Cette page est protégée par un mot de passe


 
 
La Queen m' attend sur le quai !
Allons donc à London
 
" Au Rendez-Vous de la Mort joyeuse ! "
 
Rien à voir avec le film de Juan-Luis Bunuel mais avec l' humour de Georges Rodenbach, Poète et Ecrivain.  Un bel homme semble-t-il, né en 1855 et mort en 1898
 
Voilà l' idée que je me fais de la mienne ...de mort !
Merci à Geneviève, ma copine de Guise, d' avoir pensé à mon anniversaire, j' en ai été très touchée.
 
Je lui remets ces quelques lignes, celles que je lui avais écrites avant-hier ayant disparues d' ici à cause d 'une mauvaise manoeuvre lors de la sauvegarde de cette page.
 
A part ça j' ai loupé mon train hier soir , bloquée au moins pour ce jour à Paris.
 
Paris ville " désert ". Même les petits moineaux l' ont abandonnée  sans qu' on en connaisse la raison ( j' en comptais 17 qui venaient s' égayer et casser la graine dans le joli petit abri que je leur avais fabriqué au bord de ma fenêtre ) Seuls les increvables pigeons parviennent encore à survivre dans cette citée maudite, polluée à DONF par la bande à Hidalgo - l' i' conne des bobos - Même les Touristes ont fini par disparaître emmenant sans doute avec eux mes petits piafs adorés, comme souvenir.
 
Allez, je raccroche !
 
Autant la quitter cette ville, du plus vite que je le peux et au moins jusqu' à l' année prochaine.
 
Bonne journée à toi Geneviève et encore MERCI. Bisou,
 
Elizabeth
 


Rue de Lévis, 4 h 20
nuit du 3 au 4 novembre
 
Merci à toi Karlitou. Je rentre juste de la poste. J' ai de quoi lire jusqu' à la fin du mois. T'es adorable un grand merci pour ce beau livre d' images , Méga bisou !
 
Paris,
3 novembre 10 h 35
 
A très bientôt
Et enfin le livre de Douglas Kennedy...
 
Le livre qui m' interpelle sur le sens donné à sa vie, acheté ce jour en même temps que celui de Luchini ( clic sur l' image ) mais pas encore lu.
Voir Carthage et mourir !
Géniale cette petite vidéo qui peut vous tailler les nerfs en vermicelle chinois, mais insistez, surtout pour arriver à faire taire  le téléphone !!! La suite étant délirante à souhaits.
 

Cette photo je l' ai prise au Cimetière du Père Lachaise à la fin des années 80 - bien avant que la tempête de décembre 2000 ne l' abime -  mettant à terre quelques-uns de ces arbres prestigieux en éventrant au passage quelques tombes -  me donne l' envie irrésistible de ressortir mon vieil appareil argentique grâce à qui j' ai tiré les clichés que je considère comme les meilleurs pris dans ma vie.
 
Etrange paradoxe alors que je m' apprête à jeter dans les flammes les photos de copains et copines mais aussi de cette cousine qui elle m' a menti, s' est fichue de moi alors que je la considérais comme une soeur. Bref ! Elle et tous ces gens pas encore passés de vie à trépas mais  qui eux m' ont enterrée bien vivante.
Fabrice, t' es pas blond et même que tu viens de passer au gris mais je t' aime quand même !
 
Partageant à l' occasion, tes délires, ton besoin d' en faire des tonnes, bref de nous réjouir à l' excès. 
 
Même qu' hier je me suis précipitée sur ton livre au point d' en presque oublier,  celui que je venais acheter.
 
Je l' ai terminé dans la nuit même ! Mais bon, lâche-nous un peu les basquettes avec Céline, OK !
 
A part ca tout va moins mal que très bien,  pareil à un jour de Toussaint. Au fait te feras-tu enterrer au Père Lachaise. Afin qu' Outre-Tombe on puisse communiquer ? !
 

Le cimetière du Père Lachaise, modialement connu,  est le plus beau, le plus insolite, et surtout le plus joyeux de tous les cimetières parisiens !
 
