de tout le quartier. Et après l' avoir brisé menu à coup de marteau !!!
 
Aucun des vendeurs de la FNAC ne m' a reproché de parler trop fort. Mais, mis à part à Viggo et à Baloo, je ne parle plus du tout ! A tout âge, on se doit d' apprendre n' est-ce-pas ?! Alors je m' exerce, je m' exerce ...en attendant ton retour !
Lundi 19 Mai, 22 heures
clic sur ta photo
 
ou la sienne !
 
Remember Vincent T.....
Alors que deviens-tu depuis le temps qu'on ne s' est vus ? Toi, Sophie et tes deux bébés, sans oublier Lulu la Tigresse !
 
Ce midi j' ai vu passer ton collègue Jérôme Kerviel à la T.V,  entrain de se racheter une conduite. Lui le bad boy qui  a mis la honte à ta chère société. Toi, le banquier, qui es passé du stade de fils de cultivateur nordiste à bobo étiqueté spécial grand teint à Paris17ième arrondissement.  Exilé  depuis au Nanterstan,  à 10 kilomètres de tes chères tours du quartier prestigieux de la Défense pour qui, comme toi,  se respecte. Et à 13 km de la rue de Lévis. Oui, j' ai pas oublié de compter les kilomètres cette nuit qui me séparait de ta rue des ( petits Suisses ) à mon lit.
 
Bref ! De quoi à présent es-tu le plus fier ? Of course : de tes enfants !
 
Juste le temps de remettre en ligne le " méchant  article " que je t' avais consacré à l' époque. Et te dire qu' à part quelques vieux sexagénaires pré-séniles dont à présent j' ai l' honneur de faire partie, il ne reste plus dans cet immeuble, côté de nos  connaissances communes,  que Bécassine la Bretonne du 4ième étage qui entend toujours ton volet cassé rabattu violemment les jours de grand vent.
 
Ce que je regrette le plus de toi à cette heure mon cher EX....Voisin, devines ! C' est cette savoureuse écrasée de pommes de terre que tu nous bricolais avec amour et avec ces non moins fameuses patates que tu nous ramenais certains week-end du Pas-de-Calais.
 
Ah j' allais oublier la bière ....
 
Bon ! Il est l' heure que je te quitte, le soleil est enfin rentré chez lui. Et Jérôme, lui, est peut-être encore entrain de marcher sur une route italienne  de son côté, à moins qu' il ne soit déjà à l' ombre....sous le tunnel.
 
Le tunnel de où ? Du Mont-Blanc !
Pour me changer les idées - côté dialogues devenus impossibles -
 
Mais qui ne m' interdisent pas de venir te faire un petit coucou en passant
La grille du Parc Monceau qui conduit aux Champs-Elysées par l' Avenue Hoche.
 
Mettre juste un pas devant l' autre ....OK !
 

Odette m' a laissé un bout de papier dans la boîte aux lettres, lasse sans doute de ne pouvoir me joindre au téléphone. Elle y parle d' urgence d' une très grande importance et veut passer ce soir.
 
Ainsi vont les gens !
 
Elle, mais aussi Maryse et quelques autres, pour qui je redeviens soudain quelqu' un d' appréciable parce qu' elles sont dans le besoin alors que je n' ai pas entendu parler d' elles depuis des mois.
 
Mais aujourd' hui pas question d' ouvrir ma porte à qui que ce soit !  Plus question de tendre la main. Plus question de me dépouiller de 70 euros que je n' ai même pas. Plus question de traverser Paris pour m' entendre demander " Elizabeth trouves-moi vite un avocat ! " etc.
 
Pas question, plus question, hors de question !
 
Me reste à peine quelques euros pour aller jusqu' à la fin du mois. Quant à mes avocats je me suis bien gardée de les importuner quand je travaillais pour eux et que j' étais dans la pire des peines pour mon compte personnel. Je n' ai jamais su demander. Et qui ne demande rien n' a rien ! Même si ton entourage ne l' ignore pas. Mais cette attitude me convient fort bien. Impossible pour moi de me mettre en état de subordination dès qu' il s' agit d' argent. Trop tard pour apprendre ce que je répugne à faire ! Et, après tout,  j' ai toujours mes deux bras et ma tête pour bosser quand besoin est ainsi que  ma carte de crédit dans le pire des cas.
 
