A l' heure où j' entends énumérer les noms des 86 victimes tuées à Nice ...Où je vois, par le jeu d' un miroir, les roses blanches qu' une à une on leur dépose, cette phrase soudain se rappelle à mon bon souvenir :
" une vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie ". Combien de vies sacrifiées ce jour là ? Bien sûr que toutes les vies se valent ! Qu' elles soient une ou multiples, majuscules ou pas !
Ces vies, une vie que tout au long de la mienne j' ai pris en photos, les bons comme les sombres moments mais surtout ces jours les plus heureux où face à l' objectif vous m' accordiez vos plus beaux sourires.
Ce temps n' est plus ! Mais les photos sont toujours là pour me rappeler à votre souvenir.
Souvenirs un temps partagés.
Il est à présent 11 h 41, et notre Président, dénommé Hollande François, parle dans le poste de télé derrière moi. Lui, je ne supporte plus ni de le voir, ni de l' entendre, j' ai baissé le son !
Je viens d' allumer la bougie des jours tristes. Pour être parmi ces gens endeuillés, à l' unisson.
Triste aussi parce que je sais à présent que je ne vous reverrai jamais. Je ne l' espère même plus. Aussi avant de faire de toutes ces photos un feu de joie : flammes dansantes sur quelques braises de douleurs, et de peine, faites-moi savoir si vous seriez intéressés d' en recevoir quelques-unes vous concernant en particulier. A domicile bien sûr sachant que vous n' aimez plus trop vous bouger et la Poste toujours existe. Suffit juste de décoller de mes albums celles qui m' ont été les plus chères et de vous les mettre sous enveloppe.
Les autres, les plus belles ou les plus touchantes je m' apprète à les scanner, un boulot titanesque ( plus de trente mille sur papier à trier en plus des albums ) mais je dois m' y atteler ne serait-ce que pour quelques-unes. Tout ne peut, ne doit partir en fumée, les clés USB sont devenues mes plus fidèles alliées. Vu qu' elles tiennent très peu de place, je pourrai éventuellement les emporter près de moi dans la tombe, j' y serai moins seule, elles me tiendront chaud.
Voilà, j' attends vos réponses sachant que jamais jamais jamais plus vous ne vous donnerez la peine de venir me voir ou me revoir à Paris. Un crève-coeur. La raison pour laquelle je vis de moins en moins ici où je n' ai plus rien à attendre ni à partager
Mais le temps passe et l' éternité s'avance. Enfin pas pour moi vu que je n' y crois pas m' étant juste contentée jour après jour, de l' inscrire sur du papier tout au long de mon existence. Sur papiers photos, papiers écrits, papiers désormais ordi. Et pour conclure : papiers timbrés et postés !
François le détestable et le détesté vient de terminer son discours, je peux remettre le son.
La Marseillaise est entrain de retentir :
Aux armes Citoyens, Citoyennes et bonne fin de journée
Aux larmes amères concernant les miennes et celles de ceux que la vie injuste a si cruellement meurtris !