L' humour m' ayant sauvé de toutes les détresses que la vie m' a si généreusement collée sur le dos , je pense y avoir ma place de facto !
 

Ralph, mon Ralphinou, le dernier  Grand Homme de ma vie ( rire ) fut de ceux-là : COOL, très réservé, d' un calme olympien ( en réalité, le feu sous la glace ) ! Ainsi que Nathan !! Mais aussi Noureddine  ( malgré qu' il fut brun ) le GO  du Club Med' de D' jerba la Fidèle, derrière qui se cachait l' Homme de Zaafrane, de la Barbaresque et de Sabra-Chatila... Qui connaissait la Littérature française mieux que moi et qui me fit bouffer ce jour de juillet 78 le sable du désert de Lybie ( toute honte bue, encore à cette heure ,de ma méconnaissance abyssale de la littérature classique de mon Pays ). A cause d' un dénommé Scarron dont le nom ne me disait rien qui vaille. Auteur français du XVII, siècle, premier époux de Mademoiselle Françoise d' Aubigné, Marquise de Maintenon. Un homme laid comme un pou, né tordu bancal et avec qui Noury se trouvait quelques points communs, dont l' ironie mordante et son propre physique qui tenait, côté ressemblance, à la fois de Gainsbourg et de Samy Frey ! En quelque sorte un racé sémite, issus tous trois de la même branche....le Serge, le Samy et le surnommé Noury.
 
Bon voilà que je m' égare, que je repars une fois de plus vers ces fameuses dunes de la Connaissance, celles autrement  plus ardues que ces autres cotoyées lors de mes premiers émois adolescents  ...Ayant lu précédemment, avant d' attérrir à Carthage, suite à mon divorce cette année là,  tous les livres de Frison-Roche : du  Rendez-vous d' Essendilène, à D' Jebel Amour ... Sans oublier le Roman d' un Spahi de Pierre Loti après m' être  perdue du côté de l' Atlandide, subjuguée par l' étrange beauté et les sombres amours d' Antinéa.
 
Nourreddine, le Palestinien en exil perpétuel,  s' efforça de me faire gravir, à moi la Française,  les échelons les plus prestigieux de ma propre littérature ainsi que celles de toutes ces contrées orientales, y compris l' ineffable sensualité de la  poésie des Pays du Levant....Noureddine était un érudit, un Etre d' exception d' une grande intelligence, noble de Coeur autant que d' Esprit.
 
Je n' en ai pas tout à fait terminé avec les 6 pages que je viens de consacrer à la Syrie. Il me reste à les peaufiner en rajoutant quelques infos et anecdotes sur les lieux que j' ai naguère traversé en compagnie de mes compères de l' époque et de Ralph en particulier. Cela nous reposait de Beyrouth et malgré le casse-tête pour traverser parfois  la frontière libano-syrienne, c' était tout repos, tout bienfaits...
 
Pour ceux qui s' étonnent encore de ma passion amoureuse pour les Proche et Moyent-Orient, ils ignorent sans doute que cela ne date pas d' hier et que cet intérêt trouve sa source dans mon enfance. Mon Grand' Père maternel, Maurice Duton, ayant beaucoup bourlingué là-bas dès la fin de la Première Guerre mondiale, en tant que Spahi mais aussi à titre d' archéologue amateur. A Mau-Mau Duton, " duc " de Guise, son fils,  il a transmis son goût des vieilles ruines, à moi sa Petite Fille l' amour de ces pays exotiques, aggravé dès l' adolescence par le film de David Lean : Lawrence d' Arabie ! Je me revois détacher un bout de l' affiche de ce film collée sur le long mur de l' usine Sansen, rue de Robbé pour ceux qui connaissent Guise. Et tenter de reproduire le dessin du beau visage  de Peter O' Tool dès mon retour au presbytère, rue de la Citadelle. L' été de mes 15 ans. Mon attirance naturelle pour les hommes blonds au regard clair et à l' attitude flegmatique vient de là. Cette apparente  froideur me faisant fondre en moins de temps qu' il ne faut pour l' écrire . Ce caractère distant, réservé,  qualifié de  COOL de nos jours ( et trois fois COOL plutôt qu' une ) si semblable à celui de mon Grand' Père le Spahi, un peu plus boucané dans l' apparence certes,  mais doté d' un défaut merveilleux nommé la nonchalance. Attitude rassurante, à l' opposé  de ma redoutable paire d' oncles du style grandes gueules dans leurs manières de toujours nous aboyer dessus, nous les enfants, pour nous faire comprendre qu' ils étaient les chefs incontestés des tribus Duton tenues de main ferme par une femme de fer, Madame Duton née Marthe Bachelet - Grançon, leur mère !
 

