Plus tard vinrent s' inscrire au fronton des Facultés françaises les UV de Géopolitique chères à Marie-France Garaud que j' ai la possibilité de croiser parfois Quai Anatole France ( un autre écrivain que Noureddine me fit découvrir )....Immense intérêt pour cette nouvelle matière remise au gôut du jour dans ces années là, qui ne m' a jamais quitté depuis et qui même s' aggripe, se rappellant à moi s' il m' arrive de m' assoupir, dès qu' un conflit se rallume dans un coin de la planète. Je connaîs le nom de tous les craqueurs d' allumettes de ce monde qu'ils dirigent à hue et à dia selon leurs seuls intérêts, n' ignorant plus rien de leurs coups tordus. Qui nous mènent en vérité la tête droit dans le mur. Ce dont Noureddine subhodorait déja, prédisant au début des années 80 tout ce qui aujourd' hui nous tombe sur la tête ! Sans conteste visionnaire, ce Chevalier des temps modernes l' était !
Voilà pour mon cheminement organique, amoureux et intellectuel.
Ceci dit je m' apprête à aller cet après-midi au lieudit " Le Père Lachaise " là où repose Nathan, scorpion ascendant scorpion comme moi. Le SCorpion, une bestiole qui loge dans le désert, là où ma traversée a commencé en 1978. Surtout celui du sud de la Tunisie qui se continue en Lybie ( là où vivait sous la tente un certain Kadhafi.) Nourreddine en avait un de scorpion soit disant apprivoisé, dans une boîte d' allumettes...Il me l' a fait croire durant des années de sa prison où il avait été enfermé à Tunis pour raisons d' ordre politique. Je me souviens de ce thé pris avec lui sous cette fameuse tente Lybienne servi par la main même de la mère de Kadhafi. Mais j' ignore toujours l' endroit où il fut enterré. Mort d' une grève de la faim mais avant tout de la désespérance aigüe qu' il avait de ce monde en devenir auquel il ne souhaitait pas participer.
Quant au souvenir de Ralph, je le traîne en secret partout avec moi depuis ce jour maudit de juin 2015. Pour ceux qui savent merci de ne rien révéler ( rire ). Je sais, je sais, je peux faire preuve, en certaines occasions, des pires extravagances côté Humour noir déjanté qui me vient d' une lointaine mais increvable racine britannique.
Bref, comme dirait Pépin, faut que je raccroche ! Pour tenter de retrouver cette lettre avant de quitter Paris. Lettre que j' avais écrite l' année de mes 16 ans à un journal catho nommé Rallye Jeunesse auquel j' étais abonnée. Je leur demandais de m' indiquer la marche à suivre pour pouvoir aller donner un coup de main aux Juifs des Kibboutz en terre d' Israël, ceux rescapés des camps de Concentration dont le rejet, le parcours, la souffrance m' avaient beaucoup marquée. Je ne doutais pas une seconde de ma bonne volonté, sans doute un chouillat présomptueuse. Ils m' ont répondu qu' étant de religion Catholique cela me serait refusé. Ce qui fut fait, Inch Allah !
Itinéraire d' une vie ou plus justement itin' errances encore que ... Pas vraiment !
Grâce au premier vrai Homme de ma vie, le surnommé Noury évoqué plus haut, qui lui, sorte de Jean-sans-terre, n' avait aucun à priori, aucune barrière dans sa tête ! " Nous sommes tous des Etres humains nés nus sous le soleil " disait-il.
Aimer et Aider les gens quels qu' ils soient et d' où qu' ils viennent. En son nom je continue.
Sur ce je vais essayer d' oublier ces jours à venir qu' actuellement je vis dans un désert plus vrai que nature qui s' appelle Paris ! Comprenne qui pourra pour ceux qui n' habitent pas cette ville. Aucun désert ne m' a jamais autant rebuté, autant dégoûté, autant désespéré que celui là et je le supporte de plus en plus mal au point de ne plus guère m' y attarder.
Hier, dans cette brasserie de la Place Clichy, où j' ai tué le temps dans l' attente de l' heure d' un film qui passait au Wepler, j' ai lu de la page 76 à la page 80 ce qu' en pensait Fabrice Luchini. De Paris ! Et des gens qui y résident !!! Dans le dernier livre qu' il vient d' écrire acheté une heure plus tôt dans la cyclopéenne et si remarquablement achalandée " librairie de Paris " d' à côté.
C' est si vrai ce qu' il écrit !
Ce monde où les moyens de communication n' ont jamais été aussi développés mais où les gens n' ont jamais aussi mal communiquer entre eux ! Ce que je m' entête à répéter depuis trois décennies.
Bravo Fabrice ! Paris, en effet, est devenu un désert peuplé de portables et de bobos comme tu dis, qui n' en ont rien à foutre de rien, ça c' est moi qui l' ajoute. Qui s' agitent en courant sans prendre le temps de poser leur regard sur les autres. Alceste aurait voulu se battre contre cette tyrannie. Bien sûr ! S' il était là encore et bien que le combat soit perdu d' avance.....