Aider les gens, je précise juste  " ces gens là " qui pensent au fond d' eux-mêmes qu' ils peuvent bien revenir à la charge, que tu as forcément les moyens de les aider puisque " ignorant " que tes élans de générosité ne sont que gestes spontanés, naturels, parceque chez toi l' empathie est innée.
 
Mais désormais c' est fini, terminé tout ça !
 
Plus question de me mettre dans l' embarras, en les faisant passer en premier devant moi, devant mes propres difficultés.
 
D' ailleurs ce midi c' est repas lentilles. Ca tombe bien ! Même sans beurre et sans viande j' adore les lentilles. J' en ai fait cuire hier pour les jours à venir. Je peux vivre aisément plusieurs semaines sur mes réserves de graisse vu le poids que les médocs anti douleur m' ont collé ces derniers mois. Qui n' ont d' ailleurs servi à rien. Donc tout à la poubelle avec le smartphone.
 
Et en fin de journée, une fois le soleil couché, j' essaierai de me traîner jusqu' aux Champs-Elysées avec Viggo. J' habite la ville la plus belle du monde et tous les dieux réunis savent oh combien j' en ai vu de jolies villes. Le tout, lors de mes balades, étant de faire abstraction de tous ces Parisiens qui y empoisonnent l' atmosphère. A pleurnicher tous en coeur parce que demain sera lundi, jour honni des travailleurs qui ont la chance d' avoir un job mais qui ne le savent pas ! Ne pas les entendre bêler " quel temps superbe, le soleil est de retour, pouvu que ça dure " etc !!!
 
Le soleil, le soleil, le soleil encore et toujours ces histoires de soleil. Qu' un jour, pas si lointain, ils finiront pas honnir pour cause de réchauffement de la planète et parce qu' on leur rabâchera alors  la nocivité dans les médias.  La mode du soleil, et de ses méfaits devenus, ayant changé de camp.
 
Pour moi ces futlités quotidiennes d' histoire de  beau et mauvais temps lancées par des esprits ultra formatés par la Civilisation des Loisirs ( ....) je fais tout pour les éviter. Le temps, disons minuscule, c' est comme l' air que je respire, je n' en fais aucun cas.
 
Le TEMPS majuscule me paraît plus digne d' intérêt.
 





Paris, dimanche 18 mai - 10 h 21
16 mai 2014
Ne cherchez pas à me joindre, je décroche de tout !
 
Merci de respecter
Paris, 15 mai      2 h 14
 

Quand rien ne va plus, que tout se délite, ne pas essayer de rassembler ces morceaux de vie épars.
 
Se dire ou s' entendre dire
 
" remets-toi debout Liza !  "
 
Personne ne peut le faire à ta place. Fais donc  l' effort de rester ainsi, au moins pour l' heure à venir et peut-être bien alors pour celles qui vont devoir suivre ...
 
-  efforces-toi, oui,  de rester en équilibre sur tes deux pieds pour pouvoir récupérer ton souffle et franchir la marche suivante....
 
-  accroches-toi ferme à la main courante et ne perds pas de vue un seul instant ce qui te reste à parcourir
 
- Ne te retournes pas sur ce qui vient de te faire chuter. Non ! Contentes-toi juste d' avancer. Enfin essaies !
 
Même quand il ne te reste qu' un souffle de vie et à peine plus deux grammes d' oxygène dans le sang  pour faire battre ton coeur ne comptes que sur toi
 
tu sais bien que tu  peux y arriver toute seule, souviens-toi, SOUVIENS-TOI de la remontée de cet escalier roulant !
 
Souviens-toi de ton voyage dans ce train où tout s'est mis à dérailler autour de toi
 
Tu sais bien aussi qu' à l' arrivée,   tu peux toujours compter sur  tes deux petits compagnons d' infortune qui t' attendent à la maison
et d' autres personnes ce matin qui eux aussi comptent sur toi ....
 