Plus tard vinrent s' inscrire au fronton des Facultés françaises les UV de Géopolitique chères à Marie-France Garaud que j' ai la possibilité de croiser parfois Quai Anatole France ( un autre écrivain que Noureddine me fit découvrir )....Immense intérêt pour cette nouvelle matière remise au gôut du jour dans ces années là,  qui ne m' a jamais quitté depuis  et qui même s' aggripe,  se rappellant  à moi s' il m' arrive de m' assoupir, dès qu' un conflit se rallume dans un coin de la planète. Je connaîs le nom de tous les craqueurs d' allumettes de ce  monde qu'ils dirigent à hue et à dia selon leurs seuls intérêts, n' ignorant plus rien de leurs coups tordus.  Qui nous mènent  en vérité  la tête droit dans le mur. Ce dont Noureddine subhodorait  déja, prédisant au début des années 80  tout ce qui aujourd' hui nous tombe sur la tête  ! Sans conteste  visionnaire, ce Chevalier des temps modernes l' était !
 
Voilà pour mon cheminement organique, amoureux et intellectuel.
 
Ceci dit je m' apprête à aller cet après-midi au lieudit " Le Père Lachaise " là où repose Nathan, scorpion ascendant scorpion comme moi. Le SCorpion, une bestiole qui loge dans le désert, là où ma traversée a commencé en 1978. Surtout celui du sud de la Tunisie qui se continue en Lybie (  là où vivait sous la tente un certain Kadhafi.) Nourreddine en avait un de scorpion soit disant apprivoisé, dans une boîte d' allumettes...Il me l' a fait croire durant des années de sa prison où il avait été enfermé à Tunis pour raisons d' ordre politique. Je me souviens de ce thé pris avec lui sous cette fameuse tente Lybienne servi par la main même de la mère de Kadhafi. Mais j' ignore toujours l' endroit où il  fut enterré. Mort d' une grève de la faim mais avant tout de la désespérance aigüe qu' il avait de ce monde en devenir auquel il ne souhaitait pas participer.
 
Quant au souvenir de Ralph, je le traîne en secret partout avec moi depuis ce jour maudit de  juin 2015. Pour ceux qui savent merci de ne rien révéler ( rire ). Je sais, je sais, je peux faire preuve, en certaines occasions, des pires extravagances côté Humour noir déjanté qui me vient d' une lointaine mais increvable racine britannique.
 
Bref, comme dirait Pépin, faut que je raccroche ! Pour tenter de retrouver cette lettre avant de quitter Paris. Lettre que j' avais écrite l' année de mes 16 ans à un journal catho nommé Rallye Jeunesse auquel j' étais abonnée. Je leur demandais de m' indiquer la marche à suivre pour pouvoir aller donner un coup de main aux Juifs des Kibboutz en terre d' Israël, ceux rescapés des camps de Concentration dont le rejet, le parcours, la souffrance m' avaient beaucoup marquée. Je ne doutais pas une seconde de ma bonne volonté, sans doute un chouillat présomptueuse. Ils m' ont répondu qu' étant de religion  Catholique cela me serait refusé. Ce qui fut fait, Inch Allah ! 
 