Ainsi, aussi....
....moi dans ce monde d' occidentaux affairés et consuméristes je ne me sens plus du tout à ma place.
Pourtant tous ces gens rencontrés au fil des années.... Par milliers....qui ont tant occupé mon existence.... Idem pour toutes ces photos prises que je dois à présent brûler, mon propre combat contre l' indifférence et les petits quand-à-soi de chacun, ayant échoué, échoué, tristement échoué.... Pourquoi continuer à les attendre en leur tendant les bras ou en marchant vers eux. Ne plus voir, n' avoir plus à ouvrir ces albums gardiens des souvenirs de plusieurs éclats de vies rassemblés consciencieusement, triées sur le volet . Quelques copains encore ici et là mais rien de ce qui me tient le plus à coeur ne pouvant être partagés avec eux. La retraite déja venue ou à venir. Voir grandir leurs petits-enfants, forcément merveilleux, voilà comment au quotidien ils vivent, ce qui les inspire, les motive et leur évite un ennui mortel auquel la grande faucheuse les aidera à se débarasser.
Et moi de même. J' y parviendrai mais sans ennui et dans le rejet total d' un quelconque lot de résignation, fut-il tendrement enfantin, juvénile. Vieille je suis entrain de le devenir, OK ! Mais Grand' Mère je ne le serai jamais. Ne l' ayant pas mérité paraît-il.
Que de temps et d' énergie perdus pour en arriver face à ce vide abyssal d' une civilsation en complet déclin, repliée férocement sur ses petits acquis, indifférente aux autres. Dont le seul " grand " bonheur, pour les plus âgés, ceux de mon âge, est donc de se contenter de jouer les grands-parents gâteux ! Tandis que leurs propres enfants, derrière leur dos ou sur les réseaux sociaux, les agonisent de reproches. Souvent à tort et parfois à raison. Leur reprochant d' avoir profité du système, d' avoir mis à mal leur propre avenir, d' avoir sali la planète....Bref ! La génération des Baby-boomeurs devenus Papy et Mammy sont, d'après les jeunes d' aujourd hui, des monstres d' égoïsme assis sur un tas d' or à l' heure qu' il est. Sur qui il est permis de cracher sans aucun respect, valeur démodée ! Malgré tout je ne me sens en rien visée marchant depuis toujours à mon rythme, hors de tout circuit balisé et des derniers modes de pensées en vigueur. Au pays de l' enfant-roi à qui tout est dû, on entend sur les trottoirs et dans les magasins les " mon coeur " à n' en plus pouvoir supporter....ces petits dieux idôlatrés par des mères qui n' ont eu de cesse que de les coller, dès leur plus jeune âge, en nourrice sans aucun état d' âme. Me font bien marrer ces super womens.
Il est temps d' envisager la porte de sortie pour laisser la place à ces créatures que je ne comprend pas !
Bon, dans cette attente je retourne de ce pas dans mon bienveillant désert perso, mes déserts en vérité, multiples et variés qui vont de la Thébaïde dans laquelle actuellement je me trouve, en passant de temps à autre par L' abbaye de Ligugé chez les Bénédictins de Poitiers. frustrée par mes jambes qui ne peuvent me porter plus loin, même si le désir reste intact de reprendre une dernière fois ces chemins de pierre et de sable tant physiques que moraux et spirituels que j' ai aimé emprunter.
Ces déserts, sous quelles que formes ils soient, étaient infiniment plus peuplés et riches de leur humanité et de la somme de leurs différences en dépit de la rigueur et des difficultés imposées pour y accéder. Là où les anciens de nos jours tiennent encore à peu près leur place au milieu de ces terres arides ou en lisière des mers épuisées. Droits dans leurs bottes ! Contrées lointaines dont je me sens si proches ( J' y reviens, excusez-moi ) Du Nord au Sud et d' Est en Ouest, si vaste est notre Terre vue d' ici-bas où nous marchons et pourtant si petite quand on la traverse de là-haut. Si humainement fragile. Si déshumaninée souvent.
Devenir sable dans le désert....comme l' a si bien écrit Le Clézio.
Où en terminer façon Otzi chez les pingouins de la banquise.
J' y pense encore.... de temps à autre !