Tu es vivante encore quelques temps ....
 


Souviens-toi :
 
" juste mettre un pied devant l' autre ! Liza, Liza "
 
Juste mettre un pied devant l' autre
 
Juste mettre un pied devant l' autre
 
Juste mettre un pied devant l' autre....
 


Paris, 13 mai 2014  8 heures 30
Dimanche 4 mai  à Paris, 19 heures
Difficile le début de ce mois de Mai, très difficile !
 

Surtout en ce jour du 1er où je ne me suis pas aperçue que deux petits bouquets de muguet avaient été déposés sur le rebord de la fenêtre de ma cuisine et non trois comme d' habitude. Jacquou Le Craquant ayant dû prendre la clé des champs pour une semaine, histoire d' aller faire une bise en Haute-Savoie à sa vieille mère.
 
Quelques brins aussi, délicatement posés aux quatre coins du coeur de Sisco l' Ordi, tout droits venus de l' étranger comme il était dit jadis dans nos contrées intra hexagonales. MERCI à Franck le Danois, Liv la Norvégienne, Dieter le Prussien, Kevin l' Américain, Mariana l' Argentine et Noureddine le Tunisien. MERCI à Agnès, Camille et Juliette les Expatriés. Et MERCI, il va de soi, à mes deux voisins.
 
Merci enfin à mes autres amis facebookiens et Voltairiens qui ont pensé à m' envoyer quelques lignes personnelles ; amis ne rentrant pourtant pas dans la catégorie des Amis majuscules. A majuscule qu' il m' est permis à d' autres d' amputer !
 
En vérité ce qu' il m' est le plus difficile ce n' est pas l' indifférence des uns  partis probablement se gaver de soleil, ni l'  absence  de ce quelqu' un, toujours en moi si présent, si vivant : cet Etre et Autre moi-même. C'est le vide abyssal, vertigineux qui depuis son départ m' étreint hors de mes propres murs...Dès que le quotidien m' oblige, par exemple, à sortir dans la rue, m' éloignant de ma chère Thébaïde protectrice. Liv et Karl l' ont bien compris qui ont pensé à me proposer de me ramener mes Livres et mon Bureau la semaine prochaine. Et tout ainsi sera reconstitué, y compris l' ambiance de ces sombres années 80-90, avec cette sourde impression d' être revenue à la case départ, les soucis matériels en moins.
 
Car je compte désormais sur les doigts d' une seule main les mois qui me restent à payer au Crédit Foncier de France sur les 324 qui ont tant bousillé d' années de ma vie où mes os, déficients innés, ne voyaient jamais le soleil mis à part ces sept semaines d' été où ce dernier parvenait enfin à se faufiler entre les deux immeubles donnant sur la rue, pour tomber avec timidité sur quelques M2 de ma bibliothèque.
 
Un bébé pleure à cette heure au-dessus de ma tête tandis que j' entends sa mère s' affairer. Tous deux accompagnant le roulis incessant des valises à roulettes qui rentrent dans leur foyers en cette fin de long week-end.
 
Au 30 rue de Lévis, Fond de cour, Rez-de-chaussée, 1ère porte à droite, Planète Terre, Galaxie Gutenberg, tout est redevenu comme avant...Il y a 10, 20, 25 ou 30 ans.... Tout sauf mon chat et mon chien qui ont changé de race et de nom au fil des années et cette fôret d' arbustes plantée minuscule dans des pots par mes soins donc en quelque sorte  à mon image : sans racine " terrienne "  ! Mais " Forêt " qui a fini bon gré mal gré par grandir hors sol et où viennent en toute liberté se quereller chaque matin pour mon plus grand plaisir les  petits moineaux de Paris accompagnés de leurs dernières couvées.
 
Ainsi vont, vaille que vaille, les petits bonheurs de la vie quotidienne quand bien même le coeur commence à fatiguer ....
Mai 2014