Itinéraire d' une vie ou plus justement itin' errances encore que ... Pas vraiment !
Grâce au premier vrai Homme de ma vie, le surnommé Noury évoqué plus haut, qui lui, sorte de Jean-sans-terre, n' avait aucun à priori, aucune barrière dans sa tête ! " Nous sommes tous des Etres humains nés nus sous le soleil " disait-il.
 
Aimer et Aider les gens quels qu' ils soient et d' où qu' ils viennent. En son nom je continue.
 
Sur ce je vais essayer d' oublier ces jours à venir qu' actuellement je vis dans un désert plus vrai que nature qui s' appelle Paris ! Comprenne qui pourra pour ceux qui n' habitent pas cette ville. Aucun désert ne m' a jamais autant rebuté, autant dégoûté, autant désespéré que celui là et  je le supporte de plus en plus mal au point de ne plus guère m' y attarder.
Hier, dans cette brasserie de la Place Clichy, où j' ai tué le temps dans l' attente de l' heure d' un film qui passait au Wepler, j' ai lu de la page 76 à la page 80 ce qu' en pensait Fabrice Luchini. De Paris ! Et des gens qui y résident !!!  Dans le dernier livre qu' il vient d' écrire acheté une heure plus tôt dans la cyclopéenne et si remarquablement  achalandée " librairie de Paris " d' à côté.
 
C' est si vrai ce qu' il écrit !
 
Ce monde où les moyens de communication n' ont jamais été aussi développés mais où les gens n' ont jamais aussi mal communiquer entre eux ! Ce que je m' entête à répéter  depuis trois décennies.
 
Bravo Fabrice ! Paris, en effet,  est devenu un désert peuplé de portables et de bobos comme tu dis, qui n' en ont rien à foutre de rien, ça c' est moi qui l' ajoute.  Qui s' agitent en courant sans prendre le temps de poser leur regard sur les autres. Alceste aurait voulu se battre contre cette tyrannie. Bien sûr ! S' il était là encore et bien que le combat soit perdu d' avance.....
 
Ainsi, aussi....
 
....moi dans ce monde d' occidentaux affairés et consuméristes je ne me sens plus du tout à ma place.
Pourtant tous ces gens rencontrés au fil des années.... Par milliers....qui ont tant occupé mon existence.... Idem pour toutes ces photos prises que je dois à présent brûler,  mon propre combat contre l' indifférence  et les petits quand-à-soi de chacun, ayant échoué,  échoué, tristement échoué.... Pourquoi continuer à les attendre en leur tendant les bras ou en marchant vers eux.  Ne plus voir, n' avoir plus à ouvrir ces albums gardiens des souvenirs de plusieurs éclats de vies rassemblés consciencieusement, triées sur le volet .  Quelques copains encore ici et là mais rien de ce qui me tient le plus à coeur ne pouvant être  partagés avec eux. La retraite déja venue ou à venir. Voir grandir leurs petits-enfants, forcément merveilleux, voilà comment au quotidien ils vivent, ce qui les inspire, les motive et leur évite un ennui mortel auquel la grande faucheuse les aidera à se débarasser.
 
Et moi de même.  J' y parviendrai mais sans ennui et dans le rejet total d' un quelconque lot de résignation, fut-il tendrement enfantin, juvénile. Vieille je suis entrain de le devenir, OK ! Mais Grand' Mère je ne le serai jamais. Ne l' ayant pas mérité paraît-il.
 
