Après avoir mis en ordre toute ma paperasserie et payé mes factures j' ai décidé de faire un break, d' abandonner Facebook et nos amis communs pour les deux semaines à venir et ainsi pouvoir venir me recentrer sur ce site. Avec nécessité impérative d' analyser au calme ces 25 dernières années qui m' ont conduite là où j' en suis.
Soulagée par ailleurs des décisions prises par l' Hôpital, la mise en place a un peu tardé mais dès la semaine prochaine je vais avoir de l' aide et je compte sur ces trois mois à venir pour me sentir capable de remettre le pied à l' étrier et reprendre les rênes de la vraie vie là où il y quatre ans je les ai lâchées. Un seul problème me préoccupe : je peine à perdre du poids en dépit de menus appropriés et la reprise du fameux médicament pour cette satanée thyroïde qui me cause tant d' angoisse et de soucis. Bref ! Par ce vide effectué je me sens plus légère, plus apte à reprendre la route en laissant quelques valises de côté, à défaut de ne pouvoir effacer celles que je devrai porter sous les yeux jusqu' à mon entrée au Père-Lachaise.
Hier j' ai écris à Geneviève A......qu' il ne fallait pas qu' elle se vexe, au cas où s' espaceraient tôt ou tard mes conversations téléphoniques qui peuvent parfois durer plus d' une heure, ce qui n' est pas dans mes habitudes, téléphobe notoire que je suis depuis toujours. Mais là je bavarde, je bavarde, je bavarde de tout et de n' importe quoi. Ce que je déteste au plus haut point ordinairement et dont je me fais le reproche une fois l' engin maudit reposé sur son socle, d' autant que j' y parle toujours trop fort en coupant de multiples fois la parole à mes interlocuteurs, de crainte d' oublier ce que j' ai à leur dire honte à moi !!! En réalité ce n' est pas moi qui parle mais la personne malade en moi. Angoissée de ne plus rien pouvoir gérer y compris les choses les plus courantes, les plus élémentaires de la vie quotidienne. Bien sûr que je ne vais pas me tirer d' affaire comme ça mais présentement elle m' est d' un grand secours l' Amie Geneviève. Je me sens moins isolée, elle m' écoute, elle aussi a beaucoup souffert, elle comprend. Nous ne nous connaissons pas de visu mais nous avons vécu dans le même endroit de vie durant nos années d' enfance à Guise et nos familles se sont connues. Que viendra faire Madame Zénaïd dans mon histoire : elle débarquera chez moi mardi à lheure du thé pour me faire parler ; avec sous le bras son paquet de connaissances acquises sur le banc d' une université. Qu' est-ce à côté de 69 ans d' expériences de vie. Enfin on verra ! Par politesse j' ai accepté un entretien pour faire plaisir à l' Hôpital. Quant à Geneviève l' abandon progressif du téléphone prouvera que je vais mieux. Je ne veux pas lui faire de peine, surtout pas ! Je lui suis trop reconnaissante de m' avoir aidée avec autant de constance que de patience dans une belle Amitié partagée qui s' est étoffée au fil de ces derniers mois.
La constance en Amitié, tout est dans ce simple mot : constance, ce que n' a pas compris Marinette, prise corps et âme dans son environnement familial. En sortir, de temps à autre, elle n' y pense même pas....Les amitiés épisodiques qui s' étirent péniblement sur des années très peu pour moi, j' ai assez donné du côté de Neuilly en plus des copinages professionnels côté nanas trop scotchées à l' ordinaire de leur vie alors qu' elles n' ont qu' un pas à faire pour s' en éloigner.... Mais non elles vous diront qu' elles manquent de temps, sempiternel refrain que je ne supporte plus, pas plus que leur tendance naturelle à toujours verser en priorité dans le côté pratique des choses de la vie. :
Changer d' air, partir à la découverte, se cultiver, aimer, partager, soutenir, voyager et même rêver ne serait-ce que de courts instants de vie mais hors de soi, hors de l' endroit journalier et quelconque habituel...Bref ! l' univers de ces femmes, perso je préfère m' en tenir à distance tant il m' ennuie ! N' ayant pas d' histoires de merveilleux bambins à partager avec ces mamies, qui ont toutes ou à peu près, d' adorables petits-enfants si intelligents et si beaux que leurs grands-Mères en sont presque émues aux larmes de.... fierté. Pas de photos non plus de ces petits singes si savants qu' elles en sont confites en dévotion, à genoux devant leurs petits petons. Bref rien à échanger avec elles ! Jamais été capable durant tout ma vie, d' infantiliser à ce point devant un bébé ou un très jeune enfant. Y compris ceux qui furent mes plus proches !