Je parle ainsi parceque je vais avoir 69 ans demain matin à 6 heures 45 ( heure allemande de l' époque ) et que l' étoile sous laquelle je suis née s' était dissimulée ce jour là sous de sombres nuages. Aucun roi-mage au pied de mon berceau, sauf la bienveillance autoritaire d' une grand' mère qui jura que naître un dimanche et de surcroît le Jour des Morts était de mauvaise augure pour mon avenir : soit je serai une fainéante accomplie parceque née un jour de repos et pire encore une sorte de morte-vivante, ce qui se révéla vrai les quinze premiers jours qui suivirent ma naissance. Un curé, qui s' avéra être défroqué, présida à mon ondoiement en urgence le 8 novembre à l' hôpital là où l' incroyable Soeur Louise, fille de la Charité officiait, après que ma Grand' Mère m' eut déclaré à la mairie-toute-à-côté le lundi..... 3 novembre. Mémère Duton, comme je l' appelais, n' étant pas à une menterie près histoire de détourner sa petite fille d' un mauvais destin. Et moi qui fut élévée dans un presbytère 18 années durant par un consortium de curés - mis à part mes trois années d' enfer passées chez une mère indigne - je ne fus baptisée, au Champagne, qu' àl 'âge de 24 ans par l' Abbé DEBLEDS, Curé Doyen de Guise, et cela sans devoir passer par les fonds baptismaux ! Vrai de vrai ! Pour ceux qui doutent de cette histoire qu' ils aillent consulter les registres paroissiaux, où l' encre déposée sous forme de signatures de mes parrain et Marraine, Mr et Mme Garnçon du Familistère, y est encore à peu près fraîche, même pas altérée. En tout cas pas d' époque, gribouillis illisibles sur rajout de papier. Et tous ces " faux " en écriture pourquoi me direz-vous ? Et bien pour que le jour de ma mort je puisse être enterrée à l' Eglise ! L' Abbé Debleds Henri, prévoyant et doté comme ma Grand' Mère d' un solide bon sens, de beaucoup de suite dans les idées et de pas mal d' humour ! Et puis l' adage ne dit-il pas que ce sont les " cordonniers " les plus mal chaussés ! Je confirme !!!
Quant à ma volonté personnelle, une fois morte, peu m' importe sous quelle religion on me jettera dans un trou. Et même qui me regrettera. J' ai dis et redis à tous les personnels médicaux et écris noir sur blanc sur des tas de pense-beth destinés à leurs chefs ( j' en ai croisé un paquet ) : je n' ai personne à prévenir, sous-entendu " débrouillez-vous " ma petite vengeance personnelle pour le peu de cas qui a été fait de ma modeste personne depuis ma venue au monde dans une famille de Frenchies qui n' avait, à vrai dire, aucun sens approfondi de la famille et à laquelle je ne me suis jamais sentie apparentée côté sensibilité et intellect ! Mais pour le Père Lachaise je ne dis pas non rien que pour l' épithaphe que je compte faire inscrire sur ma tombe et qui arrachera un rire hilare aux passants !
Enfin, à propos de mort et autres moments de la vie des plus désagréables, un jeune quidam vient de me faire comprendre hier soir dans ce restaurant libanais du Boulevard des Batignoles : " Non seulement vous êtes venue au monde sous une mauvais étoile mais vous êtes considérée comme une vieille désormais Madame, va falloir vous y faire " et il était tout sourire en me balançant cette cruelle vérité tout en m' aidant à me remettre debout sur mes jambes pour que je puisse reprendre mon cheminement qui s' avéra apocalyptique dès le retour vers ma " maison ". Mais bon, je me fous bien de ces histoires de mort, de vieillesse, de jambes flageolantes et d' étoiles disparues ! Vu le désert qui s' installe ici en France autour de moi je n' ai pu que le croire alors que je n' y avais encore jamais pensé. Mais je ne crains ni l' âge ni la solitude, depuis ma plus tendre enfance vécue sous cet astre céleste des plus capricieux, j' y suis habituée. J' ai même survécu. Ma seule et unique grande préoccupation, celle qui me contrarie c' est de compter à présent sur mes dix doigts les années qui me restent à vivre : 10 ans si je m' en tiens à la moyenne des existences vécues chez mes prédécesseurs familiaux ! Mes Grand' Mère et mère mortes à 86 ans ! Donc, de nature foncièrement généreuse je rajoute 5 ans d' office à l' incontournable pendule des âges. Me reste donc 17 ans, dix-sept-ans en comptant large !!!!!!!!!!!!!!!!! Rageant de ne pouvoir m' en coller le double en gardant ma tête, of course, dans l' état où elle se trouve à l' heure où je vous écris.
Enfin, on verra !
Et puis pour ce contentieux que je traîne avec La France il suffit de la quitter, de prendre un avion ou un train. D' aller respirer un grand coup ailleurs, quel que soit la couleur du temps et l' ambiance du Pays parmi les quelques rares et vrais Amis qui me restent hors frontière en se disant qu' une vie ne vaut rien mais que rien ne vaut la vie. Comme dans la chanson n' est-ce pas !
Et qu' elle continue donc cette vie ! Qu' elle puisse au moins se prolonger pour moi encore un peu, j' insiste ! Mais Ailleurs pas dans cette ville, où il n' y a plus rien à espérer et encore moins à partager dans ce Paris du chacun pour soi !
Rue de Lévis - 14 heures 27,
Je sens Nathan guetter ma venue à une quinzaine de stations de métro d' ici,
ligne 3 - métro Villiers-Père Lachaise
direction Galliéni ....