Que de temps et d' énergie perdus pour en arriver face à ce vide abyssal d' une civilsation en complet déclin, repliée férocement sur ses petits acquis, indifférente aux autres.  Dont le seul " grand " bonheur,  pour les plus âgés, ceux de mon âge, est donc de se contenter de jouer les grands-parents gâteux ! Tandis que leurs propres enfants, derrière leur dos ou sur les réseaux sociaux, les agonisent de reproches.  Souvent  à tort et parfois à raison. Leur reprochant d' avoir profité du système, d' avoir mis à mal leur propre avenir, d' avoir sali la planète....Bref ! La génération des Baby-boomeurs devenus Papy et Mammy sont, d'après les jeunes d' aujourd hui,  des monstres d' égoïsme assis sur un tas d' or à l' heure qu' il est. Sur qui il est permis de cracher sans aucun respect, valeur démodée ! Malgré tout je ne me sens en rien visée marchant depuis toujours à mon rythme, hors de tout circuit balisé et des derniers modes de pensées en vigueur. Au pays de l' enfant-roi à qui tout est dû, on entend sur les trottoirs et dans les magasins les " mon coeur " à n' en plus pouvoir supporter....ces petits dieux idôlatrés par des mères qui n' ont eu de cesse que de les coller, dès leur plus jeune âge, en nourrice sans aucun état d' âme. Me font bien marrer ces super womens.
 
Il est temps d' envisager la porte de sortie pour laisser la place à ces créatures que je ne comprend pas !
 
Bon, dans cette attente je retourne de ce pas dans mon bienveillant désert perso, mes déserts en vérité, multiples et variés qui vont de la Thébaïde dans laquelle actuellement je me trouve,  en passant de temps à autre par  L' abbaye de Ligugé chez les Bénédictins de Poitiers. frustrée par mes jambes qui ne peuvent me porter plus loin, même si le désir reste intact de reprendre une dernière fois ces chemins de pierre et de sable  tant physiques que moraux  et spirituels que j' ai aimé emprunter.
 
Ces déserts, sous quelles que formes ils soient,  étaient infiniment plus peuplés et riches de leur humanité et de la somme de leurs différences en dépit de la rigueur et des difficultés imposées pour y accéder.   Là où les anciens de nos jours tiennent encore à peu près leur place au milieu de ces terres arides ou en lisière des mers épuisées. Droits dans leurs bottes ! Contrées lointaines dont je me sens si proches ( J' y reviens, excusez-moi ) Du Nord au Sud et d' Est en Ouest, si vaste est notre Terre vue d' ici-bas où nous marchons et pourtant si petite quand on la traverse de là-haut. Si humainement fragile. Si déshumaninée souvent.
 
Devenir sable dans le désert....comme l' a si bien écrit Le Clézio.
 
Où en terminer façon Otzi chez les pingouins de la banquise.
 
J' y pense encore.... de temps à autre !
 
Je parle ainsi parceque je vais avoir 69 ans demain matin à 6 heures 45 ( heure allemande de l' époque ) et que l' étoile sous laquelle je suis née s' était dissimulée ce jour là sous de sombres nuages. Aucun roi-mage au pied de mon berceau, sauf la bienveillance autoritaire d' une grand' mère qui jura que naître un dimanche et de surcroît le Jour des Morts était de mauvaise augure pour mon avenir  : soit je serai une fainéante accomplie parceque née un jour de repos et pire encore  une sorte de morte-vivante, ce qui se révéla vrai les quinze premiers jours  qui suivirent ma naissance. Un curé, qui s' avéra être défroqué,  présida à mon ondoiement en urgence le 8 novembre à l' hôpital là où l' incroyable Soeur Louise, fille de la Charité officiait, après que ma Grand' Mère m' eut déclaré à la mairie-toute-à-côté le lundi..... 3 novembre. Mémère Duton, comme je l' appelais, n' étant pas à une menterie près histoire de détourner sa petite fille d' un mauvais destin. Et moi qui fut élévée dans un presbytère 18 années durant par un consortium de curés - mis à part mes trois années d' enfer passées chez une mère indigne - je ne fus baptisée, au Champagne, qu' àl 'âge de 24 ans par l' Abbé DEBLEDS, Curé Doyen de Guise,  et cela sans devoir passer par les fonds baptismaux ! Vrai de vrai ! Pour ceux qui doutent de cette histoire qu' ils aillent consulter les registres paroissiaux, où l' encre déposée sous forme de signatures de mes parrain et Marraine, Mr et Mme Garnçon du Familistère, y est encore à peu près fraîche, même pas altérée. En tout cas pas d' époque, gribouillis illisibles sur  rajout de papier. Et tous ces " faux " en écriture pourquoi me direz-vous ? Et bien pour que le jour de ma mort je puisse être enterrée à l' Eglise ! L' Abbé Debleds Henri, prévoyant et  doté comme ma Grand' Mère d' un solide bon sens, de beaucoup de suite dans les idées et de pas mal d' humour ! Et puis l' adage ne dit-il pas que ce sont les " cordonniers " les plus mal chaussés ! Je confirme !!!
 