Idem en ce qui concerne Véronique, claquemurée dans sa boutique, ou plutôt quelle déception ! Ralph avait rûdement raison quand il me disait que je plaçais toujours la barre trop haut, que je péchais toujours par excès de spontanéité, d' emblée trop familière avec les gens, y compris avec de parfaits inconnus..." je l' entends me rabâcher cela de là-haut. Donc rendez-vous pris avec cette " Amie " au joli mois de Mai, quand ses dernières cloches et autres oeufs de Pâques seront vendus ! Véronique, que j' ai eu tort de considérer trop vite comme une Amie majuscule, qui doit redevenir une simple copine de quartier ! Parceque par trois fois, ces 22 derniers mois, elle ne s' est pas du tout souciée de mon sort tout occupée à la fabrication et à la vente de ses confiseries. Habiter à à peine 100 mêtres l' une de l' autre....Comment pourrais-je comprendre ? A l' heure où les moyens de communication n' ont jamais été aussi développés ! Elle ignore ce que c' est que l' amitié capitale, préférant entendre le bruit que fait son tiroir-caisse, plutôt que la souffrance étouffée d' une amie, qui vit souffrante et recluse à trois enjambées de chez elle. Sans doute j' en espérais humainement trop d' elle ! Aussi je ne lui en veux même plus, je ne peux m' en prendre qu' à moi-même, la vraie reine des cloches c' est moi. Et puis, réflexion faîte, ces deux ultimes mois de silence me permettent en définitive de la remettre à sa place : celle qu' elle s' est elle-même assignée ! D' autant que son besoin, ou plus justement sa façon de pratiquer l' amitié, cette conception qu' elle en a, est AUTRE, en tout point opposée à la mienne : soumise qu' elle est à la pratique de faire tourner au mieux sa petite entreprise, question commerce et autres chagrineries administratives qui lui sont imposés et qu' elle ne maîtrise pas. Ces amis sont avant tout là pour ça , dans ce but : l' aider ! Ou partager des moments sympas qu' elle ne se sent pas capable de vivre seule. Ce n' est pas une critique, juste un constat. Elle n' est libre de rien contrairement à ce qu' elle croît, pas même de l' argent qui semble plutôt être son maître que son serviteur tant elle en fait grand cas. Se complaisant à Thésauriser " Moi Elizabeth, jamais je n' aurais jamais pu vivre sans argent " m' affirma-t-elle un jour ! Je n' ai jamais osé lui retourner la question à savoir comment elle aurait fait si le fric ce jour là jour lui avait à ce point manqué !
Hier j' ai passé une commande de 5 photos sur le blog de Miss Babault, soeur de la Marie-France du même nom. Et puis je me suis dit " suis-je bête " elle m' a rejeté pour harcellement. Alors j' ai éffacé ma commande ce matin pour respecter sa décision. Certaines de ses photos sont vraiment remarquables, je suis contente pour elle qu' elle ait réussi sa vie, elle semble avoir hérité des modestes talents de sa maudite mère. Mais notre compagnonnage s' est arrété net il y a plus de 30 ans, ce jour du 23 juillet 1985. Dans la nuit qui venait, vers 21 heures ! Ma vie se brisa en deux ce soir là . Il y eut un avant et un après et je ne fus plus jamais capable d' être la même.
Les pires, les plus douloureuses blessures finissent un jour par se cicatriser si on n' en crêve pas sur le champ. Seule une trace peut persister encore que : en ce qui me concerne même pas, elle m' a fait trop de mal la soeur de MF Babault ! Je n' ai eu aucune intention d' acheter le livre qu' elle avait écrit dont la presse canadienne et même française ont fait un écho élogieux. Mais mes REGRETS pour les photos, j' aurais aimé m' offrir ce cadeau. L' hôpital, après avoir pris connaissance de cette histoire, a insisté pour que je donne une adresse en cas de décès, j' ai répondu " Personne ! Je n' ai plus aucune famille " sans aucun trémolo dans la voix. et eux se sont contentés de noter. Je les soupçonne d' avoir l' habitude d' entendre cette réponse. Le professeur L..... m' a juste répondu " vous savez nous allons tous mourir un jour ou l' autre, seuls ou accompagnés, mais toujours en vérité SEULS "...J' ai mal entendu le reste de sa phrase, hormi le mot courage, et seule la bonté compatissante de son regard, et le clin d' oeil accompagné du sourire qu' il me fit, m' ont amusée. Un corps peut être seul, c' est ainsi qu' il part vers la mort mais l' Esprit lui est capable de résister et d' être partagé lors de la dernière heure.
Et même bien longtemps après ! N'' est-ce pas Noureddine, n' est-ce pas Nathan, n' est-ce pas Gabriel, n' est-ce pas Ralph ?!
Il est trois heures 10 et je ne dors toujours pas ! 5 heures maximum par nuit depuis des jours et des jours, des semaines et même des mois, pour ne pas dire des années, cette souffrance physique qui ne me lâche pas ! S' assoupissant le jour pour mieux me harponner la nuit...Comment ne pas être épuisée. Je peine de plus en plus à tenir debout.
Je n' ai pas croisé un seul de mes voisins depuis 15 jours. Mais, malgré tout cela je vais un peu mieux, je ressens les bienfaits d' une embellie que cacheront bien quelques nuages à venir : prévoir le malheur, encore et toujours, cela fait moins mal quand il me tombe dessus.
J' arrête là ma comptabilité !
Viggo me manque mais je résiste, je ne peux pas me permettre de reprendre un chien, je sais désormais que je suis mortelle, ce dont je ne me souciais guère avec sérieux jusqu' à présent, ce serait dommage de la laisser seule sur le pavé la pauvre bête. Me reste au mieux à peine une petite quinzaine d' années à vivre si je m' en tiens aux statistiques familiales côté maternel. Mais le toubib a dit " Nous allons avoir du mal à vous rafistoler, va falloir y mettre du vôtre Elizabeth, vos pathologies et pathos en ont pris un sacré coup mais ç' est à nous de vous aider..." Ca m' a fait rire car là, pour sûr, ce n' est pas gagné !!!
Baloo est là, il m' attend au coin du lit. Viggo lui manque, peut-être qu' il en rêve la nuit lui aussi.
Demain est un autre jour....
18 mars, 3 heures 21