Quant à ma volonté personnelle, une fois morte, peu m' importe sous quelle religion on me jettera dans un trou. Et même qui me regrettera. J' ai dis et redis  à tous les  personnels médicaux et écris noir sur blanc sur des tas de pense-beth destinés à leurs chefs ( j' en ai croisé un paquet ) : je n' ai personne à prévenir, sous-entendu " débrouillez-vous " ma petite vengeance personnelle pour le peu de cas qui a été fait de ma modeste personne depuis ma venue au monde dans une famille de Frenchies qui n' avait, à vrai dire, aucun sens approfondi de la famille et à laquelle je ne me suis jamais sentie apparentée côté sensibilité et intellect ! Mais pour le Père Lachaise je ne dis pas non rien que pour l' épithaphe que je compte faire inscrire sur ma tombe et qui arrachera un rire hilare aux passants !
 
Enfin, à propos de mort et autres moments de la vie des plus désagréables,  un jeune quidam vient de me faire  comprendre hier soir dans ce restaurant libanais du Boulevard des Batignoles  : " Non seulement vous êtes venue au monde sous une mauvais étoile mais vous êtes considérée comme une vieille  désormais Madame, va falloir vous y faire " et il était tout sourire en me balançant cette cruelle vérité tout en m' aidant à me remettre debout sur mes jambes pour que je puisse reprendre mon cheminement qui s' avéra apocalyptique dès le retour vers ma " maison ". Mais bon, je me fous bien de ces histoires de mort, de vieillesse, de jambes flageolantes et d' étoiles disparues ! Vu le désert qui s' installe ici en France autour de moi je n' ai pu que le croire alors que je n' y avais encore jamais pensé. Mais je ne crains ni l' âge ni la solitude, depuis ma plus tendre enfance vécue sous cet astre céleste des plus capricieux, j' y suis habituée. J' ai même survécu. Ma seule et unique grande préoccupation, celle qui me contrarie c' est de compter à présent sur mes dix doigts les années qui me restent à vivre : 10 ans si je m' en tiens à la moyenne des existences vécues chez mes prédécesseurs familiaux ! Mes Grand' Mère et mère mortes à 86 ans ! Donc, de nature foncièrement généreuse je rajoute  5 ans d' office à l' incontournable pendule des âges. Me reste donc 17 ans, dix-sept-ans en comptant large !!!!!!!!!!!!!!!!! Rageant de ne pouvoir m' en coller le double en gardant ma tête, of course,  dans l' état où elle se trouve à l' heure où je vous écris.
 
Enfin, on verra !
 
Et puis pour ce contentieux que je traîne avec La France il suffit de la quitter, de prendre un avion ou un train. D' aller respirer un grand coup ailleurs, quel que soit la couleur du temps et l' ambiance du Pays parmi les quelques rares et vrais Amis qui me restent hors frontière en se disant qu' une vie ne vaut rien mais que rien ne vaut la vie. Comme dans la chanson n' est-ce pas !
 
Et qu' elle continue donc  cette vie ! Qu' elle puisse au moins se prolonger  pour moi encore un peu, j' insiste ! Mais Ailleurs pas dans cette ville, où il n' y a plus rien à espérer et encore moins à partager dans ce Paris du chacun pour soi !
 
Rue de Lévis - 14 heures 27,
 
Je sens Nathan guetter ma venue à une quinzaine de stations de métro d' ici,
ligne 3 - métro Villiers-Père Lachaise
direction Galliéni ....
Je suis responsable de ce que j' écris
Je ne suis pas responsable de ce que vous comprenez